Aller au contenu principal

Léon XIV à Lourdes devant 150.000 fidèles : “Quel bonheur d’être ensemble, un seul cœur, une seule famille !” 

7 min de lecture
child-holds-cross-waits-pope-leo-xiv-mass-prairie-shrine-our-lady-lourdes-france-september-27-2026

Crédit : ED JONES | AFP

Plus de 150.000 fidèles, parmi lesquels des milliers de malades et de personnes fragiles, ont fait vibrer la prairie du sanctuaire de Lourdes ce dimanche 27 septembre à l'occasion de la messe célébrée par le pape Léon XIV.

Partager sur :

À Lourdes, ce dimanche 27 septembre, la journée a commencé bien avant l’heure de la messe. Dès les premières lueurs du jour, les pèlerins ont pris le chemin du sanctuaire, convergeant par milliers vers la prairie. Dans les rues encore fraîches de la cité mariale, les groupes avançaient, parfois en silence, parfois en priant, avec un même objectif : avoir une meilleure place possible pour apercevoir le Pape et prier avec lui. Mais tous n'avaient pas le fameux sésame. C'est le cas de Marguerite, 35 ans, qui n’a pas réussi à obtenir une place pour la messe. La jeune femme a tout de même fait le déplacement, avec l’espoir d'en avoir une au dernier moment : "Peut-être que le Seigneur nous enverra un signe." Le sanctuaire avait en effet atteint sa capacité maximale et les inscriptions avaient été closes dès la mi-août en raison de l’affluence exceptionnelle. Au total, 150.000 personnes ont pris part à cette grande célébration dominicale.

Une attente joyeuse

À 8 h 30, alors que le soleil commençait à monter dans le ciel des Hautes-Pyrénées, l’impatience était déjà palpable dans le sanctuaire. Les fidèles scrutaient les écrans, échangeaient quelques mots, priaient et attendaient surtout de voir apparaître le Pape. Face au podium, une place particulière a été réservée aux personnes malades. Environ 2.000 d’entre elles, venues notamment de l’Espagne et de l’Italie, ont pris place dans cet espace, au plus près de la célébration. Une présence particulièrement symbolique à Lourdes, sanctuaire où les malades et les plus fragiles occupent une place centrale. Le Pape devrait d’ailleurs leur consacrer un temps spécifique dans l’après-midi, lors d’une rencontre avec les hospitaliers et les personnes accueillies à l’Accueil Notre-Dame.

Avant la messe, la prairie n’est pas restée silencieuse. À partir de 9 heures, les animations se sont succédé devant les pèlerins. La musique a accompagné cette longue attente, faisant monter progressivement l’ambiance. Parmi les artistes présents, Natasha St-Pier et Grégory Turpin ont notamment interprété "Pour que le monde ait la vie", un titre composé spécialement pour la venue du pape Léon XIV en France. Les deux artistes avaient déjà chanté ensemble lors des étapes parisiennes de la visite pontificale. Les chanteurs de la troupe de la comédie musicale Bernadette de Lourdes ont également répondu présents. 

Puis, vers 10 heures, les cris de joie éclatèrent. La papamobile a fait son entrée dans la Prairie. Léon XIV a avancé lentement au milieu des allées. L’agitation était palpable tout comme la joie des fidèles qui agitaient des drapeaux, brandissaient leurs téléphones et acclamaient le Pape. De part et d’autre du parcours, les visages se tournaient vers le véhicule blanc. Un petit Albert, un an, a même pu recevoir la bénédiction papale.

C’est à 11 heures que la célébration a commencé. Pour cette messe historique, le sanctuaire a voulu donner une place importante au patrimoine musical de l’Église, notamment au répertoire grégorien. Sous la direction d’Isaia Ravelli, organiste titulaire et maître de chapelle du sanctuaire, les chants ont été portés par le Chœur national des Pueri Cantores, le Quatuor Girard et l’ensemble de cuivres du Conservatoire Sainte-Cécile de Rome. Dès l’entrée du Pape, les voix s’élèvent avec Tu es Petrus. La célébration se poursuit avec le Laudate Dominum, puis l’aspersion et le Gloria de la Messe des Anges. Le psaume, l’Alléluia, le Credo et les différents chants de la liturgie ponctuent cette célébration suivie par les 150.000 pèlerins. Autour du pape, environ 1.100 prêtres ont pris part à la célébration. 

Durant l’homélie, le Pape n’a pas caché sa joie d’être présente à Lourdes : « Quel bonheur d’être ensemble, un seul cœur, une seule famille ! » Il s’est ensuite adressé tout particulièrement aux pèlerins français, venus de l’ensemble du pays, les invitant à repartir de Lourdes avec ce qu’ils y auront reçu : « Vous foulez aujourd’hui le sol de cette terre bénie qui a reçu tant de grâces. Que ce pèlerinage ravive la flamme de la foi dans vos foyers et dans vos paroisses. Portez le réconfort de Lourdes à vos voisins, à vos proches et à tout le peuple français. »

Dans son homélie, Léon XIV est surtout revenu sur ce qui fait la singularité de Lourdes : un lieu où les fragilités ne sont pas cachées, mais accueillies. "Ici, aucune fragilité n’est rejetée", a-t-il affirmé, invitant également les pèlerins à ne pas garder pour eux ce qu’ils vivent à Lourdes. Pour lui, le pèlerinage doit se poursuivre au-delà du sanctuaire, dans les familles, les paroisses et dans la société. Et le pape de conclure son exhortation aux pèlerins par cet appel : "Vous êtes des missionnaires de l’espérance, ne craignez pas les tempêtes du monde, la Vierge veille sur notre marche." Des paroles accueillies par des applaudissements de l’assemblée. 

«Que la paix s’instaure entre les peuples en conflit.»

Après la liturgie de la Parole et la liturgie eucharistique est venu le temps de la communion. Dans l’immense prairie, les prêtres se sont dispersés au milieu des fidèles. La foule, quelques instants plus tôt bruyante et enthousiaste, a retrouvé un calme apaisant, chacun se recueillant dans son cœur.

À l’issue de la messe, Mgr Jean-Marc Micas, évêque de Tarbes et Lourdes, a remercié le pape Léon XIV pour sa venue dans la cité mariale. Pour marquer cette visite, il lui a remis un cadeau particulièrement lié à Lourdes : un tableau représentant la Grotte des Apparitions, accompagné d’une croix. "Elle a été réalisée avec du bois provenant de l’églantier de la Grotte. Un bois marqué, tordu, épineux, dont les formes évoquent aussi le Golgotha et la Passion du Christ", a-t-il souligné. Après ce temps d’échange et de remerciement, le Pape s’est tourné vers la foule pour la prière de l’Angélus. Mais avant de commencer, il a confié une intention qui lui tient particulièrement à cœur. Depuis Lourdes, là où la Vierge Marie est apparue à Bernadette avec son chapelet, il a invité les fidèles et les communautés chrétiennes à prier le Rosaire pendant tout le mois d’octobre avec une intention claire : "Que cessent les guerres et que la paix s’instaure entre les peuples en conflit." Dans la prairie, une longue ovation accueille ces mots. 

Sous un soleil de plomb, Léon XIV a quitté ensuite le sanctuaire. Sa journée à Lourdes est loin d’être terminée. À 15 h 30, il doit rencontrer les hospitaliers et les personnes accueillies à l’Accueil Notre-Dame, avant de se rendre à 16 h 45 au monastère du Carmel de Lourdes pour une rencontre privée avec les religieuses contemplatives. Mais le véritable point d’orgue populaire de cette journée est encore à venir. À 21 heures, Lourdes se retrouvera à nouveau autour de Léon XIV pour la prière du Saint Rosaire et la grande procession mariale aux flambeaux.