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Céline et Marame, quand une rencontre change l’avenir

10 min de lecture
Céline et Marame Fondation Un Avenir Ensemble

Crédit : Luc V. Soto - Photoheart

À Lyon, le parrainage de la Fondation Un Avenir Ensemble a permis à Céline et Marame de construire, au fil des rencontres, une relation fondée sur la confiance, la transmission et l’ouverture. Un accompagnement qui aide la jeune femme à avancer dans son orientation, à découvrir de nouveaux horizons et à gagner en autonomie.

Et si une rencontre pouvait changer une trajectoire ?  À Lyon, Céline, 56 ans, et Marame, 17 ans, en font l’expérience depuis décembre 2024. Leur point de départ : le parrainage proposé par la Fondation Un Avenir Ensemble, qui met en relation des jeunes boursiers et des décorés de la Nation pour les accompagner dans la durée. 

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Parfois, il suffit d’une rencontre pour ouvrir de nouveaux possibles. Une rencontre entre deux personnes que tout pourrait, a priori, séparer : l’âge, le parcours, le milieu social, les expériences. Une rencontre qui, avec le temps, devient une relation de confiance, faite d’écoute, de conseils, de découvertes et de transmission. C’est ce qui se joue entre Céline Schillinger et Marame Khatir à Lyon, grâce à la Fondation Un Avenir Ensemble. Présidée par le général d’armée François Lecointre, elle aide depuis vingt ans des jeunes boursiers grâce à un parrainage individualisé assuré par des décorés de la Nation, de la classe de seconde jusqu’à leur insertion professionnelle. Un accompagnement qui s’inscrit dans la durée, notamment grâce à ses référents académiques et aux financements qui permettent aux jeunes de concrétiser certains projets. Le principe repose sur une conviction simple : pour favoriser l’égalité des chances, l’aide financière ne suffit pas toujours. Il faut aussi du temps, des rencontres, des informations, de la confiance et parfois simplement quelqu’un qui puisse dire : "Tu peux y arriver, je serai à tes côtés pour t’aider. "Une promesse qui prend tout son sens lorsqu’elle se traduit par une rencontre, une relation et des moments partagés, comme c’est le cas pour Céline et Marame. 

Quand l’engagement devient une rencontre 

À 56 ans, Céline Schillinger est consultante auprès des entreprises à Lyon. Son parcours professionnel est marqué par l’international, mais aussi par son engagement autour de la diversité, du collectif et de la transformation des organisations. À ses côtés, Marame a 17 ans. Elle est encore au lycée, à l’aube de ses choix d’orientation, avec des rêves plein la tête et un avenir professionnel à construire. Deux générations, deux parcours, deux univers… réunis par une même envie : avancer, apprendre et ouvrir le champ des possibles. 

Pour Céline, cette rencontre n’avait pourtant rien d’évident. Lorsqu’elle a accepté de devenir marraine, elle n’avait jamais accompagné de jeune auparavant, si ce n’est ses propres enfants. Son engagement auprès de la Fondation avait commencé quelques années plus tôt, après sa décoration de chevalier de l’Ordre national du Mérite en 2017. Une autre décorée, Isabelle Esteve, lui avait parlé de la Fondation et l’avait encouragée à soutenir ses actions. Si au début, Céline choisit de contribuer financièrement, en 2025, elle décide de s’engager davantage dans le dispositif. "Tout au long de mon parcours professionnel, j’ai eu la chance de rencontrer des personnes qui m’ont tendu la main, m’ont fait confiance et m’ont permis d’avancer. J’ai toujours gardé une grande reconnaissance envers ces personnes. Je n’ai pas forcément les moyens de toutes les remercier individuellement, mais je peux, à mon tour, tendre la main à quelqu’un", explique-t-elle à Aleteia. Cette envie de transmettre résonne aussi avec son histoire familiale. Céline mesure la chance qu’ont eu ses deux enfants de grandir dans un foyer stable, avec des parents présents, des échanges intellectuels et de bonnes conditions pour faire des études. Elle sait que tout le monde ne bénéficie pas des mêmes opportunités. Devenir marraine est donc, pour elle, une manière de donner en retour. Un engagement qui prend aussi une dimension particulière pour une décorée de la République : "La République nous a distingués, et nous avons à cœur de donner en retour et, à notre tour, de transmettre ces valeurs de partage et de générosité", souligne-t-elle. 

Reste une question : comment accompagner sans prendre trop de place ? "Je ne suis pas sa mère, nous n’avons pas forcément la même culture, les mêmes références ni les mêmes réactions", explique Céline. Elle cherche alors sa juste place : être là lorsqu’elle est nécessaire, conseiller sans imposer, transmettre son expérience sans décider à la place de Marame.

De son côté, Marame n’est pas arrivée non plus dans cette aventure par hasard. Lorsqu’elle entre en seconde, la Fondation Un Avenir Ensemble lui est présentée au lycée, avec le principe du parrainage et les possibilités qu’il peut lui offrir. Élève boursière souhaitant poursuivre des études longues, elle se montre rapidement sensible au dispositif. "J’ai tout de suite vu que j’avais une opportunité à saisir. Pour les élèves boursiers, comme moi, cela permet d’avoir accès à certaines possibilités auxquelles on n’aurait pas forcément accès autrement et aide à réduire un peu les différences avec des jeunes qui ont davantage de moyens", raconte-t-elle à Aleteia.

Une véritable aventure humaine 

Tout commence par une première rencontre en décembre 2024 lorsque les deux femmes officialisent leur parrainage. Le courant passe immédiatement. "J’avais un peu peur d e tomber sur une personne très rigide, qui imposerait ses opinions, se souvient Marame. Mais j’ai découvert une femme qui m’écoute, cherche à me comprendre, et en même temps, me fait découvrir d’autres façons de voir les choses, sans jamais m’imposer son point de vue. Son parcours m’inspire aussi beaucoup". Très vite, cette relation devient pour la jeune femme bien plus qu’un simple rendez-vous avec une adulte référente. "Je la vois un peu comme une boussole", résume la jeune femme qui souhaite s’orienter vers le domaine de la santé. Mais le chemin n’a pas toujours été évident. "Je ne savais pas vraiment ce que j’allais faire. J’avais pris des spécialités scientifiques, mais j’avais beaucoup d’hésitations, notamment avec mes notes", détaille la jeune femme, scolarisée aujourd'hui en terminal dans un lycée à Lyon. Céline l’aide alors à explorer les différentes possibilités. Elle l’amène chez une psychologue spécialisée dans l’orientation, lui présente des métiers en lien avec ses aspirations, l’aide avec des démarches administratives et lui transmet des clés qu’elle a elle-même reçues dans son enfance. "Mes parents étaient enseignants, j’ai eu la chance d’avoir un bon accompagnement. Je sais que ce n’est pas le cas pour tout le monde. Alors j’essaie de lui transmettre ce que j’ai appris", précise Céline. Parcoursup, recherche de stage, découverte des formations… Les sujets de discussion sont nombreux. Mais Céline tient à ne pas décider à la place de sa filleule : "Mon rôle, c’est de lui donner des informations, de lui ouvrir des portes, mais pas de choisir pour elle."

Ce n’est pas simplement du sponsoring ou une approche "consumériste" de l’accompagnement : il faut s’investir soi-même, donner du temps, de l’attention et de l’écoute. Et c’est justement ce qui, à mes yeux, fait société.

Cette ouverture se retrouve aussi dans leur manière d’échanger. Céline et Marame communiquent souvent en anglais, une langue que la jeune fille aime particulièrement et dans laquelle elle est à l’aise. Passionnée de théâtre, d’expositions et de spectacles, Céline aime aussi faire découvrir à Marame des univers qu’elle n’aurait peut-être pas fréquentés spontanément. "J’aime beaucoup la culture, notamment le théâtre et les expositions, et j’aime l’idée de lui faire découvrir des univers auxquels elle n’aurait peut-être pas accès spontanément ou auxquels elle ne penserait pas tout de suite", explique Céline. Ensemble, les deux femmes vont régulièrement au concert, au théâtre, à l’Opéra de Lyon. "Je ne pensais pas forcément aimer l’orchestre, reconnaît Marame. J’ai découvert que j’aimais beaucoup cet univers et que j’avais une sensibilité aux différents instruments." Peu à peu, ces sorties deviennent aussi une manière de mieux se connaître. "Avant, j’étais beaucoup dans les notes et les cours. Les sorties culturelles m’ont permis de me découvrir moi-même et de comprendre que la vie ne tourne pas qu’autour de la réussite", ajoute encore la lycéenne. Pour Céline aussi cette mission est loin d’être secondaire : "Elle fait écho à des valeurs qui me sont chères : l’ouverture et la solidarité. Elle m’amène aussi à me remettre en question, à rester curieuse. Marame m’aide en ce sens en me mettant en contact avec une autre génération, un autre milieu et d’autres aspirations, notamment son intérêt pour le domaine médical. J’apprends aussi beaucoup à son contact."

Parmi les expériences qui ont marqué le parcours de deux femmes, il y a aussi le BAFA. Céline encourage Marame à solliciter un financement de la Fondation pour passer cette certification, qui peut constituer un véritable atout sur son CV, notamment si elle poursuit dans le secteur social ou médico-social. "Je suis fière d’elle", confie Céline, qui souligne aussi une autre petite victoire, celle d’avoir fait découvert la capitale à la jeune femme lors d’un événement proposé par la Fondation. "Sans ma marraine, je ne suis pas sûre que je serais partie une semaine à Paris", reconnaît Marame.Pour la jeune fille, c'est une première : partir seule pendant une semaine, prendre le train et découvrir un nouvel environnement sans ses proches. Une petite victoire, peut-être, mais une étape importante vers l’autonomie. Pour Céline, ces expériences sont aussi révélatrices de la personnalité de sa filleule. "Marame est une jeune fille très aimable et attachante, avec une vraie personnalité. J’espère qu’elle saura garder cette confiance en elle, ne pas se laisser marcher sur les pieds et poursuivre son projet dans le domaine médical, qui lui tient à cœur."

Au fil de leur histoire, les expériences vécues par Céline et Marame donnent ainsi à voir, à leur échelle, ce que le parrainage peut produire concrètement : de la confiance, de l’autonomie, mais aussi des opportunités qui n’auraient pas nécessairement été accessibles autrement. Et si leur histoire est singulière, elle rejoint une réalité vécue par plus de 2.100 filleuls accompagnés par la Fondation. Mais au-delà des chiffres, Céline retient surtout la dimension collective et humaine de cet engagement : "Ce n’est pas simplement du sponsoring ou une approche "consumériste" de l’accompagnement : il faut s’investir soi-même, donner du temps, de l’attention et de l’écoute. Et c’est justement ce qui, à mes yeux, fait société."