Au premier jour de son voyage en France, le pape Léon XIV a présidé l’office des vêpres dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, en présence de 8.000 évêques, prêtres, diacres, personnes consacrées et séminaristes venus de toute la France.
Après l’ambiance festive de la déambulation de la papamobile boulevard du Montparnasse puis boulevard Saint-Michel, place au recueillement. Au premier jour de son voyage apostolique en France, vendredi 25 septembre, Léon XIV s’est rendu en fin d’après-midi à Notre-Dame de Paris pour présider les vêpres en présence de 8.000 évêques, prêtres, diacres, personnes consacrées et séminaristes venus des quatre coins de la France. Il s’agissait de la première visite d'un pape à Notre-Dame depuis le terrible incendie du 15 avril 2019, 18 ans après Benoît XVI.
Dès le début de l’après-midi, sous un soleil presque estival, le parvis de Notre-Dame bruissait déjà des robes et des soutanes des prêtres et religieux heureux de se retrouver sous le regard bienveillant de Notre-Dame de Paris, présente, entre deux portes de la cathédrale, sous les traits de la statue de la Vierge en argent offerte par Charles X, trônant sur un piédestal de fleurs.
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Joyeuse et belle image du clergé en France que ces évêques, prêtres, diacres, religieux et religieuses, vierges consacrées, séminaristes et propédeutes réunis dans la cathédrale et sur le parvis pour prier avec le Pape ! Ils représentent les quelque 45.000 personnes en France qui partagent ces différents états de vie.
"Quelque chose du collège apostolique"
Une occasion rare pour certaines communautés de se retrouver en dehors des murs du couvent. "Nous nous réjouissons de ces retrouvailles intercommunautaires, en union avec toutes les autres personnes consacrées", confient Sœur Marie-Charles de Jésus, de Nantes, et Sœur Marie-Stella, de Pontcallec, toutes deux dominicaines du Saint-Esprit. "C’est un privilège de voir le Pape en vrai, qu’il vienne nous rencontrer. J’ai hâte d’entendre ce qu’il va nous dire !"
"Le successeur de Pierre vient à nous, il y a quelque chose du collège apostolique que nous sommes appelés à vivre pendant ces vêpres", confie Mgr Matthieu Dupont, évêque de Laval. "Je m'apprête à goûter ce temps de prière avec le successeur de Pierre, coupé des soucis du quotidien." Pour le père Louis-Virsna Lip, jeune prêtre du diocèse de Meaux ordonné en juin dernier, vicaire à la paroisse Saint-Colomban-Val-d’Europe, "l’engouement suscité par la venue du Pape montre bien le désir de spiritualité et donc de vie en France". "Je suis très content d’être là, c’est un événement à la fois d’Église et diocésain."
Un fervent enthousiasme
Après une fébrilité palpable, l’entrée de Léon XIV dans la cathédrale est particulièrement recueillie. Le Pape a adoré le Saint-Sacrement puis embrassé la Sainte Couronne d’épines. Accompagné par le chant "Joyeuse lumière", un diacre, selon le rite appelé lucernaire, a allumé les cierges d’autel. Durant la célébration, la Bienheureuse Vierge Marie est particulièrement mise à l’honneur à travers les hymnes et les cantiques.

Au cours de l’homélie, prononcée en français, Léon XIV a exhorté les personnes consacrées à porter un soin tout particulier à la liturgie, à se laisser inspirer par le renouveau de la cathédrale Notre-Dame afin de "renaître avec elle dans un élan de sainteté et de mission quotidienne" et à cultiver une vie de prière personnelle, "fondement essentiel de toute vocation". Une homélie qui a profondément marqué les personnes présentes. Le père Pierre Machenaud, curé d’Eaubonne, dans le Val-d’Oise, retient que la cathédrale fait des prêtres des "héritiers", et les aide à "être entre ciel et terre pour être missionnaires", tel un pont entre "ce que nos pères dans la foi nous ont apporté et ce qu’on doit transmettre dans le monde d’aujourd’hui". Quant au père Jean-Marc Pimpaneau, curé de Saint-Louis-d'Antin à Paris, il confie être touché par la posture de Léon XIV. "J’aime son côté réconcilié, il est pacifiant parce qu’il est pacifié, on sent un homme très pacifié intérieurement."
Le Pape sort de la cathédrale sous les applaudissements, après avoir pris le temps de saluer les personnes handicapées. Un réel enthousiasme se lit sur les visages. Parmi les visages réjouis, ceux de ce groupe de séminaristes de Lyon. "Je retiens son appel à être missionnaire, à évangéliser, à remettre la mission au centre jusque dans les périphéries", confie Augustin, 26 ans, en 3e année de théologie. Quant à Cyprien, 28 ans, en 2e année, il repart avec la conviction que la prière personnelle est obligatoire pour être missionnaire. Léon XIV avait cité auparavant Madeleine Delbrêl en ce sens : "Sans la prière, nous n’aimerions pas le Dieu d’amour. Nous serons peut-être ses serviteurs, ses combattants, voire même ses disciples ; mais nous ne serons ni les enfants aimants de notre Père, ni les amis (…) de Jésus-Christ".















