Du 25 au 28 septembre, Léon XIV effectue son premier voyage apostolique en France. Alors que les préparatifs matériels s’accélèrent, de nombreux fidèles se préparent aussi intérieurement à accueillir le successeur de Pierre. Une manière de ne pas laisser l’événement se réduire à un simple rendez-vous historique.
"Avant toute chose, nous devons nous préparer à accueillir cette grâce que Dieu fait à la France", déclarait le cardinal Jean-Marc Aveline, appelant les fidèles à "une disponibilité intérieure" et à "une audace missionnaire" en vue de la venue du Pape. Car derrière les préparatifs, les déplacements et les milliers de personnes attendues, la visite de Léon XIV du 25 au 28 septembre peut aussi être vécue comme un temps privilégié pour se recentrer sur l’essentiel. Neuvaine, confession, prière personnelle ou chants : chacun peut, à sa manière, préparer son cœur à cette rencontre.
Se préparer intérieurement pour mieux se recueillir
"Cherchez tous dans vos cœurs ce feu de l’amour de Dieu", exhortait Léon XIV le 6 juin dernier lors de la veillée des jeunes à Madrid. À quelques semaines de sa venue en France, certains fidèles ont pris cette invitation au sérieux. Au début de l’été, le compte Instagram d’évangélisation Enflamme ta vie, né à Bayonne, a ainsi lancé Génération Léon XIV. Son objectif : faire connaître aux jeunes les paroles du nouveau pape, proposer des prières en vue de sa venue ou encore diffuser des témoignages.
Pour Claire, contributrice de Génération Léon XIV, cette préparation est loin d’être secondaire. "Il est important de se préparer intérieurement afin de vivre ce moment avec gratitude et recueillement. C’est important de ne pas oublier pourquoi on est là", explique-t-elle à Aleteia. Une préparation qui doit permettre, selon elle, "d’être ouvert à ce que le pape va nous transmettre".
Même conviction chez Clémence, en étude de psychologie à Lyon, qui entend avant tout se rendre disponible à la parole de Léon XIV. "Se préparer intérieurement est une évidence pour moi. Je veux pouvoir accueillir sa parole", confie-t-elle. Au milieu de l’effervescence qui entoure nécessairement une visite papale, elle insiste : "le côté spirituel ne doit pas passer au second plan".
Il ne s’agit donc pas seulement de préparer un déplacement, mais de se rendre disponible à la rencontre. Maud, 32 ans, qui fera le déplacement depuis Toulouse jusqu’à Lourdes, le résume avec humour : elle veut se préparer "intérieurement, pas seulement préparer la voiture, le trajet et le téléphone chargé !".
Cette préparation passe aussi par la prière. Une prière officielle accompagne ainsi la venue de Léon XIV, tandis qu’une neuvaine sera proposée au Sacré-Cœur de Montmartre du 16 au 24 septembre. Une manière, pour les fidèles, de ne pas attendre le jour J pour commencer à vivre spirituellement cet événement.
"Une parenthèse spirituelle et un souffle positif"
Pour certains, cette préparation prend aussi une dimension familiale. Bastien, qui habite Angers, assistera à la messe du Pape avec ses quatre enfants. L’événement réveille chez lui un beau souvenir : à 16 ans, il avait déjà fait le déplacement à Lourdes pour voir Benoît XVI lors de sa visite en France, en septembre 2008. Une expérience qui l’avait profondément marquée et qu’il souhaite aujourd’hui faire vivre à ses enfants. "Avant de venir, on va sûrement dire la prière officielle en famille pour que ce voyage porte de beaux fruits", raconte-t-il. Pour lui, la nature même de la rencontre justifie cette préparation : "c’est important de se préparer car on va voir le successeur de saint Pierre. C’est un événement spirituel pas anodin".
Derrière l’attente d’une rencontre avec Léon XIV se dessine aussi l’espérance de repartir changé. Bastien espère ainsi "être renforcé dans [sa] foi" mais aussi "voir qu’on ne vit pas sa foi tout seul". Car une visite papale n’est pas seulement une rencontre entre un pape et des fidèles : elle donne aussi à voir une Église rassemblée. C’est cette dimension collective que Béatrice retient elle aussi. Âgée de 33 ans, elle viendra à Lourdes avec un groupe de l’Emmanuel de Bordeaux : "quand on est croyant, on peut parfois se sentir un peu seul dans sa démarche ; se retrouver ensemble redonne une force immense". "J’ai envie de ressentir des émotions et de vivre ce moment en communion avec les autres", développe-t-elle.
Voir le successeur de Pierre ne serait donc pas une fin en soi. Pour ceux qui s’y préparent, l’essentiel est ailleurs : accueillir une parole, fortifier sa foi et repartir autrement. "Au fond, je ne veux pas seulement pouvoir dire : “J’ai vu le pape.” J’aimerais pouvoir dire : “J’ai vécu quelque chose”", résume Maud.













