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Un enfant de plus, un rêve qui devient trop coûteux pour les Français

4 min de lecture
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Crédit : Leszek Glasner I Shutterstock

Plus de deux tiers des parents (67%) déclarent ne pas disposer de ressources financières suffisantes pour accueillir un enfant supplémentaire, selon une étude publiée le 16 septembre par l'Union nationale des associations familiales (Unaf).

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Tandis que l’allocation du budget 2027 sur lequel se penche actuellement le gouvernement menace déjà le pouvoir d’achat des familles et la démographie, une étude de l'Union nationale des associations familiales (Unaf) met en lumière l'impact du manque de moyens matériels sur la réalisation du désir d’enfants. Un frein financier particulièrement marqué chez les jeunes parents, les femmes et les habitants des zones rurales, selon l’enquête menée par OpinionWay et publiée le 16 septembre.

Fragilité inédite des familles

Globalement, 63% des familles se disent contraintes ou "juste" financièrement. Cette fragilité atteint un niveau inédit depuis la création de l’Observatoire des familles (rattaché à l'Unaf) il y a 4 ans : 53% des parents disent ne pas avoir les moyens de préparer l’avenir de leur enfant, contre 43% en 2024, soit un décrochage de 10 points.

Deux temps se révèlent particulièrement tendus financièrement pour les parents : la petite enfance (avec notamment les frais de garde) et l’adolescence à partir de 14 ans. "Ce constat est en contradiction flagrante avec la décision des pouvoirs publics de quasiment supprimer la majoration pour âge des allocations familiales au motif qu’un enfant ne coûterait plus cher qu’à partir de 18 ans", dénonce l’Unaf dans un communiqué. Depuis le 1er mars, l’âge ouvrant droit à la majoration des allocations familiales a été reporté de 14 ans à 18 ans. L'association a saisi le Conseil d'État en mars pour faire annuler ce décret.

Un soutien public insuffisant 

Face à la charge d’enfants, les parents regrettent un soutien public insuffisant : ils sont 78% à juger que les impôts et les aides publiques actuelles ne prennent pas suffisamment en compte la charge financière due aux enfants. Et beaucoup renoncent à réaliser leur désir d’enfants, confirmant ainsi l’impact très probable des contraintes matérielles sur la démographie : 67 % des parents déclarent ne pas disposer des ressources financières pour envisager un enfant supplémentaire, notamment les jeunes parents (73%), les femmes (73%) et les habitants de zones rurales (71%).

Cette enquête, conduite auprès de 2.500 parents d'au moins un enfant de moins de 20 ans, intervient dans un contexte d'inquiétude de la part des associations familiales. Dans un rapport révélé en août, les inspections générales des finances (IGF) et des affaires sociales (Igas) ont proposé une série de mesures pour réaliser 4,2 milliards d'euros d'économies sur "les politiques familiales", dont "2,5 milliards d’euros à court terme". Ces propositions interviennent alors que la branche Famille de la Sécurité sociale a dégagé un excédent de 1,2 milliard d’euros en 2025, son cinquième exercice excédentaire consécutif. "Le gouvernement a malheureusement des idées fantastiques pour faire les poches des familles alors que les naissances ont chuté de 24% depuis 2010", ont réagi les Associations familiales catholiques (AFC) fin août.

Des économies au détriment des familles 

Parmi les mesures les plus importantes, les deux inspections recommandent de remplacer la majoration de retraite de 10% accordée aux parents d’au moins trois enfants par un forfait de 125 euros, pour une économie de 1,1 milliard d’euros. Le rapport préconise également la suppression de la réduction d’impôt pour frais de scolarité dans l’enseignement secondaire et supérieur que touchent 2,4 millions de ménages. Une mesure qui générerait 450 millions d’euros de recettes fiscales supplémentaires. Les contribuables peuvent actuellement déduire de leurs impôts 61 euros par an pour un collégien, 153 euros pour un lycéen et 183 euros pour un étudiant.

Le rapport recommande aussi de prendre en compte les revenus des parents dans le calcul des aides personnalisées au logement (APL) des étudiants, quand ils restent rattachés au foyer fiscal. La mesure réduirait les APL pour 310.000 foyers (soit 44%), dont 200.000 (soit 29%) en seraient totalement privés, selon le rapport. Autre sujet d’inquiétude, les allocations familiales. Les inspections suggèrent de réduire de 20% les seuils d’accès aux deuxième et troisième tranches. Pour les 591.000 ménages affectés, cette mesure se traduirait par une perte mensuelle moyenne de 75 euros, relève le rapport.