À quelques jours de la veillée des jeunes au Stade de France, 2.500 choristes peaufinent les derniers chants qui accompagneront la prière des 80.000 jeunes réunis autour du Saint-Père. Ce 22 septembre au soir, ils étaient 800 réunis dans un lycée parisien pour répéter un programme allant de la louange au chant grégorien. Reportage.
Les voix s’échauffent. Les vocalises résonnent. La répétition va commencer. Ce 22 septembre, la chapelle d’un lycée parisien du 16e arrondissement est pleine à craquer. 800 choristes de 18 à 35 ans ont pris place sur les bancs. Regards concentrés, carnets de partitions en main, un doux sentiment d’impatience traverse l’air. C’est que les sopranos, altos, ténors et basses qui se retrouvent ce mardi soir attendent ce moment depuis trois mois. En juin dernier, l’association Ecclesia Cantic, qui vise à soutenir et diffuser le chant liturgique dans l’hexagone, annonce avoir été choisie pour animer la veillée de prière du Pape avec les jeunes, qui se tiendra le vendredi 25 septembre au Stade de France. Ni une, ni deux, l’organisation lance un appel aux jeunes chanteurs de toute la France pour constituer un chœur géant. Et les inscriptions dépassent les attentes : ils sont 2.500 à répondre.
Apprentissage à vitesse grand V
Face à cet engouement exceptionnel, la tâche est ardue. Il s’agit pour les choristes d’apprendre de nombreux chants en seulement cinq semaines. Une organisation millimétrée se met en place : les jeunes reçoivent les partitions ainsi que des enregistrements de chacune de leurs voix à la fin de l’été. Ils peuvent ainsi les travailler en amont. Ce soir-là, les chanteurs maîtrisent donc la majeure partie du programme. Julien, 24 ans, est de ceux qui se sont exercés avant la séance : "J’ai bien appris la plupart des chants. Et j'avais déjà répété avec certains membres de ma chorale parisienne qui se sont aussi inscrits."
"J’avoue que je suis impressionnée par la vitesse à laquelle on file les chants. Mais ce qui est fou c’est que tout rend bien."
Cette soirée de répétition n’est pas la seule organisée en amont de la veillée du vendredi. Une première a déjà eu lieu lundi soir et une autre, qui réunira les chanteurs non-parisiens, se tiendra jeudi. Une manière de répartir les choristes en différents groupes de travail. Et c’est Alexis Duffaure, chef de chœur de la veillée, qui assure les répétitions. Armé de son micro, surplombant les choristes depuis le chœur de la chapelle, il prodigue avec humour et enthousiasme conseils musicaux et indications rythmiques. Pour certains chanteurs, la cadence est soutenue : "Ça allait vite, mais dans le bon sens ! Et le chef de chœur était vraiment très pédagogue. J’ai trouvé que les images qu’il nous donnait pour nous faire comprendre la façon dont il voulait qu’on chante étaient très bien tournées On a toute de suite saisi ce qu’il voulait", témoigne Julien. Et Victoire, 29 ans, de renchérir : "J’avoue que je suis impressionnée par la vitesse à laquelle on file les chants. Mais ce qui est fou c’est que tout rend bien. Il n’y a plus qu’à voir le résultat au stade !" Allant de la louange la plus festive au chant grégorien, en passant par des pièces polyphoniques, le programme donne à voir un large panel du chant d’église.

"Porter par notre voix la prière de 80.000 jeunes"
De nombreux jeunes font déjà partie de chorales. Une expérience qui leur permet d’être à leur aise lors de la répétition. Beaucoup voient dans ce service une manière unique d’accompagner spirituellement la veillée. "L’idée est de porter par notre voix la prière des 80.000 jeunes qui seront présents ce soir-là. Je pense que c’est aussi notre rôle en tant que chanteurs", confie Baptiste, 24 ans. Certains, comme Julien, y perçoivent également une façon de montrer l’engagement et la ferveur des jeunes catholiques français. "Le Pape vient en France : c’est aussi important qu’on montre que les catholiques sont là, qu’ils vont répondre à son appel."
"J’en attends plein de choses et notamment de belles paroles de la part du Pape qui puissent nous porter dans la prière tous les jours."
Quant à leurs attentes concernant la venue du Saint-Père en France, et plus particulièrement son message adressé aux jeunes, les choristes se montrent loquaces. "J’en attends plein de choses et notamment de belles paroles de la part du Pape qui puissent nous porter dans la prière tous les jours. J’espère surtout que ce moment va être beau et priant pour lui. Le fait qu’on soit 2.500 ou 2 ne change pas grand-chose pour moi", confesse Raphaëlle, 25 ans. De son côté, Victoire espère des déclarations sur des sujets précis : "Un message d’espérance pour le monde actuel. Mais aussi des conseils pour être plus proche du Seigneur au quotidien. Peut-être des paroles fortes à propos de la loi sur la fin de vie ou de l’intelligence artificielle." Au-delà des chants et des répétitions, une même attente semble ainsi réunir les choristes : vivre pleinement cette veillée et contribuer à en faire un temps fort de prière. Dans quelques heures, ils seront 2.500 à unir leurs voix au Stade de France pour accueillir le Saint-Père. Un moment qui, ils le savent, restera à jamais gravé dans leurs cœurs.












