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Léon XIV en France : derrière la ferveur, une organisation XXL

4 min de lecture
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Crédit : Jean-Christophe VERHAEGEN / AFP

Entrée de la cathédrale Saint-Étienne de Metz.

1,5 million de personnes attendues dans les rues de Paris, 80.000 jeunes au Stade de France, jusqu’à 150.000 pèlerins à Lourdes : la visite de Léon XIV en France s’annonce comme un défi logistique hors norme pour les organisateurs. À moins de trois semaines du voyage, l’Église peaufine encore le dispositif pour accueillir ces foules, tout en tâchant de conserver le caractère intime qui doit donner son sens à cette visite.

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À moins de trois semaines de la visite apostolique de Léon XIV en France, du 25 au 28 septembre, les organisateurs ont détaillé, mardi 8 septembre au siège de la Conférence des évêques de France (CEF), les grandes étapes d’un voyage qui devrait attirer des foules considérables aussi bien à Paris qu'à Lourdes et Metz.

Les évêques ont tous témoigné d'une véritable effervescence autour d'eux alors que la rencontre approche. Cet enthousiasme semble partagé par le Pape lui-même, puisque l’archevêque de Marseille a confié que Léon XIV apprenait le français afin de pouvoir s’exprimer avec davantage de fluidité. Léon XIV porte un intérêt particulier à la situation française, notamment au rebond des demandes de baptême. "La France intrigue, à Rome", a expliqué le cardinal, qui voit dans ce voyage l’occasion d’adresser un message à l’Église universelle.

Une défi logistique hors norme

Le budget estimé pour l'ensemble du voyage a été établi à 27 millions d'euros, qui seront majoritairement collectés via les dons et le mécénat. Surtout, la venue du Pape en France représente un véritable défi logistique et organisationnel.

À Paris, le Pape traversera la ville en papamobile le vendredi 25 septembre, sur environ 2,5 kilomètres, avant de rejoindre Notre-Dame. Les cloches des églises parisiennes sonneront pendant toute la déambulation ainsi qu'à l'arrivée du Pape à Orly. Le lendemain, il rencontrera des personnes en situation de précarité et d’exil à la maison Bakhita, puis des catéchumènes et des néophytes à l’Institut catholique.

La messe du 26 septembre, à la Concorde et sur les Champs-Élysées, constituera le point d'orgue de cette rencontre. Près de 500.000 personnes sont déjà inscrites et 8.000 nouvelles inscriptions sont enregistrées chaque jour, a ainsi détaillé le général Wattecamps chargé de la préparation de la venue du Pape à Paris. L'inscription n'étant pas obligatoire pour assister à la messe, de nombreuses autres personnes sont attendues. Le général Wattecamps a ainsi exprimé sa certitude que "nous serons entre 500.000 et 600.000". Face à cette affluence, les organisateurs envisagent même d’étendre le périmètre au-delà de l’Arc de Triomphe, notamment du côté de l'Avenue de la Grande Armée. La décision doit être prise cette semaine.

Sur les deux jours de présence du pape dans la capitale, 1,5 million de personnes sont attendues dans les rues. Pour les organisateurs, le principal défi est de permettre à chacun de réellement "voir le Pape", et pas seulement sur des écrans. "Pour nous, il est essentiel de rendre cette rencontre véritablement intime, pour que tous ceux qui se déplacent puissent apercevoir, approcher le Pape", explique encore le général Wattecamps.

Temps de communion

À Lourdes, jusqu’à 130.000 personnes sont attendues le samedi soir et 150.000 le dimanche matin. Mgr Micas a salué ce voyage au sein de cette ville mariale, où se sont rendus avant Léon XIV aussi bien Jean Paul II que Benoît XVI. Dernière étape de ce voyage : Metz, le 28 septembre. Celle-ci se déroulera autour des thèmes de la paix en Europe et de l’héritage de Robert Schuman. La messe à la cathédrale devrait rassembler 12.000 personnes, à l’intérieur et sur le parvis, tandis que des grands écrans seront installés dans toute la ville pour écouter le discours prononcé au Centre des Congrès Robert Schuman. Une déambulation est là aussi prévue sur deux kilomètres; avec des espaces dédiés aux familles et aux enfants gravement malades, de sorte à ce que le Pape puisse s'arrêter.

Les évêques ont fait part de leur volonté de faire de cette visite un temps de communion, d’espérance et d’écoute. Pour le cardinal Jean-Marc Aveline, président de la CEF, cette venue doit ainsi d’abord être vécue "comme un cadeau". Il a appelé les catholiques à se préparer "à l’écouter", estimant que la parole de Léon XIV devra être reçue comme "une feuille de route" pour l’Église en France. La visite, a-t-il ajouté, doit être regardée avec le cœur : "sa véritable fécondité spirituelle ne se mesurera sans doute que bien longtemps après".