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À Moustiers-Sainte-Marie, Marie veille au creux des rochers

4 min de lecture
Moustiers-Sainte-Marie

Crédit : Shutterstock I Mike Workman

Village de Moustiers-Sainte-Marie.

Au cœur du parc naturel du Verdon, le beau village de Moustiers-Sainte-Marie semble blotti contre un rocher protecteur. Le dominent une mystérieuse étoile d’or et une chapelle dédiée à la Nativité de la Vierge, fêtée le 8 septembre. Marie, en effet, semble bien être la véritable étoile de cette cité provençale. Découverte.

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"Regarde l’étoile", dit la prière de saint Bernard, dans les tentations et la peine, le docteur de l’Église se confie à Marie, souvent surnommée "l’étoile de la mer" (stella maris). À Moustiers-Sainte-Marie (Alpes-de-Haute-Provence), on pourrait dire que tout le monde a le regard tourné vers la mère de Dieu, dans la joie comme dans l’épreuve. Comment, en effet, ne pas être attiré par cette étoile dorée suspendue entre deux falaises qui dominent le plateau de Valensole et le lac de Sainte-Croix, et semblent protéger l’un des plus beaux villages de France ?

Personne ne sait vraiment d’où elle vient, mais elle est devenue le symbole, et même le logo, de la cité, comme la petite chapelle qu’elle surplombe, Notre-Dame du Beauvoir, nichée entre les rochers et qui domine, elle aussi, le bourg. Un sanctuaire dédié à la Nativité de la Vierge, célébrée dans l’Église le 8 septembre, fête patronale de Moustiers. Après quelques festivités, déjà, les jours précédents, et avant le traditionnel aïoli, la journée commence par Marie. Dès 4h30 du matin, la procession conduit pèlerins et curieux des rues du village à la chapelle où, dit-on, comme dans d’autres sanctuaires de la région, l’intercession de Marie "suscitaient" les enfants : morts nés, certains nourrissons revivaient le temps d’être baptisés pour monter au Ciel.

Un édifice du XIIe siècle

Pour atteindre la chapelle, plus de deux cents marches bordées d’un chemin de croix, ajouté au XIXe siècle. Après la traditionnelle messe de l’Aurore, on redescend, heureux de l’effort, rassasié par le Pain de vie, émerveillé par le lever de soleil sur les champs de lavande, pressé d’aller partager un petit-déjeuner sur la place de l’église paroissiale Notre-Dame de l’Assomption. Encore la mère du Sauveur.

Chapelle Notre-Dame de Beauvoir
Chapelle Notre-Dame de Beauvoir à Moustiers-Sainte-Marie.

Construit au XIIe siècle – certains estiment qu’elle prend alors la place d’un sanctuaire du Ve, début de la généralisation dans l’Église de la dévotion à Marie – l’édifice du Beauvoir fut agrandi au XVIe siècle, mêlant ainsi les styles roman et gothique. La date de 1536, gravée sur l’arc triomphale, évoque les travaux d’embellissement. Une Vierge à l’enfant, insérée dans un retable de bois doré de style baroque domine l’autel. Deux étoiles l’entourent.

Marie, protectrice de Moustiers

Le symbole de Moustiers, n’est pas loin. Accrochée à une chaîne de 135 m de long, lourde de 150 kg, l’étoile qui veille sur le village fut raccrochée pour la dernière fois en 1995, après une chute. On dit que c’est la onzième depuis le XIIe siècle. Selon le récit de Frédéric Mistral, célèbre défenseur de l’identité provençale, l’étoile est en fait un ex-voto. Revenu sain et sauf de la croisade, le chevalier de Blacas offre ce témoignage de la protection de Notre-Dame à la vue d’un grand nombre. Il en avait fait la promesse alors qu’il était encore détenu par les Sarrasins, et fut libéré parce que sa foi, qu’il ne voulait pas abandonner, impressionna ses gardiens.

D’autres explications concurrencent celle-ci, bien sûr, comme souvent quand le merveilleux se mêle à la foi et la légende à l’histoire, même si une plaque de marbre paraît approuver cette version. Mais derrière le folklore, il semble bien que la mère de Dieu, honorée par deux églises et par cette étoile, soit une habitante du village, souvent comparé à une crèche parce qu’il est blotti au creux du rocher. Au moins l’est-elle du cœur des Moustiérains.