Le 25 septembre, Léon XIV parcourra 2,5 kilomètres en papamobile, du boulevard du Montparnasse à la place Saint-Michel. Chorales, écoliers, scouts, associations, catéchumènes… Les organisateurs veulent transformer ce passage en un grand moment populaire et festif. Aperçu des coulisses de cette organisation millimétrée.
"Joie, ferveur, partage". Le mot d'ordre est donné. Ce lundi 14 septembre au soir, juste en face de l'église Notre Dame des Champs où débutera le parcours de Léon XIV en papamobile le 25 septembre prochain, les très jeunes volontaires chargés de l'organisation ne cachent pas leur excitation. "Ce n'est pas évident d'organiser un tel événement", reconnaît Quitterie Dugas. Devant la cinquantaine de personnes réunies, cette jeune étudiante de 21 ans, détaille le projet avec entrain. L'objectif : faire en sorte que le Pape, comme les Français, n'oublient jamais ce trajet en papamobile.
Pour y parvenir, rien n’a été laissé au hasard. Sur les 2,5 kilomètres que parcourra Léon XIV, du boulevard du Montparnasse jusqu’à la place Saint-Michel avant d'arriver à Notre-Dame, les organisateurs veulent donner à voir une Église unie, jeune et surtout joyeuse. Tous les 100 mètres environ, des chorales et des fanfares prendront place pour accompagner le passage de la papamobile mais aussi porter la prière des pèlerins et "créer une ambiance festive". "Ce qu'on veut c'est qu'il y ait une telle ferveur que tout le monde se prenne au jeu, même le Pape. On veut que cette déambulation soit spontanée, populaire, bref qu'elle mette le feu au parcours de Léon XIV", s'enthousiasme Amaury, en charge de l'animation. Pour éviter que cette succession de chorales ne se transforme en joyeux brouhaha, les musiciens sont invités à s’inscrire en amont via un formulaire dédié. Ils indiquent notamment leur groupe et leur répertoire. L’organisation leur attribue ensuite un emplacement précis sur le parcours. Le principe est de permettre à chaque chorale de jouer son propre répertoire au passage du pape, tout en ménageant des moments communs.
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Les emplacements seront accessibles dès midi, en attendant la papamobile qui débutera son trajet à 16h. "Une demi-heure avant le passage du Pape, les groupes d'animation musicale seront invités à entonner des chants à l'Esprit saint pour ouvrir vraiment les cœurs au passage du Saint-Père", poursuit Quitterie Dugas. Même les spectateurs sont invités à préparer leur participation avant de venir. Une application, qui pourra être téléchargée en amont pour éviter de saturer le réseau le jour J, permettra de retrouver des informations pratiques et quelques contenus pédagogiques, mais aussi de chanter plusieurs chants communs. L’objectif est que, lorsque Léon XIV apparaîtra, les personnes venues de paroisses différentes ou simplement seules puissent malgré tout chanter ensemble.
1.400 volontaires
Mais l’organisation ne veut pas seulement rassembler du monde : elle veut montrer qui est là. Certains groupes se verront ainsi proposer des espaces dédiés, pensés pour être particulièrement visibles au passage du Pape. Une zone en face de Notre-Dame-des-Champs accueillera 300 personnes en fauteuil roulant ; deux autres seront dédiées aux écoliers, invités à confectionner des banderoles pour l’occasion. Associations engagées dans le handicap et la solidarité, mouvements scouts et aumôneries auront également leur emplacement. Un peu plus loin, les catéchumènes et les néophytes seront regroupés, vêtus de violet et de blanc pour être facilement repérables depuis la papamobile. Une manière de donner à voir à Léon XIV, en quelques minutes, les différents visages de cette Église en France. Sur place, des volontaires seront là pour orienter les participants vers leur espace. Ils sont déjà 1.400 à s’être inscrits pour accueillir les pèlerins, répartir les groupes et fluidifier les contrôles de police. Tous sont des étudiants, en moyenne âgés de 21 à 24 ans.
La charge de travail est considérable. "On continue les cours et nos stages en parallèle, et le soir ce sont des réunions, des mails, des démarches à faire... donc on ne s'ennuie pas !", sourit Pierre, lui aussi membre de l'organisation.
Organisation millémétrée
L'organisation est millimétrée, gérée en lien étroit avec la Préfecture de Police de Paris, de même qu'avec les services de sécurité du Vatican. "Il y a quelques jours, nous avons vu les gardes suisses ici même pour communiquer avec eux, leur donner l'ensemble du tracé et leur expliquer tout ce que nous avions en tête", confie Quitterie Dugas.
Côté animation musicale, le dispositif prend forme, mais les organisateurs sont encore loin d'avoir atteint leur objectif. Dix-sept groupes sont pour l'heure inscrits, alors qu'une cinquantaine de chorales et ensembles sont espérés le long du parcours. L'appel à participation reste donc ouvert : les musiciens et choristes sont invités à s'inscrire en ligne pour pouvoir être intégrés au dispositif et se voir attribuer un emplacement. Un retard que les organisateurs expliquent notamment par une communication volontairement tardive, liée aux impératifs de sécurité.
Le pari de cette déambulation tient finalement dans cette contradiction : organiser jusque dans les moindres détails un moment qui devra pourtant paraître spontané. Répartir les chorales, attribuer les places, encadrer les groupes, sécuriser les 2,5 kilomètres… pour qu’une fois la papamobile arrivée, tout cela disparaisse derrière les chants, les banderoles et les cris de la foule. Et que, pendant quelques minutes, Léon XIV ait vraiment le sentiment que "la France entière s’est levée pour lui".












