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Écoles hors contrat : une croissance qui résiste aux vents contraires

3 min de lecture
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Crédit : Jean-Christophe Verhaegen / AFP

Le ministère de l’éducation nationale a dévoilé la première évaluation nationale des expérimentations du port de la tenue commune à l’école publié le 12 mai 2026.

85 nouvelles écoles indépendantes ont ouvert leurs portes à la rentrée 2026, selon l’association Créer son école. Dans un contexte politique hostile et face à une administration parfois obstructive, le secteur résiste et continue de croître.

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À contre-courant d'une Éducation nationale qui supprime 3.742 classes pour la rentrée 2026, le secteur des écoles privées hors contrat continue de croître. Selon l'association Créer son école, 85 nouveaux établissements ouvrent leurs portes en France à la rentrée 2026, portant le total à 2.665 écoles hors contrat et quelque 140.000 élèves. En recul par rapport aux 115 ouvertures de 2025, le secteur affiche néanmoins une croissance nette de +4 %.

Le profil de ces écoles bat en brèche les clichés : 80% des créations sont aconfessionnelles, 55% misent sur des pédagogies alternatives, 38% sur le bilinguisme. Autre fait marquant, 48% s'installent en milieu rural, là où ferment précisément les écoles publiques. Ce dynamisme s'explique par une demande familiale croissante.

L'attractivité croissante du hors contrat

Selon un sondage Odoxa-IFRAP du 1er septembre 2026, 65% des parents jugent le privé meilleur que le public, et 56% des parents d'élèves du public inscriraient leur enfant dans le privé s'ils en avaient les moyens. Cette attractivité s'explique en partie par le niveau des écoles publiques qui semble décliner un peu plus chaque année, comme l'a montré l'enquête Pisa révélée lundi 7 septembre.

Elle est d'autant plus étonnante que les obstacles se multiplient. Les établissements hors contrat se heurtent régulièrement aussi bien à des difficultés administratives qu'à une forme de pression politique. Les collégiens hors contrat se voient ainsi exclus du futur concours général des collèges — au mépris d'un engagement initial du ministre Édouard Geffray lui-même, promptement contredit par la direction générale de l'enseignement scolaire (DGESCO). Une discrimination similaire a été mise au jour cet été au Prytanée National Militaire, où un rapport de jury excluait par principe les candidats issus d'établissements hors contrat des classes préparatoires militaires. Le ministère des Armées a par la suite indiqué à Aleteia avoir diffusé début septembre une directive aux directeurs des ressources humaines des trois armées, rappelant que les seuls critères de sélection applicables en CPGE doivent tenir aux mérites des candidats.

Le Grand Orient de France, par la voix de son Grand Maître Guillaume Trichard, a quant à lui ouvert son nouveau mandat en réclamant publiquement la fin des écoles privées hors contrat. "J’estime que les écoles privées hors contrat n’ont pas leur place dans la République. Parce que hors contrat, ça signifie qu’il n’y a pas de contrat avec la République indivisible, laïque, démocratique et sociale, ce qui peut laisser place à de nombreuses dérives", a-t-il assuré auprès du Figaro.

Malgré tout, le secteur résiste et innove. La part des structures créées sous forme de société commerciale monte à 44%, signe d'une professionnalisation croissante. Pour Anne Coffinier, présidente de Créer son école, le message est clair : "Ces écoles incarnent une France qui construit des solutions sans attendre l'approbation de l'État." Dans un paysage éducatif sous tension, le hors contrat n'a visiblement pas dit son dernier mot.