Après s’être précipités sur les milliers de places disponibles, les jeunes Français se retrouveront, vendredi 25 septembre au Stade de France, pour une soirée de prière avec Léon XIV. Le père Janvier Koutandji, vicaire général du diocèse de Saint-Denis, raconte ce qui se joue derrière cet engouement.
Ils viendront de tout le pays pour rencontrer Léon XIV au Stade de France. Le 25 septembre, les 17-35 ans qui ont réussi à obtenir une place se retrouveront pour une soirée pas tout à fait comme les autres. Croyants de longue date, catéchumènes, néophytes ou simplement curieux, ils sont attendus à partir de 17h30 pour une veillée de prière avec le Pape. Néanmoins, derrière ce grand rassemblement se joue aussi un enjeu plus profond. Alors que de nombreux jeunes manifestent depuis plusieurs années un regain d’intérêt pour la foi chrétienne, cette soirée sera pour eux l’occasion de se retrouver, de prier et de vivre ensemble un moment de communion. Dans un quotidien marqué par les guerres, les violences et les incertitudes, cette soirée entend aussi leur offrir un temps de recul et d’intériorité. Le père Janvier Koutandji, vicaire général du diocèse de Saint-Denis, explique à Aleteia ce que cette veillée représente pour les jeunes et ce qu’ils viennent réellement y chercher.
Aleteia : Qu’est-ce qui, selon vous, fait la singularité de cette veillée de prière ?
Père Janvier Koutandji : La veillée, c’est la rencontre de tous les jeunes avec le Pape : croyants depuis longtemps, néophytes, catéchumènes… C’est aussi une visite apostolique, une visite officielle du Saint-Père pour toute la France. Et il a souhaité avoir un temps d'échange avec les jeunes ! Cette veillée permettra donc au Pape de leur parler de ce qui peut les toucher, de ce qui peut répondre à leurs questions. D’autant qu’en France, on observe depuis quelques années de nombreux signes, avec notamment le nombre croissant de demandes de baptême, de demandes de sacrements, mais aussi de retours à la source chrétienne. Il va ainsi s’adresser à ces jeunes qui s’interrogent sur le sens de leur vie, qui sont inquiets, mais qui ont aussi soif d’entendre une parole différente de celles que les médias peuvent nous donner au quotidien, à travers les préoccupations et les difficultés de la vie.
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"Léon XIV a une voix qui porte."
Comment expliquer l’engouement suscité par cette veillée et, plus largement, par la venue du Pape en France ?
Les jeunes ont besoin d’entendre une parole différente de celle qu’ils entendent au quotidien sur la violence, la guerre ou les défis auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui. Léon XIV a une voix qui porte. Sa parole dépasse les frontières des seuls chrétiens catholiques. J’ai d’ailleurs échangé avec les jeunes de ma paroisse et j’ai pu comprendre qu’ils ressentent un désir profond d’intériorité. Les jeunes ont soif de cette rencontre d’Église qui leur permet de vivre la fraternité et de découvrir qu’ils ne sont pas seuls à croire. Ces rencontres sont pour eux des moments de joie et de partage. Leur engouement tient aussi au fait que le Pape vient chez nous, en Seine-Saint-Denis, dans notre diocèse. Cela les motive d’autant plus à aller à sa rencontre !
Pour les jeunes qui n’ont malheureusement pas pu obtenir de place pour la veillée, quelles possibilités ont-ils pour vivre malgré tout cette soirée ?
Au diocèse de Seine-Saint-Denis, avec l’évêque, la déléguée générale, les acteurs de la pastorale des jeunes, le service de communication et la responsable des pèlerinages, nous réfléchissons actuellement à différentes possibilités pour ceux qui ne pourront pas assister à la veillée. Nous attendons encore de voir si des places vont se libérer, notamment en cas de désistement. Le jour des inscriptions, la demande était très importante et beaucoup de jeunes nous ont fait part de leur frustration de ne pas avoir pu obtenir de billet. Nous réfléchissons donc aussi à la possibilité d’organiser une retransmission et de créer des lieux dans le diocèse où ceux qui ne pourront pas être au stade, y compris des personnes moins jeunes, pourraient se retrouver pour suivre ensemble la veillée et partager ce moment. Certains jeunes d’un même secteur ou d’une même paroisse pourraient ainsi se réunir dans un lieu précis du diocèse et vivre ce temps devant un écran, afin de partager cette joie comme s’ils étaient eux aussi au stade.
"C’est une rencontre qui n’est pas simplement sociale, mais avant tout spirituelle."
En quoi est-il important, pour les jeunes, de vivre ce moment ensemble ?
C’est une rencontre qui n’est pas simplement sociale, mais avant tout spirituelle. Et cette rencontre spirituelle est aussi un moment de communion. Voilà pourquoi ce ne sont pas seulement les jeunes d’Île-de-France ou de Seine-Saint-Denis qui sont invités au stade, mais les jeunes de toute la France. Pour nos jeunes, il est donc très important de vivre ce moment ensemble, car cela permet de manifester cette communion. Il y a d'ailleurs cette expression selon laquelle "un chrétien tout seul est un chrétien en danger". La joie de la rencontre avec le Christ, à travers son pasteur, est une joie qui se partage aussi. Être ensemble, c’est donc partager cette joie chrétienne, mais aussi se savoir soutenu et encouragé dans cet élan de foi. Pendant la veillée, il y aura notamment un temps de prière et de silence, qui permettra à chacun de se tourner vers le Seigneur, tout en vivant cette intériorité au cœur d’une communauté rassemblée.












