Illustratrice et fondatrice de la marque AC Larroque, Anne-Charlotte partage ici un portrait personnel de sa vie, entre dessins, famille, vie conjugale et prière.
Artiste, épouse et mère de cinq enfants, Anne-Charlotte Larroque, 39 ans, puise son inspiration dans la beauté qui l’entoure, la mode, les femmes et les petits émerveillements du quotidien. Installée à Londres avec sa famille depuis trois ans, elle nous ouvre les portes de son univers délicat, où le dessin, la maternité et la foi s’entremêlent avec harmonie. Une rencontre placée sous le signe de la joie et de la douceur.
Aleteia : Anne-Charlotte, quelles sont vos principales sources d’inspiration ?
Anne-Charlotte Larroque : J’ai grandi dans une famille avec plusieurs artistes, notamment ma mère et ma grand-mère qui m’ont donné le goût des musées, du savoir-faire (les deux sont couturières hors pair) et du patrimoine. Ces deux femmes, mais aussi mes sœurs, belles-sœurs et amies autour de moi ont toujours été une grande source d’inspiration ! Je suis émerveillée par la puissance que la femme peut déployer pour donner la vie, s’occuper de sa famille avec cœur, tout en cherchant son épanouissement… À l’occasion d’une mutation familiale, j’ai eu besoin de m’approprier ma nouvelle ville, ce qui m’a donné l’idée d’une collection d’affiches de villes féminines et colorées, représentant les thèmes qui me sont chers : le patrimoine français, la mode et la femme !
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Vous êtes épouse, mère de cinq enfants, illustratrice… Comment conciliez-vous vie professionnelle et vie familiale ?
C’est un jeu d’équilibriste ! Le dessin est devenu très vite une source d’épanouissement et fait vraiment partie de mon équilibre. Si je ne dessine pas de la journée, je me couche triste, avec le sentiment qu’il m’a manqué quelque chose. Mes enfants et mon mari le comprennent très bien. Ils sont toujours enthousiastes et ravis face à mes projets. J’essaie aussi d’accepter de ralentir quand c’est nécessaire. Nous sommes dans un monde où la productivité compte énormément, pourtant il me semble que dans une famille les enfants ont besoin de parents présents et en bonne santé mentale, il faut faire attention aux signaux de grande fatigue physique ou nerveuse, et savoir ralentir ! Des projets il y en aura toujours, alors que les années de l’enfance passent si vite… À chaque fois que mon équilibre a vacillé, je me suis bien rendue compte que j’avais un peu perdu ma valeur phare qu’est le soin de ma famille. Mes règles sont donc : préserver son sommeil, savoir dire non aux projets ou sollicitations qui ne nous correspondent pas, et un minimum d’organisation, pas facile pour l’artiste que je suis, mais indispensable au quotidien !
Votre mari, quelle place prend-il à vos côtés ? Comment restez-vous connectés l’un à l’autre ?
Mon mari est mon meilleur soutien, mon premier fan et aussi mon premier critique ! C’est lui qui, au début, m’a encouragée à dessiner et à créer mon premier site internet. Chaque soir, je lui montre mon travail. Il est très intéressé et me dit : "Ah, mais tu as oublié le quatrième pied de la chaise !" ou "Attention, ce pied-là est un peu de travers. On a l’impression que l’enfant va tomber." Il a un regard très juste. Mais c’est surtout un vrai soutien au quotidien, nous formons une belle équipe ! Notre premier lien, c’est la prière : prière du matin tous les deux ensemble, et celle du soir en famille. Nous essayons aussi d’aller à la messe en semaine. Et puis il y a le dialogue : se demander pardon, se dire merci, se dire « je t’aime » et ménager des temps de couple. Maintenant c’est plus facile car on peut laisser les grands gérer et aller au restaurant tous les deux, merci à eux ! Et nous profitons avec émerveillement de la riche vie culturelle de Londres, des sorties un peu exceptionnelles pour de beaux temps de qualité à deux !
Qu’aimez-vous le plus dans votre rôle de mère ?
J’aime les voir grandir ! Franchir des étapes, voir cette petite étincelle d’intelligence et de joie dans les yeux d’un petit enfant lorsqu’il a compris une lecture, une conjugaison… J’aime aussi accompagner mes grands dans leurs réflexions, partager nos lectures, et de temps en temps vivre des aventures un peu folles comme ce Road-trip écossais en caravane !
Quelle est la journée idéale pour vous ?
Une journée idéale commence avec le soleil — et, détrompez-vous, cela arrive souvent à Londres ! J’aime commencer la journée dans la joie, avec le sourire au petit-déjeuner, puis un départ à l’école serein. Après la dépose, je prends souvent un café avec les mamans de l’école, des coachs en puissance et de véritables alliées au quotidien ! Ensuite, une bonne journée de travail, efficace, où mes projets avancent et où finit par arriver cette petite étincelle : le moment où je commence à être contente de ce que j’ai dessiné et où je vois enfin, après plusieurs essais, mon idée prendre corps sur le papier. Puis je retrouve les enfants pour un goûter au parc, un peu d’activité physique avant les devoirs et les routines du soir. Enfin, après le dîner en famille et le coucher des plus jeunes, nous aimons nous retrouver au salon avec les grands autour d’une tisane, de la musique et un livre. C’est le moment où tout le monde lit, je suis convaincue que voir ses parents avec un livre est le meilleur moyen de donner envie de lire à ses enfants ! Et de se battre ensemble contre la tentation des écrans, l’enjeu de notre siècle…
Comment vous ressourcez-vous au quotidien ?
Il faut un peu de sport pour garder la forme et le moral, comme courir ne me réussissait pas, j’ai trouvé ici l’aviron ! À l’écart des nuisances de la ville, en écoutant les bruits de l’eau et des oiseaux, c’est vraiment exaltant. J’ai aussi besoin régulièrement de voir du Beau pour me ressourcer, je me tiens informée des expositions à Londres et à Paris et je pars souvent en visite de musées, carnet de croquis à la main. La musique compte aussi beaucoup pour moi ! Le chant m’a toujours fait beaucoup de bien, que ce soit en chorale une fois par semaine ou quelques instants au piano le soir quand je sors de ma cuisine (bonheur !) Et bien sûr le dessin, mon moment (presque) préféré de la journée, quand je m’assois avec mon crayon et mes idées !
Y a-t-il une prière qui vous aide particulièrement dans votre quotidien ?
La prière du chapelet, à laquelle j’essaie de me tenir chaque jour. Le soir, nous disons toujours une dizaine en famille. J’aime beaucoup également l’Angélus, et particulièrement le "oui" de Marie lorsque l’ange Gabriel lui demande si elle veut être la Mère du Seigneur. Ce "oui" de Marie, ce "oui" de Mère, me touche beaucoup et m’aide au quotidien, dans les moments plus difficiles.
Quel est votre lieu de pèlerinage privilégié ?
Ma famille est très attachée au sanctuaire de Cotignac, où mes parents ont la chance d’habiter tout près. Chaque année, nous y allons en famille, simplement pour dire bonjour à saint Joseph et à la Vierge Marie, ou pour marcher avec mes frères et sœurs. C’est un pèlerinage important pour nous : nous venons remercier pour les nombreuses grâces reçues et confier nos intentions de prière, notre vie quotidienne, nos inquiétudes et nos projets. Nous y déposons aussi les intentions de personnes qui nous sont proches, particulièrement celles de couples en espérance d’enfant. Nous les confions avec confiance, sachant que nous pouvons être exaucés.
Quels saints vous accompagnent dans votre quotidien de mère et d’épouse ?
J’aime beaucoup la Vierge Marie, notre maman du Ciel, et sainte Jeanne d’Arc, une âme de feu ! J’aime aussi beaucoup la famille Martin, je lis régulièrement Histoire d’une âme et je trouve particulièrement inspirante la figure de Zélie Martin. On la présente parfois comme une mère parfaite, mais les biographies montrent aussi ses difficultés et ses souffrances. Malgré tout cela, elle a cherché grâce à la prière et au soutien de son mari, à travailler chaque jour pour l’éducation et la sainteté de ses enfants. Quant à sa fille Léonie, moins connue que Thérèse, elle m’a également beaucoup inspirée dans son humble désir de recommencer chaque fois après un échec, et de ne jamais se décourager.
Et pour conclure, comment transmettez-vous la foi à vos enfants ?
Il faut de petites habitudes au quotidien, comme la prière du matin sur le chemin de l’école, le bénédicité avant les repas… Mais surtout nous essayons d’être cohérents, et de transmettre notre foi par l’exemple plutôt que par des sermons ! Chaque année, nous passons aussi quelques jours dans un monastère ami, c’est l’occasion de découvrir ces moines qui ont donné leur vie à Dieu. Nous ménageons du temps en famille, avec des balades en montagne et des activités plus exceptionnelles, et nous leur proposons d’assister aux offices, sans pression. C’est une bonne occasion de côtoyer les moines, notamment dans les travaux de la ferme et de les voir si heureux dans leur quotidien, eux qui sont pourtant loin du monde. Enfin, nous leur proposons des vies de saints accessibles, en livre ou en podcast, ainsi que le scoutisme. Le cadre est là, nous l’espérons, pour qu’ils puissent faire émerger leur vie intérieure…















