Aller au contenu principal

Au Stade de France, le silence des 80.000 jeunes devant la Sainte Tunique

4 min de lecture
holy-tunic-of-argenteuil-relic-pope-leo-xiv-prayer-vigil-stade-de-france-paris

Crédit : LOU BENOIST | AFP

Après une soirée d’acclamations, de chants et de « olas », le Stade de France s’est soudain tu ce 25 septembre au soir lorsque la Sainte Tunique d’Argenteuil a fait son entrée. Devant cette relique de la Passion, Léon XIV a invité les jeunes à regarder le Christ et à puiser dans son témoignage une liberté véritable.

Partager sur :

Et d’un coup, le silence. Ce silence « si rare et si nécessaire, loin du vacarme », que Léon XIV appelait un peu plus tôt les jeunes à retrouver dès que possible pour discerner leur vocation. Pourtant, une heure plus tôt, l’heure n’était pas au silence. Les 80.000 jeunes rassemblés dans cet immense stade de France ce 25 septembre au soir, galvanisés par la venue du Pape, ont laissé éclater leur joie toute la soirée. Ovations monumentales, acclamations pour le Pape, « olas » lancées de part et d’autre du stade – même entre deux chants grégoriens – musique de pop louange entonnée à pleins poumons…

Pourtant, lorsqu’arrive la sainte Tunique, c’est un silence complet qui envahit le Stade de France. Ce vêtement « qui redit aux chrétiens qu’il n’y a pas plus belle preuve d’amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime », devient alors comme une invitation silencieuse à contempler le Christ dans sa Passion. Selon la tradition chrétienne, il s’agirait de la tunique portée par Jésus jusqu’au Golgotha, celle que les soldats romains se seraient partagée après sa crucifixion, comme le rapporte l’Évangile selon saint Jean. Conservée à Argenteuil depuis plus de douze siècles, elle est aujourd’hui vénérée comme une relique de la Passion.

holy-tunic-of-argenteuil-relic-pope-leo-xiv-prayer-vigil-stade-de-france-paris

Habituellement conservée roulée dans son reliquaire, elle n’est déployée que très exceptionnellement afin de la préserver. En 2025, lors de son ostension jubilaire, des centaines de milliers de fidèles étaient venus se recueillir devant elle. Et ce soir, pour la première fois, elle quitte Argenteuil pour être présentée aux jeunes réunis autour du Pape. 

Le Stade qui, quelques minutes plus tôt, vibrait de 80.000 voix, s’est ainsi tenu en silence devant une simple étoffe, dans une atmosphère priante. Tout autour de la fosse, les reliques de saints de France gardaient, telles des sentinelles, cette jeunesse de France joyeuse et fervente, venue rencontrer son Pape. 

Jeunes de France, vous portez dans votre cœur un immense désir de liberté, qui dans votre culture est synonyme de force. Qu’est-ce qui nous rend libres ? C’est le Christ, qui est la Vérité et la Vie.

Des vies données, des vies qui témoignent aussi d’une liberté qui ne se résume pas à faire ce que l’on veut. C’est précisément à cette liberté que Léon XIV veut ramener les jeunes, en prenant pour exemple le bienheureux Marcel Callo, jociste français béatifié en 1987, “qui n’a pas cessé de tendre vers le bien, en restant libre intérieurement”. “Jeunes de France, vous portez dans votre cœur un immense désir de liberté, qui dans votre culture est synonyme de force. Qu’est-ce qui nous rend libres ? C’est le Christ, qui est la Vérité et la Vie.” Rappelant que la lumière de l’Esprit saint réconforte le chrétien dans les temps difficiles, Léon XIV exhorte encore une fois la jeunesse à imiter l’exemple de ces saints qui ont fait de la France. 

Après avoir invité les jeunes à regarder vers ces figures de sainteté, Léon XIV revient à la scène qui vient de se dérouler sous leurs yeux : la Tunique, déposée au cœur du Stade. Il la rapproche de la Croix, autre signe de la Passion : “La Tunique a été enlevée au Christ, la croix lui a été donnée. Elles sont toutes deux des signes de sa passion. La Croix, instrument de mort, est devenue signe d’espérance. Avec la Tunique, elle représente la vie de l’Église donnée au monde. Soyez des lumineux témoins de cet évangile, qu’est le Christ lui-même!" Une invitation accueillie par quelques nouvelles ovations… avant que le stade ne se recouvre d’un nouveau silence.