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Les sportifs portent fièrement le flambeau de la foi

6 min de lecture
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Crédit : LOU BENOIST / AFP

200 athlètes français de haut-niveau d'un groupe de 200 arrivent pour participer à la veillée de prière avec des jeunes, menée par le pape Léon XIV, au Stade de France, à Saint-Denis, le 25 septembre 2026.

La veillée avec le pape Léon XIV au Stade de France, deux ans après les Jeux olympiques et paralympiques de Paris, est l’occasion pour environ 130 sportifs accompagnés par l’organisation “Holy Games” de retrouver ce lieu avec une émotion particulière.

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Mené par un porte-drapeau inattendu en la personne du champion de MMA Benoît Saint-Denis, comme en clin d’oeil au nom de la ville accueillant ce rassemblement, les sportifs de la délégation sont entrés dans le stade peu avant 20h pour témoigner de la manière dont le sport peut ouvrir un chemin vers la foi. Une vidéo diffusée au début de cette séquence a vu notamment témoigner le cycliste colombien Egan Bernal, vainqueur colombien du Tour de France 2019 et du Tour d’Italie 2021. Dans la délégation physiquement présente dans le stade figurent de nombreux sportifs en formation dans la perspective des Jeux olympiques de Los Angeles 2028, mais aussi des athlètes confirmés comme le champion olympique de judo Aurélien Diesse ou l’ancien gardien de l’équipe de France de football, Mikaël Landreau.

Présent également dans la délégation, l’ancien président emblématique du Stade français Max Guazzini, a rempli le Stade de France à de nombreuses reprises dans les années 2000 en faisant du rugby un grand spectacle populaire. "C’est extraordinaire de voir le Pape remplir ce lieu qui est un peu ma maison", confie-t-il, en se réjouissant de voir les catholiques s’affirmer et gagner en visibilité dans la société. L’ancien patron de NRJ, qui s’assume "un peu tradi", se félicite de voir "autant de jeunes réunis en affirmant leur foi".

Tanguy de La Forest

Pour Tanguy de La Forest, champion paralympique de tir et invité ce soir à porter le drapeau du Vatican, ce rassemblement revêt une dimension toute particulière. Il était déjà présent au Stade de France deux ans auparavant, lors de la cérémonie de clôture des Jeux paralympiques, en tant que porte-drapeau de la délégation française. "Revenir aujourd’hui dans cette enceinte, cette fois pour porter le drapeau du Vatican, c’est quelque chose qui m’honore, très intense personnellement", confie-t-il. "C’est un moment très fort parce qu’on mène tous le même combat en tant que sportifs", explique-t-il. 

Présente également dans ce groupe, Véronique Rabiot, la mère du footballeur Adrien Rabiot, est heureuse de participer à cet évènement "magnifique". Son fils est pour le moment assez éloigné de ces questions spirituelles, mais elle pense qu’il "y reviendra plus tard, dans un autre temps de sa vie, une fois sa carrière terminée. Il y est sensible, en tout cas", assure-t-elle. 

Quand le sport devient un chemin de conversion

Pour Myriam Ternaoui, ancienne boxeuse et désormais footballeuse, "c’est une grande symbolique d’avoir ce grand stade, ce grand rassemblement". Le Stade de France est à ses yeux "un lieu unificateur, un lieu qui rassemble pas mal de monde". Cette ancienne musulmane convertie au christianisme mesure d’autant plus la portée de ce rendez-vous qu’elle pratique elle-même le football, qui se joue habituellement « dans ce genre de stade », raconte-t-elle. 

Myriam Ternaoui

Son parcours personnel donne également une profondeur particulière à sa présence. Alors qu’elle pratiquait la boxe thaïe au plus haut niveau français et européen, elle a assumé une double conversion, sportive et religieuse. « Quand je me suis convertie au catholicisme, j’ai arrêté la boxe. J’ai changé de sport, j’ai changé de mode de vie », raconte-t-elle. Aujourd’hui, elle voit dans cette soirée une occasion de vivre sa foi au milieu d’une nouvelle communauté. « Partager ma foi avec des dizaines de milliers de chrétiens, de catholiques, de jeunes catholiques, pour voir le pape, c’est quelque chose qui me permet de vivre ma foi et de la partager », confie-t-elle.

Océane Daniel

Océane Daniel, ancienne footballeuse de la Fiorentina et des Girondins de Bordeaux, se réjouit d’être présente « avec cette délégation de sportifs », mais voit également dans ce rassemblement l’occasion de rappeler ce que la foi peut apporter au quotidien : "La bienveillance, le partage et tout ce qu’on aime en fait, le fait d’être ensemble et de partager de beaux moments." La présence de milliers de jeunes dans un lieu aussi chargé d’histoire donne, selon elle, une portée particulière à la soirée. Le Stade de France « charrie des années d’histoires, d’émotions ». Le voir accueillir aujourd’hui un événement religieux constitue à ses yeux « un bon symbole » pour les sportifs comme pour les jeunes présents.

Le sport, une métaphore de la vie spirituelle

À quelques pas du stade, le père Jacques Enjalbert, chapelain de l’église de Saint-Paul-de-la-Plaine, a accueilli un temps de prière dans ce lieu pour la délégation, avant qu’elle ne se dirige vers le stade. « Il y a un lien très fort entre le sport et la foi », explique-t-il, évoquant notamment « cette dimension d’endurance » et « cette dimension de gratuité ». Car si un seul sportif monte sur la plus haute marche du podium, les autres ont eux aussi consenti des efforts considérables, « pour l’amour du sport, pour le goût des Jeux, pour un témoignage de ce dont est capable l’humanité », s’émerveille ce jésuite. Il remarque que la Bible elle-même recourt largement à l’image du combat et de la course.

Pour le père Enjalbert, "la métaphore du sport parle très bien de l’enjeu de la vie spirituelle, de ses combats, de ses victoires, de ses fragilités". Et cette analogie ne concerne pas seulement les champions. Elle rejoint chacun dans son existence : "dépassement, épreuves, découragement, espérance, dépassement, grâce". Autant de réalités que le sport permet de mettre en mots et qui peuvent aussi devenir un langage pour parler de la foi.

Dans le stade, des compétiteurs à genoux

Pour Mgr Emmanuel Gobilliard, évêque de Digne et référent de la pastorale du sport depuis les Jeux olympiques, cette soirée représente une forme d’aboutissement. L’Église s’est en effet « beaucoup investie sur la question sportive » depuis les Jeux. Le choix du Stade de France n’est pas anodin. L’histoire des rencontres entre le christianisme et le monde sportif est ancienne. Mgr Gobilliard rappelle ainsi les grands rassemblements organisés dans des enceintes sportives, notamment avec saint Jean Paul II au Parc des Princes en 1980.

Le stade est un lieu de proximité, de fête, d’émotion collective. Mais il peut aussi devenir un lieu de silence. « Curieusement, c’est probablement l’une des seules fois où le stade vivra un silence complet », observe Mgr Gobilliard.  C’est précisément ce renversement qui l’émeut : voir ceux qui sont habituellement des compétiteurs « se mettre à genoux profondément devant le Christ ».