Fille de Jézabel, Athalie n’est plus guère connue de nos jours. Pourtant, le grand dramaturge français, Racine, lui dédia une célèbre pièce dont une des scènes, nommée "Le Songe d’Athalie", est passée à la postérité…
Athalie est la fille d’Achab, roi d’Israël, et de la sulfureuse Jézabel (Athalie peut être, parfois, également présentée comme la sœur d’Achab). Avec de tels parents, décriés par la Bible pour leurs méfaits et leur adhésion aux dieux païens, quel pouvait être le destin de cette jeune reine phénicienne ayant épousé Joram, roi de Juda ? Cet avenir allait s’avérer rapidement bien sombre lorsque son mari, fils de Josaphat et monarque impie suivant le culte de Baal, fit éliminer ses six frères cadets… Pour ces méfaits, et bien d’autres encore tus par la Bible, le prophète Elie lui promit une fin terrible, un mal qui le terrasserait, ce qui advint effectivement, ainsi que nous le relate la Bible : "Le Seigneur le frappa aux entrailles d’un mal incurable. De jour en jour, par l’effet de son mal il se vidait de ses entrailles jusqu’à la fin de la deuxième année, et il mourut dans de cruelles souffrances" (2Ch 21,18-19)… La jeune reine, Athalie, devint veuve et régna alors sans piété…
Le songe d’Athalie
Ayant ainsi perdu non seulement son mari, mais aussi son fils Ocozias, assassiné par Jéhu, Athalie décida alors de faire périr toute la descendance royale, seul Joas, l’un des fils d’Ocozias, son petit-fils, réchappa de ce massacre biblique et fut élevé dans le Temple dans le plus grand secret… Tel est le portrait peu flatteur que nous livre le récit biblique de cette reine, même si nous n’avons guère de détails sur ses nombreuses actions impies.
Osant combler ce silence et ces lacunes, le grand dramaturge Jean Racine nous a livré une célèbre pièce portant le nom même d’Athalie ; Dans celle-ci, une scène mémorable (Acte II, scène 5) évoque un songe effrayant que fit la fameuse reine biblique, songe qui portera son nom : "Le songe d’Athalie" ! Mais quel est-il ? Dans cette évocation dramatique, la mère d’Athalie, Jézabel, également reine biblique, lui apparaît dans "l’horreur d’une profonde nuit", pompeusement parée en lui enjoignant ces terribles mots : "Tremble, m’a-t-elle dit, fille digne de moi. Le cruel Dieu des Juifs l’emporte aussi sur toi. Je te plains de tomber dans ses mains redoutables, Ma fille." Le songe se conclut lorsque l’ombre de sa mère, Jézabel, eut disparu et que la jeune reine voulant l’embrasser en tendant ses bras ne put que trouver un horrible mélange d’os et de chair meurtris, traînés dans la fange…
Enfin, soulignons que le destin de la reine Athalie ne fut guère plus enviable que celui de sa mère puisqu’un complot fut ourdi à son encontre. Le grand prêtre Yehoyada parvint en effet à mettre en œuvre une conjuration afin de faire reconnaître Joas, l’enfant rescapé du massacre, comme roi. Ce sacre allait sonner le glas d’Athalie et l’amener à une fin ignominieuse, telle que lui avait prédit sa mère, Jézabel, dans son songe, et que nous relate la Bible : "On mit la main sur elle, et elle arriva au palais par la porte des Chevaux. C’est là qu’elle fut mise à mort", dans le palais et hors du sanctuaire, afin de ne pas le souiller. Athalie périt par l’épée comme elle l’avait ordonné tant de fois pour d’innocentes victimes…










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