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Loin de l’autel, ils ont réussi à prier

5 min de lecture
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Crédit : KIRAN RIDLEY | AFP

Léon XIV a prononcé son homélie en français lors de la grande messe à la Concorde, samedi 26 septembre.

Des centaines de milliers de fidèles ont assisté ce 26 septembre à la messe célébrée par le pape Léon XIV à Paris. Répartis sur plusieurs kilomètres, certains n’ont pu voir directement ni l’autel ni le pape. Chants, chapelet, livret ou simple écoute : ils racontent comment ils ont malgré tout réussi à prier au cœur de cette célébration hors normes.

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Ils n’étaient pas les mieux placés. Certains se trouvaient à plusieurs centaines de mètres de l’autel, d’autres ne pouvaient apercevoir le Pape qu’à travers un écran lointain. Pourtant, au cœur de cette foule immense, ils ont réussi à prier. Par les chants, le chapelet, le livret de messe ou simplement en fermant les yeux, 800.000 fidèles selon le Vatican ont vécu à leur manière cette célébration hors-norme présidée par le pape Léon XIV.

Loin de l’autel, mais au cœur de la prière

Pour Paul, 20 ans, la messe s’est vécue loin de l’autel, derrière un kiosque des Champs-Élysées. "De mon point de vue, je devais me pencher pour apercevoir un écran au loin. Pas très pratique, mais on entendait bien", raconte-t-il à Aleteia. Il savait qu’il serait loin, mais a été surpris par la densité de la foule. "Nous étions assez serrés. J’ai donc suivi principalement à l’oreille." La difficulté était alors moins d’entendre que de parvenir à se recueillir sans pouvoir voir ce qui se déroulait devant l’autel. Les chants ont notamment permis à Paul de retrouver ce recueillement : "J’ai quand même réussi à prier grâce aux chants de la chorale. C’était magnifique en fermant les yeux."

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D’autres ont trouvé dans le livret de messe un moyen de rester attentifs. Albertine, 23 ans, étudiante en médecine à Bordeaux, était elle aussi très éloignée de l’autel. Mais elle confie, un grand sourire aux lèvres : "Voir autant de catholiques rassemblés a rempli mon cœur de joie." Avec ses amies, elle a suivi la célébration sur le carnet et chanté avec elles. "Ça nous a aidées à suivre la messe et à être attentives.”"

Ça n’a pas été simple, mais ça valait le coup ! On ne pouvait pas rater la venue du Pape.

À proximité de l’Arc de Triomphe, Jean-Marc, 60 ans, a suivi la messe principalement sur les écrans. Pour lui, la difficulté était également physique : "Être debout pendant plusieurs heures était un peu pénible." Trouver une place adaptée n’était donc pas toujours simple, particulièrement pour les familles. Pierre et Laura étaient venus avec leur fille Margaux, âgée de 2 ans. Avec une poussette, il leur a fallu composer avec la densité des fidèles. "Ça n’a pas été simple, mais ça valait le coup ! On ne pouvait pas rater la venue du Pape. Maintenant, on peut dire : “On y était.”" Pour les jeunes du FRAT, les conditions de visibilité n’étaient pas non plus idéales. Marie-Laure, bénévole pour les 13-17 ans, reconnaît une certaine déception, tout en soulignant la qualité de l’organisation : "Nous avons été très bien accueillis par les bénévoles et il y avait une bonne sonorisation pour suivre. Je trouve que les jeunes ont été très recueillis."

Une foule immense devenue une assemblée

Face à l’affluence, le périmètre de la messe avait été étendu jusqu’à la place de l’Étoile et l’avenue de la Grande-Armée. Une configuration qui explique que certains aient été à plusieurs centaines de mètres, voire davantage, de l’autel. Mais cette distance n’a pas empêché la foule de participer à une même célébration. 

Bien avant le début de la messe, les Champs-Élysées étaient déjà plongés dans une atmosphère de liesse. Tout au long de l’avenue, les drapeaux français et du Vatican étaient agités par les fidèles. Des chants, dont Comment ne pas te louer, résonnaient dans la foule tandis que le chapelet était récité. Des confessions étaient également proposées sur les Champs-Élysées pour permettre aux fidèles de se préparer à la célébration. Pour Camille, venue d’Angers, c’est précisément ce temps de préparation qui lui a permis d’entrer dans la messe : "J’ai réussi à vraiment préparer mon cœur au moment où on a prié le chapelet et quand tout le monde s’est mis à chanter avant l’arrivée du pape en papamobile. C’était un moment priant et joyeux".

Devant cette foule composée notamment de nombreux jeunes, Léon XIV a évoqué dans son homélie la “soif de sens” qui traverse notre époque. "Je prie pour que l’eau vive de l’Esprit saint se répande sur toute la France", a-t-il déclaré, avant de s’adresser directement aux jeunes : "Vous êtes l’Église d’aujourd’hui." Des paroles qui résonnaient particulièrement dans cette immense assemblée, où beaucoup étaient venus de loin et avaient parfois passé plusieurs heures sans même pouvoir apercevoir directement l’autel.

Ils étaient venus parfois de loin pour voir le Pape. Beaucoup ne l’ont finalement aperçu que sur un écran. Mais au milieu des chants et de la prière, ils ont trouvé autre chose : la joie d’être ensemble et de vivre, malgré la distance, une même célébration.