Alors qu’une nouvelle année commence, comment pouvons-nous accueillir la nouveauté qui se présente dans nos vies dans l’équanimité et la confiance ? Écoutons la sagesse des anciens et des jeunes enfants, conseille notre chroniqueuse Alexandra Maclennan.
Cet été, que vous soyez parti ou resté près de votre base à vivre à un autre rythme, avez-vous compris des choses nouvelles ? Avez-vous été surpris ou touché par des paroles s’élevant hors des lieux habituels ? Sous le poids des soucis du monde qui s’empilent et la fatigue d’arbitrages toujours nouveaux à faire dans la conduite de sa vie personnelle, familiale, professionnelle, ecclésiale, il est tentant de vouloir se raccrocher à ce qui est familier et rassurant. Quand tout devient plus compliqué, quand les ressources humaines diminuent au travail comme dans l’Église, quand notre vie ecclésiale doit se réduire parce que la pastorale du quadrillage ne fonctionne plus, comment pouvons-nous accueillir le changement dans l’équanimité et la confiance ?
La reine équanime
L’Évangile du 22e dimanche nous a montré Pierre s’accrochant au familier, à ses propres vues… et se faire reprendre par Jésus de la manière la plus dure qui soit à entendre : "Passe derrière moi, Satan ! Tu es une occasion de chute" (Mt 16, 23). Ou comment les présomptions humaines, certitudes raides émanant de nos schémas mentaux familiers, peuvent être des obstacles à l’action de Dieu dans notre présent.
Une personnalité culturelle britannique très aimée, Gyles Brandreth, célèbre pour sa présence éloquente et cultivée à la BBC ainsi que pour son "Rosebud Podcast" où il s’entretient en longueur avec des célébrités des arts ou de la politique sur leurs influences formatrices, a écrit une biographie de la reine Elisabeth II où il fait une remarque faisant dresser l’oreille catholique : la reine, écrit-il, "était comme un moine". Elle tirait son équanimité de son acceptation du présent.
Apprendre du présent
Si nous avons la chance d’avoir autour de nous des nonagénaires en pleine forme, ils nous montrent cette voie aussi, nous rassurant par la longue histoire, nous donnant une leçon d’acceptation — non pas résignée mais sereine et souriante — de ce que le présent placera devant nous tout au long de cette nouvelle année de travail qui s’ouvre, avec son lot d’adaptation à la nouveauté, de défis qui nous font progresser, d’irritations et de satisfactions. Qu’il est bienfaisant de rencontrer des nonagénaires disant goûter le plaisir de la conversation, pour continuer d’apprendre du présent et affiner leurs perceptions !
Elle a quatre-vingts ans de moins, elle s’appelle Marie, et elle donne aussi une magnifique leçon d’adaptation à la nouveauté au moment d’entrer au collège, laissant derrière la porte ses parents et ses camarades de l’école primaire qui ont peuplé son quotidien pendant huit ans… Il faut un grand élan de confiance pour immédiatement embrasser ce nouveau monde, s’y relationner et s’habituer tout de suite à de tout nouveaux fonctionnements. Et trouver que, en dépit de quelques inconvénients, c’est "trop bien".
Secouer les crispations du passé
Les deux âges se rejoignent finalement en nous encourageant à secouer les peurs et crispations du passé, et à construire sur le bien qui se fait autour de nous et qu’il nous faut reconnaître afin de ne pas lui faire obstacle. Comme des serre-livres entourant nos vies laborieuses et soucieuses, que ces deux sources de sagesse nous fassent franchir avec sérénité et confiance les nouveaux seuils de nos rentrées.












