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Quel type d’intelligence possède votre enfant ?

6 min de lecture
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Crédit : tomeqs | tomeqs

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Dans les années 1980, le psychologue américain Howard Gardner a développé la théorie des intelligences multiples. Selon lui, il existerait huit formes d’intelligence que chaque personne développerait différemment selon son histoire, son environnement et ses expériences.

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Huit formes d'intelligence. Une distinction élaborée par le psychologue américain Howard Gardner dans les années 1980, qui peut s’avérer précieuse pour des parents. Cette théorie invite à regarder autrement son enfant, à découvrir ce qui le fait grandir et à valoriser des talents parfois peu reconnus. Pour mieux comprendre ce qu’elle peut nous apporter, Aleteia a interrogé la psychologue Agnès Molliné, thérapeute en Bretagne.

Les huit formes d’intelligence

Si l’école valorise principalement les intelligences verbale-linguistique et logico-mathématique, Gardner rappelle que toutes les formes d’intelligence ont la même valeur. Chaque enfant possède généralement une combinaison unique de plusieurs d’entre elles.

L’intelligence verbale-linguistique est la capacité à comprendre et utiliser les mots avec aisance. On la reconnaît chez l'enfant qui trouve facilement les mots pour exprimer ses idées, multiplie les questions et se passionne pour les histoires, les livres ou les jeux de langage.

L’intelligence logico-mathématique correspond à l’aptitude à raisonner, analyser et résoudre des problèmes. L’enfant cherche alors à comprendre le fonctionnement des choses, apprécie les énigmes et les mathématiques.

L’intelligence visuo-spatiale permet de percevoir et d’organiser mentalement les formes et les images. Elle se manifeste par un goût pour le dessin, les constructions, les puzzles ou les activités créatives.

L’intelligence kinesthésique repose sur l’utilisation du corps pour apprendre et agir. Son corps participe pleinement à sa réflexion : manipuler, construire ou se déplacer l'aide à mémoriser et à comprendre.

L’intelligence musicale est la capacité à percevoir et reproduire les rythmes, les sons et les mélodies. Les rythmes et les mélodies captent rapidement son attention. Il mémorise facilement les airs et perçoit des nuances sonores qui échappent parfois aux autres.

L’intelligence interpersonnelle désigne l’aptitude à comprendre les autres et à entrer en relation avec eux.  À l'aise dans les relations, il repère facilement les émotions des autres et trouve naturellement sa place dans un groupe.

L’intelligence intrapersonnelle est la capacité à se connaître soi-même. Cela se manifeste par une vie intérieure riche. Les temps de calme lui permettent de mieux comprendre ses émotions et de développer une connaissance de lui-même précieuse pour grandir.

L’intelligence naturaliste correspond à une sensibilité au monde vivant. Son regard est spontanément attiré par le monde vivant. Il remarque les détails de la nature, observe les animaux avec attention et pose de nombreuses questions sur son environnement.

Un outil pour aider l’enfant à trouver sa place

Pour Agnès Molliné, l’intérêt principal de cette théorie est d’aider l’enfant ou l’adolescent à découvrir sa place dans le monde. "Un enfant cherche naturellement quelle est sa place dans sa famille, dans son groupe d'amis, puis dans la société", explique-t-elle. "Il est important de repérer ce qui l’anime, ce qui l’éveille spontanément, ce qui lui donne de la joie et de l’élan."

La psychologue rappelle que l’intelligence est avant tout "la capacité à s’adapter au monde". Identifier les forces d’un enfant peut permettre d’adapter certaines méthodes d’apprentissage, mais aussi de développer sa confiance en lui.

Clémence, enseignante en primaire, utilise ainsi les intelligences multiples en classe depuis plusieurs années. "Certains parents faisaient copier les mots de dictée dix fois sans résultat. En découvrant le profil de leur enfant, ils ont changé de méthode : l’un a appris ses mots en chanson, un autre avec des étiquettes à manipuler."

Elle observe notamment que les enfants ayant une forte intelligence kinesthésique apprennent souvent mieux lorsqu’ils peuvent bouger ou manipuler. "Savoir cela me permet d’utiliser de la pâte à modeler ou de la semoule pour les aider à écrire correctement ou à apprendre des choses."

Même constat chez Magali, mère de famille. Après avoir suivi une formation sur les intelligences multiples, elle a pu poser un regard nouveau sur ses enfants. "Mon fils est HPI, et très en avance scolairement. Sa sœur se sentait médiocre à côté. Je lui ai expliqué qu’elle était tout aussi intelligente, et qu’elle avait plutôt une intelligence kinesthésique. Cela nous a beaucoup aidés."

Une ressource précieuse à l’adolescence

Cette approche peut être particulièrement bénéfique à l’adolescence, période où les questions d’identité deviennent centrales. Pour Agnès Molliné, les adolescents ont besoin d’entendre un message simple : "Chacun a une place qui l’attend quelque part. Notre société a besoin des talents de chacun."

Reconnaître ses forces ne permet pas seulement de mieux apprendre ; cela aide aussi à envisager l’avenir avec davantage de confiance et à découvrir comment mettre ses dons au service des autres.

Le scoutisme, terrain privilégié des intelligences multiples

Le scoutisme offre un cadre particulièrement favorable au développement de ces différentes formes d’intelligence. Les activités de plein air stimulent l’intelligence naturaliste, les veillées développent les intelligences musicale et linguistique, les jeux d’équipe favorisent l’intelligence interpersonnelle, tandis que les activités manuelles et sportives mobilisent l’intelligence kinesthésique.

À travers les badges, les responsabilités confiées aux jeunes et la diversité des expériences proposées, chaque enfant peut découvrir des talents qu’il ignorait parfois lui-même.

Ne pas enfermer l’enfant dans une étiquette

Si la théorie de Gardner constitue un outil précieux, elle possède aussi ses limites. Le système scolaire actuel continue de valoriser principalement l’intelligence verbale-linguistique et l’intelligence logico-mathématique, ce qui peut conduire des enfants à sous-estimer leurs autres talents. Mais l'inverse serait tout aussi dommageable : réduire un enfant à un seul profil, le priverait d’explorer d’autres domaines de compétences. 

Comme le rappelle Agnès Molliné, il n’existe ni fatalité ni prédestination. Les intelligences évoluent, se développent et se complètent tout au long de la vie. L’essentiel n’est donc pas de classer son enfant dans une catégorie, mais de mieux comprendre sa manière unique d’apprendre et de grandir. Derrière chaque enfant se cache un potentiel singulier qui ne demande qu’à éclore. Le rôle des parents est alors moins de comparer que d’accompagner, avec confiance et bienveillance, le chemin qui lui est propre.