Les Apprentis d'Auteuil se sont vu confier la délicate mission de réaliser en un temps record le fauteuil en bois dans lequel siégera le Pape lors de la veillée au Stade de France. Reportage au cœur des ateliers du lycée professionnel Saint-Jean, à Sannois (Val-d’Oise).
"Monsieur, la fin, je fais comment ?" En ce doux après-midi de septembre, une demi-douzaine d’élèves en ébénisterie s’active dans l’atelier du lycée professionnel Saint-Jean, à Sannois (Val-d'Oise). Ils s’appellent Jean-Marie, Alexandre, Roxane, De’hayn… Ils ont entre 16 et 20 ans, et préparent un CAP Ébéniste ou le Brevet des métiers d’art (BMA) en ébénisterie. Une agréable odeur de sciure de bois flotte dans l’air. Il faut parler fort pour couvrir le bruit des machines. Depuis la reprise des cours début septembre, ces élèves aux profils variés se sont portés volontaires pour un projet hors du commun : fabriquer une cathèdre en chêne pour le pape Léon XIV à l’occasion de la veillée des jeunes au Stade de France.

Mathieu Dafonseca, le professeur, passe d’un jeune à l’autre et prodigue ses conseils, n’hésitant pas à manier les outils, ici ponçant, là rabotant. C’est lui qui a accepté de relever ce défi un peu fou. Fin juillet, les organisateurs de la visite du Pape en France ont confié à la Fondation d’Auteuil la fabrication du siège pour la veillée des jeunes. "La responsable de la Fondation m’a demandé si on pouvait impliquer des élèves dans ce projet. J’ai immédiatement envoyé un message à l’enseignant, Mathieu Dafonseca. Il a accepté et a dessiné durant l’été deux croquis, dont l’un a été validé par le Vatican", confie Dominique Lelong André, directrice du Groupe scolaire Saint-Jean à Sannois.
Un enthousiasme palpable
"J’ai répondu oui car c’est un beau projet", explique Mathieu Dafonseca. "Et qui correspond parfaitement aux compétences que les élèves doivent acquérir pendant leur formation. Ils sont tous très motivés, très appliqués. Au début, ils étaient inquiets en raison de l’échéance à court terme – un mois ! –, mais c’est un bon stress. Maintenant, ils ont vu les plans et savent ce qu’ils ont à faire", assure l’enseignant, serein sur les délais.

L’enthousiasme est palpable également parmi les élèves. "C’est une occasion qu’on a qu’une fois dans sa vie", s’exclame Jean-Marie, 18 ans, passionné par l’ébénisterie et notamment sa dimension artistique. "Même si pour ce projet-là, on n’a pas trop le temps de réfléchir ! On fabrique". Pour Alexandre, 16 ans, qui découvre le métier en première année du brevet des métiers d’art, c’est une manière "d’apporter sa pierre à l’édifice pour l’accueil du Pape".

Roxane, 19 ans, fait elle aussi ses premiers pas dans ce domaine. "On se lance dans un énorme projet alors qu’on vient tout juste de commencer l’année !", confie-t-elle, un peu anxieuse. Un objectif qui lui procure néanmoins beaucoup de joie : "Quelle que soit la personne pour qui je travaille, le Pape ou quelqu’un d’autre, c’est pareil, cela me rend heureuse. Je le fais aussi pour ma famille qui est très croyante et qui est fière que je participe à ce projet."
Si le résultat final ne nous a pas été dévoilé – secret oblige –, nous savons néanmoins que le cahier des charges était extrêmement précis. "Le Saint-Siège voulait un fauteuil assez sobre, j’avais un cahier des charges très cadré", précise le professeur. Il n’en dira pas plus. Rendez-vous le vendredi 25 septembre au Stade de France pour admirer le fruit de leur labeur. Un bois qui ne laisse pas de marbre.













