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Un nouveau reliquaire pour la Sainte Tunique : le défi de Gabriel Hostachy

Gabriel Hostachy, 39 ans, ébéniste à Paris, a été sollicité pour fabriquer le reliquaire qui abritera la Sainte Tunique lors de la veillée des jeunes avec le pape Léon XIV au Stade de France le 25 septembre. Un défi de taille.

4 min de lecture

Source: Lorraine Poux-Mas

Gabriel Hostachy

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Cet événement inédit appelait une œuvre à sa mesure. La Sainte Tunique du Christ, conservée à Argenteuil depuis plus de 1.200 ans, quittera le Val-d’Oise pour être présentée au pape Léon XIV et exposée à la vénération des 80.000 jeunes réunis au Stade de France le vendredi 25 septembre au soir. Mais le grand reliquaire de la basilique d’Argenteuil ne pouvant être déplacé, un nouvel écrin digne d’abriter la précieuse relique est conçu pour l'occasion, en harmonie avec le mobilier de la veillée et adapté aux exigences liées à la conservation de la relique. La tâche a été confiée début août à Gabriel Hostachy, 39 ans, ébéniste à Paris, dans le 19e.

Conscient de l’ampleur du travail qui l’attendait, il n’a cependant pas hésité à dire oui le jour où Jean-Baptiste Darantière, metteur en scène chargé de la scénographie de la veillée des jeunes, l’a appelé en lui demandant de fabriquer le reliquaire qui abritera la Sainte Tunique. "C’était le 8 août, jour de la saint Dominique, je m’en souviens très bien", confie Gabriel Hostachy, "et je dois le livrer le 25 septembre ! À peine deux mois, c’est très court comme délai ! Mais je ne pouvais pas refuser une telle proposition !"

Quatre mètres de haut

Depuis, Gabriel Hostachy, catholique pratiquant, travaille d’arrache-pied pour livrer le reliquaire dans les temps. Néanmoins, il ne cache pas son appréhension : "Comment réaliser quelque chose de beau dans un délai si court ? Le Christ ayant lui-même travaillé le bois, il sera un juge sévère !", ironise-t-il.

Gabriel Hostachy

À quoi ressemblera le reliquaire ? L’ébéniste est évidemment tenu au secret. Mais ce qui est certain, c’est qu’il veut en faire un bel objet, tout en visant "la simplicité et l’élégance". À l’instar des dernières ostensions, le reliquaire présentera la Sainte Tunique déployée et tendue à la verticale. Il mesurera près de quatre mètres de haut.

Carte blanche

L’ébéniste a eu "carte blanche" pour le dessin, mais il échange régulièrement avec le père Philippe Néouze, coordinateur de la veillée au Stade de France, notamment sur la dimension sacrée de l’objet : "C’est lui le théologien, je lui ai donc dit qu’il aurait sans doute à revoir ma copie, notamment pour l’ornementation".

Habituellement conservée dans la basilique d’Argenteuil, et visible en partie seulement à travers un petit oculus, la Sainte Tunique est très rarement exposée aux fidèles – généralement tous les 50 ans – et elle n’a presque jamais quitté Argenteuil, hormis quelques rares occasions. Sa présence au Stade de France s’inscrit dans le thème de la veillée qui s’articule autour des grands saints français et répond à la volonté des organisateurs de ramener le regard des jeunes vers le Christ. "Il nous a semblé important d’aider à se recentrer sur Celui vers qui les saints nous conduisent : le Christ", a expliqué au Figaro le père Philippe Néouze. "En effet, quoi de plus évocateur que cette relique, tachée du sang du Christ, pour représenter la sainteté incarnée ?", expliquait récemment à Aleteia l’abbé Guy-Emmanuel Cariot, ancien recteur de la basilique d’Argenteuil.