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Avant sa visite en France, Léon XIV perfectionne son français

4 min de lecture
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Crédit : © Vatican Media

Léon XIV.

En France, Léon XIV prononcera tous ses discours – à l’exception de celui à l’Unesco et de l’étape européenne à Metz – en français. Le cardinal Aveline a laissé entendre récemment que le Pape avait renforcé sa pratique de cette langue, autrefois pratiquée par une partie de sa famille, et qu'il s'est efforcé de réinvestir depuis son élection au Siège de Pierre.

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"Il y a quinze jours, [Léon XIV] m’a dit : J’apprends le français." Devant les journalistes lors d’une conférence de presse présentant le voyage désormais imminent, le cardinal Jean-Marc Aveline livre cette confidence sur le pontife. L’anecdote déclenche les sourires sur les visages, d’autant qu’elle est amenée savamment avec son habituel talent captivant l’auditoire sur le fil d’un récit où les mots s’enchaînent comme un lever de rideaux. Pour autant, si l’archevêque de Marseille a recueilli cette révélation de la bouche de l’intéressé, au Vatican on reste discret. La vie personnelle du chef de l’Église catholique est un secret protégé derrière les hauts Murs léonins, aussi il est difficile de savoir si Léon XIV prend des leçons sur Duolingo – comme il le faisait pour l’allemand, selon son frère John Prevost – ou bien pratique avec un enseignant personnel, ou encore visionne des films de Tati et Truffaut en langue originale.

Parmi les papes de ce dernier demi-siècle, Paul VI, Jean Paul II et Benoît XVI étaient tous trois fins francophones et francophiles ; François quant à lui se référait à des auteurs français mais parlait principalement italien et espagnol. Quelle relation leur successeur américano-péruvien – lui qui parle couramment anglais, espagnol, italien, portugais, et même se débrouille en quechua, nous dit-on – entretient-il avec la langue de Molière ? Depuis son élection, il est clair que le 267e Pape comprend bien le français – langue de certains de ses ancêtres – et est capable de lire un texte de façon relativement fluide, avec le souci manifeste de s'appliquer. Dès le 16 juin 2025, à peine un mois après son installation comme évêque de Rome, il avait prononcé son premier discours en français devant des proches du congolais Floribert Bwana Chui, un laïc mort en martyr, béatifié la veille à Rome.

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Une maîtrise très correcte du français

Par la suite, Léon a régulièrement reçu des groupes francophones devant lesquels il s’est exprimé dans leur langue, y compris en échangeant quelques mots lors de salutations individuelles. Ses déplacements aussi ont permis de mettre en lumière une maîtrise correcte, bien qu’encore perfectible : lors de ses visites au Liban (décembre 2025), mais aussi à Monaco (mars 2026), ou encore en Algérie et au Cameroun (avril 2026), et même en Espagne au centre de Las Raices, aux Canaries, il s’est adonné au français de façon didactique, lisant des textes fidèlement – sans aller jusqu’à improviser.

Si nombre de francophones qui l’ont rencontré personnellement confient avoir échangé avec lui principalement en anglais, d’autres affirment qu’il a eu recours spontanément à leur langue en apprenant leur nationalité. "Mon père était là-bas", a-t-il ainsi répondu à un journaliste français qui évoquait, pourtant en italien, le Débarquement en Normandie. À Barcelone, on l’a vu d’ailleurs proposer à la foule hispanophone de prier "en français" (SIC) – avant de se reprendre en riant de son propre lapsus.

Des leçons avant sa venue en France ?

À quelques jours de son arrivée dans l’Hexagone, un expert du Vatican estime très probable que Léon XIV prenne des cours pour améliorer son niveau. Ce ne serait pas surprenant pour l’ancien supérieur de l’Ordre de Saint-Augustin qui a souvent appris des langues par souci missionnaire de rencontre avec la population locale. "Robert Prevost a toujours souhaité pouvoir dialoguer avec les habitants des pays où il se rendait", glisse-t-on de source vaticane. On se souvient de son fameux "Salut soldat !" en turc, que le pontife lançait fièrement – et un brin amusé – aux militaires en piquet lors de son voyage en Turquie.

Léon XIV ne serait pas le premier pape à s’adonner à des leçons linguistiques avant ses déplacements : "Jean Paul II tenait à s'exprimer dans la langue des pays d'accueil. On disait qu'il 'révisait' souvent avec l'aide d'un ou d'une personne de la Curie dont c'était la langue maternelle", rappelle un fin connaisseur de la papauté.