La venue de Léon XIV en France suscite un intérêt médiatique exceptionnel, bien au-delà de Paris, Lourdes et Metz où le pape doit se rendre. Un phénomène qui touche non seulement la presse française mais aussi internationale.
Vendredi 25 septembre, l’avion d’ITA Airways à bord duquel le pape décollera pour gagner Paris sera probablement un peu plus lourd qu’habituellement. La liste des journalistes qui ont été autorisés à le suivre au plus près dans ce périple a en effet atteint des records, avec 85 journalistes embarqués, soit cinq de plus que lors de son précédent voyage en Espagne, en juin dernier. Ce dernier, pourtant, est considéré à Rome comme une référence depuis le début du pontificat de Léon XIV. À l’époque, un proche collaborateur du pape avait confié à des journalistes, avec une pointe d’ironie, que les Espagnols avaient mis la barre très haute (sous-entendu peut-être trop haute) pour les Français…
"Je pense que cela va être un voyage plus important que celui en Espagne", estime pourtant aujourd’hui Franca Giansoldati, vaticaniste du quotidien romain Il Messaggero. Pour elle, cette visite est intéressante tant sur le plan politique, avec les prochaines élections, que pour les "ferments de résistance à la sécularisation" qui sont récemment apparus au sein de la société française, pourtant réputée pour son laïcisme. L’Italienne, qui sera à bord de l’avion du pape, note aussi la différence d’engouement par rapport aux précédentes visites, à Marseille en 2023 et à Ajaccio en 2024. À l’époque, moins de 70 journalistes avaient suivi François dans ses déplacements en terre française.
«On n'avait jamais vu autant de journalistes du pays visité par un pape dans un vol, c’est vraiment un chiffre extraordinaire, très élevé.»
Niveau accréditation, la comparaison avec ces deux visites est encore plus nette : près de 1.000 pour la cité phocéenne, et plusieurs centaines pour la Corse, contre 2.500 pour la prochaine visite. Un chiffre qui se rapproche rapidement des plus de 3.000 demandes atteintes en Espagne il y a trois mois. Les grands médias catholiques sont en première ligne : Aleteia, Famille chrétienne, KTO ou encore RCF Notre Dame ont annoncé des dispositifs permettant une couverture spéciale inédite de la visite papale.
Mais c’est aussi le cas des médias généralistes nationaux - France Télévisions en tête, en tant que diffuseur du voyage - qui suivent habituellement peu l’actualité vaticane. Et le sujet anime les colonnes des quotidiens et hebdomadaires, les plateaux de télévision et les réseaux, en France, mais aussi à l’étranger. "Pour les médias, ça va être fantastique, parce qu'il y aura des moments très forts du point de vue de l'image", note la très expérimentée vaticaniste mexicaine Valentina Alazraki, évoquant notamment le passage de Léon XIV en papamobile dans les rues de Paris. Un détail l’étonne particulièrement : le fait que 30% de ses collègues (25 sur 85 journalistes), dans l’avion du pape, seront français. "On n'avait jamais vu autant de journalistes du pays visité par un pape dans un vol, c’est vraiment un chiffre extraordinaire, très élevé", souligne celle qui suit les papes pour la télévision N+ depuis 1974.
Cet enthousiasme peut aussi laisser penser que ce voyage sera l’occasion de voir l’Église au-delà du phénomène de la sécularisation auquel elle est souvent associée. Pour le vaticaniste Javier Martinez-Brocal, du quotidien espagnol ABC, le succès de la visite de Léon XIV en Espagne avait surtout révélé "l’impact que l’Église a sur la société civile". "Nous allons donc pouvoir voir à quel point la société civile française est elle aussi imprégnée des valeurs chrétiennes, ou des actions menées par l'Église, et ce non seulement d'un point de vue confessionnel, mais aussi sur le plan concret, à travers les valeurs de défense de la dignité humaine et de respect des personnes, y compris celles d'autres religions", analyse-t-il.












