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Le boom des conversions de la Gen Z gagne l’Écosse

7 min de lecture
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Crédit : Bryan Lawrence Gonsalves

Cathédrale épiscopalienne Sainte-Marie d'Édimbourg

L’Écosse a enregistré une augmentation du nombre de conversions au catholicisme en 2026. Parmi ces nouveaux convertis, deux jeunes adultes de la génération Z ont raconté à Aleteia ce qui les a conduits à pousser les portes de l’Église.

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Et si l’Écosse était en train de connaître un discret réveil catholique ? Chaque dimanche soir à Édimbourg, l’église du Sacré-Cœur accueille une centaine de jeunes adultes à la messe. Depuis plusieurs mois, ces nouveaux fidèles viennent grossir les rangs de l’assemblée. Signe de cet engouement, un groupe WhatsApp dédié à cette communauté rassemble plus de 200 membres. Et la capitale écossaise n’est pas un cas isolé. À travers le pays, les conversions au catholicisme semblent prendre un nouvel essor.

Lors de la veillée pascale, célébrée au printemps dernier dans les paroisses du territoire, 549 personnes ont ainsi été reçues dans l’Église. Un chiffre particulièrement élevé, qui témoigne notamment de l'intérêt des jeunes malgré le contexte religieux écossais, marqué depuis plusieurs décennies par la sécularisation.

Pour comprendre ce qui se joue derrière ces chiffres, la rédaction anglophone d’Aleteia est allée à la rencontre de deux jeunes adultes écossais de la génération Z. À travers leurs réponses se dessine un regard singulier sur ce qui les a conduits vers l’Église, sur ce que le catholicisme représente pour eux aujourd’hui et sur l’avenir qu’ils imaginent pour l’Église en Écosse.

Des repères dans un monde en quête de sens

Originaire d’Aberdeen, dans le nord-est de l'Écosse, Aaron Johnstone, 27 ans, a été baptisé et reçu dans l’Église catholique en 2024. Élevé dans un milieu laïque, il ne connaissait ni la messe ni les traditions catholiques lorsqu’il a commencé, adolescent, à s’intéresser à la philosophie. La lecture de saint Augustin a alors joué un rôle déterminant dans son cheminement. Quelques années plus tard, les écrits de saint Thomas d’Aquin l’ont conduit à pousser, pour la première fois, les portes d’une église et à assister à la messe.

Cette première découverte de la foi l’a progressivement conduit à entreprendre un parcours de préparation à l’entrée dans l’Église, en rejoignant le Rituel de l’initiation chrétienne des adultes (RICA). C’est dans le cadre de ce cheminement qu’il a notamment assisté à une exposition du Saint-Sacrement, une expérience qui l’a profondément marqué. "J’ai compris que c’était bien le Christ dans l’ostensoir", a-t-il confié à Aleteia.

"Les gens ont besoin d’un sauveur."

Pour Aaron, la messe répond d’abord à un besoin profondément spirituel. La présence réelle du Christ, dit-il, "nous unit sacramentellement au Calvaire et à l’éternité". Les célébrations dominicales et les fêtes liturgiques sont ainsi pour lui des moments où se manifeste concrètement l’appartenance à une communauté, tous étant rassemblés en un seul "Corps du Christ".

Cette expérience lui semble particulièrement précieuse pour les jeunes de sa génération. Dans un monde où les repères peuvent manquer, les deux mille ans de tradition catholique et ses enseignements moraux et théologiques constituent, selon Aaron, un socle capable d’apporter des réponses aux grandes questions de l’existence. Une quête de sens qu’il relie notamment à l’omniprésence des médias numériques et à l’exposition constante à une actualité souvent anxiogène. "Quand on allume la télévision ou qu’on lit les gros titres des journaux, on constate qu’il se passe toujours quelque chose d’horrible dans le monde. Les smartphones ne font qu’empirer les choses. Les gens ont besoin d’un sauveur."

C’est précisément dans cette soif de sens et de repères qu’Aaron voit une raison d’espérer pour l’avenir du catholicisme en Écosse. Convaincu que l’Église peut répondre à certaines des aspirations de sa génération, il espère la voir poursuivre son essor dans les années à venir.

L’Église comme une nouvelle famille

À 21 ans, Corey Morrison est originaire d’Inverness, ville surnommée la "capitale des Highlands écossaises", dans le nord du pays. S’il a fait son entrée dans l’Église catholique lors de la veillée pascale 2026 à Exeter, dans le sud-ouest de l'Angleterre, c’est pourtant en Écosse que son chemin vers le catholicisme a commencé.

Enfant, Corey a grandi sans éducation religieuse, dans une région où l’Église libre d’Écosse était pourtant bien implantée. À l’école, il participait aux célébrations chrétiennes, sans que la foi n’occupe alors une place particulière dans sa vie. Ce n’est qu’à l’âge adulte que sa recherche spirituelle l’a conduit à franchir les portes d’une église catholique. C'est à Saint-Aidan d’Aviemore, à une cinquantaine de kilomètres au sud d’Inverness, qu'il assiste pour la première fois à la messe. Une découverte qui le marque immédiatement, malgré son incompréhension du rite. "C’était une messe selon le rite latin", raconte-t-il. "Je ne comprenais pas ce que disait le prêtre, mais c’était puissant… J’ai reçu une bénédiction et j’ai ressenti une paix profonde."

Dans l’Église, Corey explique avoir trouvé bien plus qu’une pratique religieuse. La confession régulière lui offre un espace pour faire le point, avancer et être accompagné avec bienveillance, sans crainte d’être jugé. Il raconte également y trouver ce sentiment d’appartenance qui l’a profondément marqué dans sa découverte du catholicisme.

"En rejoignant une Église catholique, les jeunes trouvent une famille plus grande et s’intègrent à quelque chose qui les dépasse", souligne Corey. Une conviction née de sa propre expérience, mais qu’il considère comme particulièrement pertinente pour sa génération. Après les années d’école, où les liens sociaux se tissent naturellement au quotidien, il devient selon lui essentiel de pouvoir retrouver un lieu où se sentir chez soi, entouré et attendu. L’Église peut jouer ce rôle en offrant un cadre, des liens et le sentiment d’appartenir à une réalité qui dépasse chacun. C’est dans cet esprit que le jeune Écossais invite les jeunes à "donner une chance au catholicisme". Sur l’avenir de l’Église catholique en Écosse, Corey partage le même optimisme qu’Aaron et espère la voir continuer à accueillir ceux qui sont en quête d’un lieu où trouver leur place.

L'avenir catholique de l'Écosse

Pour ces jeunes adultes, l’Église semble répondre à plusieurs aspirations de leur génération. La rencontre avec le Christ, la richesse de la tradition catholique, l’accompagnement spirituel ou encore le sentiment d’appartenir à une communauté constituent autant de points d’ancrage dans une époque marquée par l’incertitude. Loin d’être seulement en quête de réponses, ils disent aussi y trouver un lieu où grandir dans la foi et prendre leur place.

De quoi regarder avec attention les évolutions qui se dessinent actuellement en Écosse. Reste désormais à voir si cet élan s’inscrira dans la durée et comment l’Église saura accompagner ces nouveaux venus. Pour Aaron comme pour Corey, une chose semble en tout cas certaine : la jeunesse écossaise n’a pas fini de s’interroger sur la place de la foi dans sa vie.