Peu après son arrivée en France, Léon XIV s’est rendu ce 25 septembre à l’Unesco pour un discours très attendu sur l’intelligence artificielle et l’éducation. Après avoir reçu les conclusions du forum qui s’est tenu le matin, le Pape a pris la parole.
Léon XIV est arrivé à 15 h à l’Unesco, dans le VIIe arrondissement de Paris, après une visite remarquée à l’Élysée. Cette étape a été pensée comme bien distincte du reste de son voyage en France, puisque l’Unesco est l’organe des Nations unies dans le domaine de la culture et de l’éducation. Ce sont donc des délégations venues du monde entier qui l’attendaient depuis la mi-journée. Le Pape a d’abord visité l’institution, où se déroulait depuis la matinée plusieurs tables rondes sur le thème de l’intelligence artificielle. En particulier, les défis liés à l’information et la création artistique ont été exposés et débattus par des jeunes de diverses nationalités.
La visite a commencé par un échange de cadeaux et un entretien bilatéral entre Léon XIV et le directeur de l’Unesco, Khaled El-Enany, dans la bibliothèque de l’institution. Ils y ont observé un document unique dans l’histoire diplomatique : une lettre envoyée en 1952 au nom du pape Pie XII et signée par les futurs Jean XXIII et Paul XVI. Le Pape a ensuite signé le livre d’or, avant de déambuler dans les jardins, où les délégations des États membres l’attendaient, formant une longue haie d’honneur.
Bienvenue sur le nouveau site d'Aleteia !
Nous sommes heureux de vous accueillir sur un site entièrement repensé, réalisé grâce au soutien de nos généreux donateurs.
Si vous appréciez cette nouvelle expérience de lecture, vous pouvez, vous aussi, nous aider à faire vivre Aleteia.
Un plaidoyer pour la vulnérabilité
Puis, sous de vigoureux applaudissements, le Pape a été accueilli par une assemblée d’artistes, de scientifiques, d’artistes et d’acteurs de la vie économique du monde entier. Après une courte prise de parole du directeur de l’Unesco, Khaled El-Enany, Léon XIV s’est lancé dans un discours d’une bonne demi-heure, son premier devant une organisation internationale.
Rappelant ses réflexions délivrées dans l'encyclique Magnifica humanitas, il a insisté sur la nécessité de reconnaître la dignité humaine. "L’avenir dépend du respect et de la promotion de la dignité de chaque être humain créé à l’image de Dieu", a-t-il lancé en français. Invitant à réfléchir à la question de ce qui définit l’être humain, le Pape a présenté l’humanité "comme un don et une épreuve". "À la naissance, nous sommes pauvres, nous avons besoin de soin et d’affection. Ceux dans le besoin subissent les conséquences les plus graves de cet oubli", a-t-il voulu rappeler.
L’être humain est aussi celui qui meurt, notre dignité n’est pas détruite par la maladie ou la souffrance, elle est intacte à tous les stades de la vie.
Le respect de la dignité humaine dans sa fragilité a été l’un des fils rouges de son discours, invitant à ne pas "exploiter la vulnérabilité des enfants" à travers des outils technologiques et des réseaux sociaux sans limite. Citant plusieurs fois Jean Paul II, qui fut le dernier pape à se rendre à l’Unesco avant Léon, en 1980, il a insisté sur la nécessaire reconnaissance d’une transcendance inhérente à l’homme, qui implique une recherche de la vérité. Celle-ci doit être au cœur de l’éducation et de l’information. "L’éducation, lorsqu’elle abandonne la vérité devient un instrument de manipulation des consciences", a-t-il affirmé. Après la fragilité et la pauvreté de l’être humain à la naissance, c’est celle de la fin de vie que Léon a voulu mettre en valeur, alors même que la France vient d’adopter la loi sur l’aide à mourir. "L’être humain est aussi celui qui meurt, notre dignité n’est pas détruite par la maladie ou la souffrance, elle est intacte à tous les stades de la vie", a-t-il insisté.
Léon XIV, "témoin de la paix"
En écho à Magnifica humanitas, le Pape a ensuite pointé du doigt le retour de la "tentation de Babel", notamment dans la "mondialisation", le "néocolonialisme" et la "science, quand elle est vue comme une logique de pouvoir". Remerciant l’Unesco pour son travail au service de la paix et du dialogue, Léon XIV a enjoint à ne pas renoncer au multilatéralisme face aux dangers actuels. Le Pape s’est présenté comme un "témoin de la paix" et a désigné l’Unesco comme un "interlocuteur privilégié" de l’Église catholique au service du bien commun. En 2027, le Saint-Siège fêtera d’ailleurs son 75e anniversaire de présence à l’Unesco comme État observateur.
Terminant son discours en français, le Pape a de nouveau été acclamé par son auditoire, avant de se retirer pour la déambulation dans les rues de Paris, où la foule l’attendait. Quarante-cinq ans après Jean Paul II, la voix du Pape aura de nouveau marqué l’histoire de l’institution, dont la coopération avec le Saint-Siège se poursuit, notamment par l’intermédiaire des représentants permanents du Vatican.












