Ils seront près de trois cents, porteurs de handicap ou non, à représenter L’Arche lors de la venue du pape Léon XIV en France du 25 au 28 septembre prochains. Hors de question pour l’association, qui offre un accompagnement à des personnes avec un handicap mental à travers des communautés de vie partagée dans quarante lieux en France, de ne pas se joindre à la fête. "C’est l’occasion pour nous d’affirmer notre lien avec l’Église de France", souffle à Aleteia Joseph Krysmann, chargé du pôle spiritualité auprès de la fédération de L’Arche en France. “C’est un signe de foi : certains partiront avec leurs paroisses ou leurs diocèses, d’autres non. Nous avons laissé cette initiative aux communautés car nous souhaitions leur donner cette liberté”.
Concrètement, ils seront deux cents à Paris, quatre-vingt à Lourdes et près de quarante à Metz. Sans compter ceux qui se joindront à l’événement avec leurs paroisses, leurs diocèses ou encore le mouvement Foi et Lumière, soit une centaine environ. Ils arriveront des quatre coins de la France, de Quimper à Grasse en passant par Hauterives (Drôme), Lyon, l’Isle-sur-la-Sorgue (Vaucluse), Grenoble, Montpellier, Nantes, Aix-en-Provence, Strasbourg, Toulouse, Cognac, Nancy ou encore Boulogne-sur-mer. A l’image de Charles, 44 ans. Salarié au jardin maraîcher de l’ESAT (Établissement ou service d’aide par le travail) de L'Arche d’Aigrefoin, à Saint-Remy-lès-Chevreuse (Yvelines), il s’apprête à rencontrer le Pape à Paris. "Le Pape, c’est un homme d’État et d’Église. Pour moi, c’est le grand chef, et comme je suis très pratiquant, c’est très important pour moi", assure-t-il. Il voit le successeur de Pierre comme un semeur qui répandrait des graines autour de lui. "Et peut-être que les personnes pas pratiquantes, ça peut les toucher et leur donner des idées ?", espère-t-il. "Ce n’est pas donné à tout le monde de faire ça !", s’enthousiasme pour sa part Marie-Laure, 36 ans, qui vit dans l’une des cinq maisonnées de L’Arche à Lyon et partira dès le vendredi matin avec un groupe de La Route des Sourires. "Il faut en profiter, c’est dingue ! Paris, ce n’est pas rien. Le Pape, d’habitude, il ne va jamais par là. Et en plus je vais voir mon frère qui sera aussi là-bas", s’exclame la jeune femme qui a déjà participé aux Journées mondiales de la Jeunesse de 2023 à Lisbonne qui ont réuni un million de pèlerins.
“Nous redire membres de l’Église”
Fondée en 1964, L’Arche a toujours eu à cœur de favoriser la vie spirituelle de chacun. "Nous nous disons rattachés à l’Évangile et ouverts aux autres spiritualités. Nous croyons profondément en cette vie spirituelle en chacun de nous et nous faisons en sorte que chacun puisse y goûter", poursuit Joseph Krysmann. "L’Arche fait partie d’une communauté d’Église et après ce que nous avions traversé [la révélation en 2020 de pratiques abusives de Jean Vanier, fondateur de L’Arche, ndrl], c'était important de pouvoir vivre cela. Nous sommes des communautés de vie qui appartiennent à d’autres communautés. Il y a ce que l’on vit au sein de nos communautés, et en même temps, il y a cette idée d’ouverture. Il n’est pas tant question de reprendre une place, puisque celle-ci n’a jamais été perdue, mais plutôt de relancer une dynamique de foi et de vie. Cet élan-là nous permet de nous redire membres de l’Église sans en faire des tonnes, avec humilité et simplicité".
Cette visite exceptionnelle du Saint-Père n’est-elle pas l’occasion de faire l’expérience de la rencontre au détour d’un échange informel avec son voisin depuis un siège du stade de France, d’un fauteuil roulant coincé entre deux marches, ou encore pour occuper d’infinies minutes d’attente sur les Champs-Élysées ou la prairie du sanctuaire de Lourdes ? "La rencontre, c’est ça le cœur de notre projet", enchérit Joseph Krysmann. En témoigne En personnes, un podcast dédié aux rencontres qui comptent, lancé le 22 septembre par L’Arche en France et disponible sur les différentes plateformes. "Cette visite du Pape, c’est une belle occasion d’aller à sa rencontre et un bon lancement d’année pour nos communautés. Nous avons tous été très marqués par le pape François et son texte Laudato Si’ qui guide beaucoup nos réflexions sur l’écologie aujourd’hui. C’était important pour nous de dire au pape Léon XIV que nous étions heureux qu’il vienne en France."













