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Avortement : l’inquiétante feuille de route du ministère de la Santé

4 min de lecture
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Crédit : Ludovic MARIN / AFP

Stéphanie Rist ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées.

Après plusieurs mois d’attente, le ministère français de la Santé a dévoilé le 7 septembre sa feuille de route nationale de santé sexuelle, prévoyant vingt-deux actions concrètes pour les quatre prochaines années dont le renforcement de l'éducation sexuelle et l’accès facilité à l’avorement.

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Le ministère de la santé a diffusé ce lundi 7 septembre sa troisième feuille de route pour la stratégie nationale de la santé sexuelle. Elle repose sur une ambition claire : garantir à tous l’accès à la prévention et aux soins tout au long de la vie. Ce programme s’inscrit dans la continuité des mesures mises en place en 2017 : déploiement d’un premier programme d’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle, renforcement de l’accès à l’interruption volontaire de grossesse (IVG), désormais inscrit dans la Constitution et amélioration de l’accès au dépistage et aux consultations de santé pour les jeunes de moins de 26 ans.

Contraception, IVG et clause de conscience

Le texte vise ainsi à faciliter les parcours en matière de contraception et d’IVG, qui seraient confrontés à des difficultés "insuffisamment documentées mais régulièrement signalées". Parmi les mesures envisagées figurent l’élargissement de l’accès à la contraception d’urgence et le développement de “l’offre” d’IVG instrumentale. Mais il prévoit aussi la saisie du comité d’éthique en 2027-2028 afin de “réinterroger les délais légaux de recours à l’IVG et la clause de conscience spécifique” accordée aux médecins et sages femmes, à la suite de la constitutionnalisation de la liberté de recourir à l’IVG.

Afin de mieux identifier "l'offre de santé disponible à proximité", le ministère envisage le développement de centres de santé et de dispositifs de médiation en santé sexuelle. Toutefois, les inégalités sociales et territoriales, les évolutions des pratiques, les transformations liées au numérique et l’émergence de nouveaux phénomènes continuent de freiner ces évolutions.

Pour mémoire, la France a enregistré en 2024 un triste record absolu d’IVG, avec 251.270 interruptions de grossesse, soit une hausse continue pour la troisième année consécutive. ceci étant, "une étude a révélé en 2020 que ce sont les femmes aux revenus les plus faibles qui ont davantage recours à l’avortement que les femmes aisées. Aujourd’hui l’avortement est devenu un marqueur d’inégalité sociale", notait l'association Alliance Vita en 2025 rappelant que "l’avortement reste une épreuve qui marque profondément les femmes". Selon un selon un sondage Ifop réalise pour Alliance Vita en janvier 2025, 91 % des Françaises estiment qu’il laisse des traces psychologiques difficiles à vivre. "Pour que l’avortement ne soit pas une fatalité, il est urgent de développer une véritable politique de prévention et de proposer aux femmes un accompagnement digne", appelle encore l'Alliance Vita.

Un paysage européen contrasté

Ces "difficultés territoriales" s’inscrivent plus largement dans un contexte européen hétérogène. L’absence de compétences de l’Union européenne en matière de santé, crée en effet d’importants écarts dans l’accès aux soins et à l'éducation sexuelle entre les États membres. 

La Pologne, pionnière dans la libéralisation de l’avortement au XXème siècle, est aujourd’hui devenue l’un des pays les plus restrictifs en la matière. En 2021, l’accès à l’IVG y a été encore durci par la suppression du motif de malformation fœtal, et le maintenant en cas de viol, d’inceste ou de danger pour la vie ou la santé de la mère. 

À l’inverse, l’Allemagne a mis en place des cours d’éducation sexuelle obligatoires, allant jusqu’à sanctionner les parents qui empêcheraient leurs enfants d’y assister. La Belgique a rendu ces enseignements obligatoires dès le primaire, un modèle dont s’est en partie inspiré le dispositif français EVARS (Éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle).