À Lyon, le 8 septembre rime avec le Vœu des échevins. Et pour cette 383e édition, c’est une grande figure lyonnaise qui a remis l’écu d’or à l'archevêque : Alain Mérieux, fondateur de BioMérieux et chrétien engagé et investi.
Le 8 septembre est toujours une date importante dans le cœur des Lyonnais. En ce jour de Nativité de la Vierge, les Lyonnais se souviennent du vœu qu’ils firent à Notre-Dame en 1643 pour la remercier d’avoir protégé leur ville de la peste. Et c’est aujourd’hui la 383e fois qu’ils le font, toujours fidèles, au cœur de la basilique de Fourvière.
Pendant la messe présidée par l'archevêque Mgr Olivier de Germay, l’industriel Alain Mérieux lui a remis l’écu d’or de la ville. Depuis l’élection du maire écologiste Grégory Doucet en 2020, ce n’est plus le maire de la ville qui remet cet écu d’or – il refuse pour cause de laïcité - mais une personnalité lyonnaise connue et reconnue. Alain Mérieux, 88 ans, fondateur de BioMérieux, leader mondial en microbiologie clinique et industrielle et président du conseil d'administration de l'Institut Mérieux est un grand mécène historique de cette ville qu’il n’a jamais quitté.
Un attachement profond à la ville et à l’Église
Incroyable parcours de cet homme, figure emblématique de la ville, entrepreneur, scientifique et homme d’engagement, qui a consacré sa vie à faire progresser la santé publique dans le monde, tout en plaçant la solidarité au cœur de son action. Malgré une carrière tournée vers l'international, il n’a jamais quitté sa ville natale ni manqué sa messe dominicale à Notre-Dame de Fourvière. “J'ai un attachement profond à ma ville et un attachement profond à l'Église”, a ainsi déclaré l'octogénaire en acceptant de représenter les Lyonnais en ce 8 septembre. Difficile d'énumérer tous les projets soutenus et financés par ce digne héritier du catholicisme social lyonnais du XIXe siècle, notamment pour les plus démunis, les chrétiens d’Irak ou encore le patrimoine local. Mais son dernier projet en date, l'Entreprise des possibles, lancé en 2019, invite les entreprises à soutenir des projets d’hébergement, de logement et de réinsertion en faveur des personnes sans-abri ou en grande précarité. “Dans un monde fragmenté, nous avons besoin de ce repère [le Vœu des échevins] qui nous rappelle l’essentiel : prendre soin des plus fragiles, agir ensemble et pour le bien commun”, a ajouté Alain Mérieux.
Cire blanche et écu d'or
Le renouvellement du Vœu des Échevins est un événement lyonnais unique au monde. Au XVIIe siècle, la peste sévit à Lyon. Devant ce fléau, le 8 septembre 1643, fête de la Nativité de la Vierge, le prévôt des marchands (équivalent du maire) et ses quatre échevins (adjoints), accompagnés d’une foule de Lyonnais, se rendent en procession à Fourvière. C’est dans la chapelle de la Vierge qu’ils font le vœu de monter chaque année pour assister à la messe, offrir sept livres de cire blanche et un écu d’or, et ce, si Lyon est épargnée. Peu après, le mal recule et leur vœu est exaucé. Depuis cette date, le maire de Lyon et les élus montent à Fourvière perpétuer cet engagement et l’archevêque, depuis la basilique, bénit la ville avec le Saint Sacrement. Trois coups de canon annoncent cette bénédiction.












