Ce jeudi 10 septembre se tenait la conférence de rentrée de l’Enseignement catholique dédiée aux filières professionnelles. Pour Guillaume Prévost, secrétaire général, "c’est dans l’enseignement professionnel que réside un des grands enjeux de transformation de notre système éducatif".
Le lieu de la conférence de presse de rentrée de l’Enseignement catholique était pour le moins inhabituel. Elle s’est déroulée au lycée professionnel Robert Schuman, à Dugny (Seine-Saint-Denis), établissement spécialisé dans la maintenance, la conception et l’usinage, et l’informatique. Un choix significatif. Guillaume Prévost, secrétaire général de l’Enseignement catholique, a valorisé avec conviction les filières professionnelles, y voyant un enjeu crucial pour l’école et la société de demain. "Au moment d’entrer dans la campagne présidentielle, il ne faudrait pas qu’on ignore la fécondité des voies professionnelles et tout ce qu’elles peuvent apporter au système éducatif français", a-t-il affirmé.
Aujourd’hui, plus de 230.000 élèves sont scolarisés dans une voie professionnelle de l'Enseignement catholique. L’enseignement professionnel représente 40% des effectifs post-troisième, et ceux-ci sont en constante augmentation. Alors qu'en 5 ans, les effectifs globaux de l'Enseignement catholique ont chuté de 2%, les effectifs de la voie professionnelle ont augmenté de 2% sur la même période (2020-2025), grâce notamment au boom de l'apprentissage (+250% depuis 2018).
Une offre diversifiée
"Voie professionnelle ne veut pas dire voie courte", a martelé Guillaume Prévost, démontant les clichés collés à l’enseignement professionnel et soulignant combien l’offre s’est diversifiée. Grâce au système de passerelles entre les formations, de plus en plus de jeunes vont chercher des diplômes Bac+3 ou +5. "Les parcours d’études se sont complexifiés. Il faut sortir d’une culture du diplôme et entrer dans une culture du parcours", a exhorté le secrétaire général.
Guillaume Prévost a également défini l’enseignement professionnel comme étant une école du réel et de la relation. Et c’est dans cette perspective que l’anthropologie chrétienne peut offrir une orientation qui soit bonne et utile pour tous. "L’enseignement professionnel permet de vivre le projet éducatif chrétien en actes". Avec les filières professionnelles, nous passons "d’une pédagogie de l’amphi, de la raison, à une pédagogie de l’atelier, de la personne. C’est très en lien avec le projet éducatif chrétien qui s’adresse à la personne dans toutes ses dimensions", souligne-t-il.
Le pro, le "fer de lance du renouveau éducatif" ?
Pour Guillaume Prévost, la voie professionnelle doit changer d’échelle. Il plaide pour des objectifs ambitieux : 80 % d’une génération dans les filières professionnelles et 5 millions d’apprentis. Car il en est convaincu, "l’enseignement professionnel est le fer de lance du renouveau éducatif dans notre pays". "C’est par l’enseignement professionnel que nous allons relever le défi éducatif, parce qu’il sait réconcilier le cœur, la main et la tête. C’est ce que les jeunes attendent de nous, c’est ce dont les chefs d’entreprise ont besoin, c’est répondre aux préoccupations des familles."
Comment promouvoir les filières professionnelles ? Pour l’Enseignement catholique, cela devrait commencer dès le collège. "Nous avons déjà mis en œuvre le dispositif "découvre ton potentiel" au collège pour promouvoir la découverte des métiers manuels, et nous souhaitons déployer partout ces dispositifs, en passant de 30 à 300 dispositifs", précise Guillaume Prévost. Des activités manuelles en atelier qui se déroulent sur les temps périscolaire en lien avec le monde associatif.












