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Trois cloches pour une église qui veut donner un cœur au Val d’Europe

7 min de lecture
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Crédit : aleteia

À Serris, au cœur du Val d’Europe, les cloches de la future église Saint-Colomban ont pris place dans le clocher ce vendredi 18 septembre. Un symbole fort pour ce territoire en pleine croissance, où le diocèse de Meaux construit l’un des plus importants projets d’église actuellement menés en France.

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Dans le ciel très bleu de ce mois de septembre, un étrange ballet s'opère sous les yeux d'une centaine de personnes. S'élève une cloche, suivie d'une deuxième, puis d'une troisième. Hissées au bout d'une grue, elles atteignent un clocher encore tout bétonné, mais que l'on peut déjà apercevoir de suffisamment loin. Ce clocher, c'est celui de la nouvelle église de Serris, commune de Seine-et-Marne en plein essor. Dédiée à saint Colomban, moine irlandais venu évangéliser et convertir sur ces terres il y a 15 siècles, cette église monumentale dont la première pierre a été posée en novembre 2025 devrait ouvrir ses portes à la fin de l'année 2027.

Ce 18 septembre, une étape majeure de ce chantier réunissait donc les paroissiens du pôle missionnaire de Val d'Europe : la bénédiction et l'installation des cloches de l'église Saint-Colomban, fondues quelques mois plus tôt en juin. Cachées sous des tissus gris, elles sont dévoilées par Mgr Nahmias, évêque de Meaux, avant d'être bénies, encensées et montées en haut du clocher qui doit culminer à 37 mètres de hauteur à l'issue des travaux. Nommée "Geneviève-Etienne" en hommage à la sainte patronne de Paris et au saint patron du diocèse, la première pèse 275 kg. La deuxième, baptisée après tous les curés de la paroisse "Jean Henri François Charles Gérard", pèse 190 kg. Elle est suivie de la "petite" dernière, "Espérance", 155 kg.

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Un territoire en pleine évolution

"C'est une étape importante pour la construction de cette église et pour notre diocèse, car elle symbolise l'entrée de la vie dans ce bâtiment", se réjouit Mgr Guillaume Leschallier de Lisle, évêque auxiliaire du diocèse de Meaux qui rappelle "la particularité de ce territoire du Val d'Europe".

"Il y avait très peu d'habitants il y a 25 ans, aujourd'hui c'est une ville en pleine ébullition avec un fort flux de touristes. Cette église devait donc être visible et se veut un signe de la vitalité de la foi chrétienne", résume Mgr de Lisle. Le paysage démographique du Val d'Europe a été profondément bouleversé. Serris, qui comptait à peine 2.300 habitants en 1999, en rassemble aujourd'hui plus de 10.000. À l'échelle de l'agglomération, le territoire dépasse désormais les 54.000 habitants et continue d'accueillir de nouveaux logements et de nouveaux habitants. Le paysage urbain, lui aussi, témoigne de cette croissance fulgurante. Dans les rues de Serris, les maisons aux façades blanches et les petits immeubles aux airs de ville bourgeoise donnent parfois l'impression d'un décor soigneusement composé. Rien d'ancien pourtant : l'essentiel de ce quartier a poussé avec le développement du Val d'Europe et de Disneyland Paris.

Outre l'objectif d'évangélisation, le diocèse tenait aussi à proposer un meilleur accueil des fidèles qui se regroupaient jusqu'ici dans plusieurs églises alentour, comme Chessy, Coupvray ou Magny-le-Hougre, mais dont la capacité devenait insuffisante. "Rien que l'an dernier, pour la vigile pascale, nous avions plus de cent personnes debout en dehors de l'église", se souvient le père Gérard Pelletier, curé du pôle missionnaire du Val d'Europe. "Il fallait un centre, un cœur battant à notre communauté chrétienne. Bien entendu, nous n'abandonnerons pas pour autant nos petites églises de village, où seront toujours célébrés les sacrements", tient à préciser le prêtre qui souligne "la beauté de ce grand projet pastoral".

800 places

"Grand" est sans doute un euphémisme pour évoquer ce projet. Dessiné par l'architecte italien Pier Carlo Bontempi, il comprend une nef principale de 500 places assises ainsi qu'un auditorium de 300 places, permettant d'accueillir 800 fidèles au total. "Nous nous sommes inspirés des églises de cette région. Notre atelier s'adapte aux styles traditionnels, propres aux différents endroits où nous sommes appelés à travailler", explique Pier Carlo Bontempi.

L'édifice s'inscrit dans un ensemble architectural triple, avec une institution scolaire (collège et lycée ouverts depuis quatre ans) et un centre culturel. Ce chantier est estimé à 13 millions d'euros, dont un million est financé par les Chantiers du Cardinal, programme de la Province d'île de France. Le reste est financé par le diocèse, les dons des fidèles et le mécénat privé. Le diocèse de Meaux s'est également lancé dans un autre chantier d'envergure : celui d'une nouvelle église pour la paroisse de Chelles, dédiée à Sainte-Bathilde, qui pourra accueillir jusqu'à... 650 personnes.

Hausse des baptisés adultes

Ces projets sont parmi "les plus grosses constructions d'églises en France aujourd'hui", déclare à Aleteia Nicolas Gilloury, responsable immobilier du diocèse. A l'intérieur se trouveront des fonts baptismaux, "une vraie spécificité puisqu'ils permettront de donner le sacrement du baptême par immersion lors de la Vigile Pascale", relate Nicolas Gilloury. Une spécificité qui prend un relief particulier alors que les baptêmes d’adultes connaissent une forte progression en France : plus de 13.000 sont attendus à Pâques 2026, trois fois plus qu’il y a dix ans. Le baptême par immersion, lui, répond à la demande de certains catéchumènes et se développe dans plusieurs paroisses. Le diocèse de Meaux est particulièrement concerné par cette hausse continue de baptêmes d'adultes : 300 baptisés en 2023, 480 en 2024, 660 en 2025, et 790 en 2026.

Michèle, 51 ans et maman de deux enfants, est une fidèle paroissienne du Val d'Europe. Elle s'est convertie place Saint-Pierre, à Rome, et a reçu le baptême en 2025, un an après son fils de 13 ans. Depuis le début de l'année, elle suit activement les travaux de la nouvelle église Saint-Colomban, qu'elle voit évoluer depuis sa fenêtre. "J'ai emménagé ici juste en face, donc je vois tout le chantier. C'est une grande émotion pour moi car j'entendais parler de ce projet depuis plus de dix ans et je le vois sortir de terre. Vivre cela de l'intérieur est une joie immense et même une grâce", sourit Michèle.

L'église devrait accueillir sa première messe pour la fin de l'année 2027. "J'ai promis à Mgr Nahmias que l'église Saint-Colomban serait terminée pour la messe de Noël, dans un peu plus d'un an", confie à Aleteia Pier Carlo Bontempi, qui se dit même optimiste sur les délais. "Je pense qu'on peut même anticiper un peu cette date, d'ici un an environ. La partie la plus importante à mettre en place est la toiture", poursuit-il. De son côté, Mgr Nahmias ne cache pas son impatience de voir cette nouvelle église ouvrir ses portes. L'évêque confie même à Aleteia avoir convié un invité de marque à venir découvrir le chantier : le Pape en personne, attendu en France les 25, 26 et 27 septembre, et notamment à Paris au tout début de son voyage apostolique. Et si le programme était malheureusement trop dense pour permettre un arrêt au Val d'Europe, Mgr Nahmias ne désespère pas pour autant. "Il reviendra en France, alors ce sera pour la prochaine fois."