À l’occasion de la venue de Léon XIV en France, des bénévoles de la Société de Saint-Vincent-de-Paul seront eux aussi au rendez-vous. Venus de toute la France, cette rencontre est autant un moment de foi qu’une invitation à renouveler leur engagement auprès des plus fragiles. De Paris à la Meuse, du Tarn à l’Alsace, ils racontent à Aleteia ce qui les pousse à donner de leur temps.
Des centaines de milliers de fidèles sont attendus à Paris, Lourdes et Metz pour la venue de Léon XIV à partir du 25 septembre. Parmi eux, des bénévoles de la Société de Saint-Vincent-de-Paul (SSVP), venus de toute la France. Pour ces femmes et ces hommes engagés auprès des personnes isolées ou en situation de précarité, cette rencontre est aussi l’occasion de se retrouver, de raviver leur engagement et de réfléchir à la meilleure manière de “se mettre au service des autres”.
À 34 ans, Pauline exerce dans le secteur des statistiques et est bénévole à la Société de Saint-Vincent-de-Paul depuis 2022. Elle accompagne notamment les personnes accueillies au restaurant solidaire et écoresponsable de Paris La Défense, “La Salle A Manger”, réunissant autour d'une même table des salariés, des étudiants, des habitants et des personnes en situation de grande précarité. Pour assister à la venue du Pape, elle a contribué à réunir un groupe de 40 jeunes bénévoles de la SSVP, venus de Paris et de province.
On avait envie de vivre quelque chose de plus grand, autour de valeurs communes de fraternité, de solidarité.
"On avait envie de se retrouver entre bénévoles, de vivre quelque chose de plus grand, autour de valeurs communes de fraternité, de solidarité", explique la jeune femme à Aleteia. Derrière cette initiative, elle espère que cette rencontre avec le Pape contribuera à les "encourager à [se] mettre au service des autres."
Pour Philippine, 24 ans, bénévole depuis un an et demi à Saint-André de l’Europe, cette mobilisation fait également écho à une expérience personnelle. Après avoir vécu les Journées mondiales de la jeunesse, elle a voulu prolonger cette expérience de foi par un engagement concret. Aujourd’hui présidente de sa Conférence SSVP, elle participe notamment à l’organisation de dîners mensuels réunissant environ 70 personnes en situation de précarité, ainsi qu’à des maraudes autour de la place de Clichy. "À la SSVP on donne notre temps et notre énergie. J’espère que ce moment partagé avec le Pape et de nombreux catholiques va nous donner de la force."
“Être présent, tout simplement”
C’est sans doute ce fil rouge qui lie la ferveur d’un rassemblement unique au quotidien des bénévoles : une fois la ferveur du moment passée, l’engagement, lui, se poursuit dans la durée, au plus près de ceux qui en ont besoin.
Pauline espère ainsi que le message porté lors de la visite du Pape sera aussi un message “d’attention aux plus fragiles”. Une fragilité qui ne se résume pas à la pauvreté matérielle, rappelle-t-elle : "Dans un monde hyperconnecté où on peut paradoxalement se sentir seuls, le slogan de la SSVP, “être présent tout simplement”, résonne au quotidien dans nos actions."

À Saint-Mihiel, dans la Meuse, Françoise Delwal connaît bien cette réalité, qu'elle côtoie depuis 28 ans. À 83 ans, elle continue de s’investir au sein de la SSVP, notamment pour accompagner des personnes confrontées au chômage, aux difficultés de mobilité ou aux dépenses du quotidien. La venue du Pape à Metz est pour elle aussi bien une source de joie qu'un encouragement à poursuivre dans sa mission. "Je pense que ça peut nous motiver pour être au plus près des pauvres et apprendre à les connaître. C'est une rencontre qui va nous renforcer", confie cette bénévole, qui reconnaît que "ce n’est pas toujours facile, on s’épuise parfois. Faire face à la difficulté de ces réalités peut être lourd à porter."
À Hœnheim, dans le Bas-Rhin, Daniel Rehm, 69 ans, est engagé depuis cinq ans. Vestiaire solidaire, relations avec les associations locales, visites en Ehpad ou encore communication : son bénévolat prend de multiples formes. Il se rendra à Metz pour la visite du Pape, qu’il attend avec impatience. "J’ai besoin de la force de cette rencontre avec le Pape pour oser aller encore plus loin dans mon engagement."
Fête de saint Vincent de Paul
Car pour les bénévoles de la SSVP, la rencontre ne se termine pas au moment où les foules se dispersent. Elle peut au contraire devenir un point de départ : celui d’un engagement renouvelé auprès de ceux que l’on entend moins, et qui souffrent parfois en silence.
À Lavaur, dans le Tarn, Sophie Galley a choisi d’emmener avec elle 17 jeunes du lycée qui participent régulièrement aux actions de la SSVP. Son souhait est simple : que cette expérience les pousse à leur tour à s’engager auprès des plus démunis. "J’espère que ça va amplifier leur volonté de servir, de se mettre au service de leur prochain", déclare-t-elle.
Sylvie Benac, 76 ans, visite quant à elle des personnes âgées et isolées à Paris. Dans les Ehpad, elle constate combien la solitude peut peser. "Parfois, seule la télévision vient briser le silence. Nous essayons de provoquer un peu de joie dans un quotidien morose", explique cette retraitée qui voit dans la venue du Pape un message providentiel à adresser à la société sur la fin de vie.
Cette visite du Pape résonne d’une manière encore plus particulière pour les bénévoles de la SSVP. Le dimanche 27 septembre, alors que Léon XIV célébrera la messe à Lourdes, l’Église fêtera aussi saint Vincent de Paul dont les reliques seront vénérées lors de la veillée des jeunes à Paris. "Un joli cadeau du Ciel", résume Sophie Galley.
En partenariat avec la Société de Saint-Vincent-de-Paul










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