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Monroe : “Mon devoir de vacances avant de chanter devant le Pape est de lire Magnifica Humanitas !”

10 min de lecture
La chanteuse Monroe a été choisie pour représenter la France à l'Eurovision 2026.

Crédit : Monroe

La chanteuse Monroe va chanter devant le pape Léon XIV au Stade de France le 25 septembre.

Elle chantera devant Léon XIV au Stade de France le 25 septembre prochain. Mais avant ce rendez-vous qu’elle décrit comme un "grand rêve", Monroe partira en tournée dans plusieurs églises et cathédrales de France, à partir du 17 septembre. À la croisée de la musique sacrée et de la pop, la chanteuse de 17 ans confie en exclusivité à Aleteia son enthousiasme à l’approche de ces deux temps forts. Entretien.

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Elle en rêvait. Le 25 septembre prochain, Monroe chantera devant le pape Léon XIV au Stade de France, au milieu de 80.000 jeunes. Révélée par l’émission Prodiges, la chanteuse franco-américaine de 17 ans interprétera l’Ave Maria de Caccini et Regarde, le titre qu’elle avait chanté à l’Eurovision. Un moment particulier pour cette artiste qui place sa foi au cœur de son parcours musical. Mais avant cela, Monroe débutera le 17 septembre une tournée dans plusieurs églises et cathédrales de France. Une manière de revenir aux sources pour celle qui a commencé à chanter à l’âge de 7 ans et demi dans l’église de son enfance (l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, NDLR), à Salt Lake City, aux États-Unis. "C’est là que j’ai vraiment découvert le pouvoir de la musique et la manière dont elle peut toucher les gens", confie-t-elle à Aleteia. Entretien.

Aleteia : Vous allez commencer votre tournée le 17 septembre, dans plusieurs églises et cathédrales de France, où vous interpréterez des chants sacrés. Quel est votre rapport à ce style musical ?
Monroe :
J’ai commencé à chanter quand j’étais toute petite, à 7 ans et demi, dans l’église de mon enfance à Salt Lake City aux États-Unis, et c’est là que j’ai été inspirée par la musique. C’est aussi ce qui m’a donné envie de poursuivre la musique comme carrière et de devenir artiste. Après mon passage dans l’émission Prodiges, j’ai rencontré David Hardit, le producteur de ma tournée. Il m’a proposé de faire une tournée dans les églises et les cathédrales partout en France, accompagnée par plusieurs maîtrises. Pour moi, c’était une suite logique : puisque j’ai commencé à l’église, j’avais l’impression de boucler la boucle. Je suis donc très heureuse de pouvoir le faire.

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"C’est ce qui est tellement passionnant avec la musique : elle permet de créer des liens avec les gens, mais aussi avec Dieu."

Pourquoi était-il important pour vous de chanter spécifiquement dans des églises et des cathédrales ?
Pour moi, les églises sont importantes parce que c’est là que j’ai commencé. C’est aussi là que j’ai vraiment découvert le pouvoir de la musique et la manière dont elle peut toucher les gens. En interprétant ces chants sacrés, j’ai vu qu’ils peuvent résonner avec les personnes présentes d’une manière très personnelle. Les cathédrales et les églises possèdent également une acoustique extraordinaire. Elles permettent des envolées très particulières. Même en studio, lorsque nous enregistrons, nous essayons parfois de reproduire le son que l’on peut obtenir dans une cathédrale, si beau et unique.

Vous allez notamment chanter avec les Pueri Cantores et la maîtrise des demoiselles de la Légion d’honneur. Comment ces collaborations se sont-elles mises en place ?
Je suis tellement reconnaissante de pouvoir chanter avec toutes ces maîtrises. Elles sont incroyables, et c’est très inspirant de voir des jeunes qui sont eux aussi passionnés par la musique. Les demoiselles de la Légion d’honneur sont une formation très prestigieuse en France, et les Pueri Cantores sont également très connus partout dans le pays. Nous nous sommes rencontrés grâce à mon producteur, qui connaît différentes maîtrises et qui a beaucoup travaillé avec elles. Il a permis de créer cette connexion entre nous. J’ai d’ailleurs déjà pu rencontrer quelques maîtrises : nous avons chanté ensemble et fait connaissance.

MONROE-CHANTEUSE-AFP
La soprano Monroe chantera devant le Pape lors de la veillée des jeunes au stade de France le 25 septembre 2026.

Le programme de votre tournée comporte notamment trois Ave Maria, comme pour rendre un hommage à Marie : quel est votre rapport à la Vierge Marie ?
Quand je pense à Marie, je me dis qu’elle devait être une personne incroyable pour avoir été choisie pour jouer un rôle aussi important, celui de la Mère du Sauveur. Les mères sont tellement essentielles dans nos vies. Elles protègent, elles aiment, elles nourrissent. Réfléchir à son histoire, notamment à travers les Ave Maria, c’est donc une manière de lui rendre hommage. Lorsque je chante ces œuvres avec les maîtrises, j’essaie d’imaginer l’histoire de la Vierge Marie, qui est au cœur de la foi.

Qu’aimeriez-vous transmettre au public qui viendra vous voir dans ces églises ?
Comme artiste et comme chanteuse, mon objectif est toujours de partager une connexion avec les gens, d’apporter de la joie et de créer un moment spécial. J’aimerais que les personnes puissent repenser plus tard à ce moment avec tendresse et avec le sourire, en se disant : "On a passé un bon moment là-bas, on a ressenti quelque chose de spécial." Dans le chant, le but est donc de ressentir cela soi-même, mais aussi de créer une connexion avec les autres. C’est ce qui est tellement passionnant avec la musique : elle permet de créer des liens avec les gens, mais aussi avec Dieu.

"C’est extraordinaire de voir une génération aussi inspirée par la Foi se rassembler pour écouter un serviteur de Dieu et apprendre de ce qu’il a à partager. "

Vous avez été choisie pour chanter devant Léon XIV au Stade de France le 25 septembre prochain dans le cadre de sa visite en France. Vous disiez que chanter devant le Pape était un rêve : comment cette opportunité s’est-elle présentée et qu’avez-vous ressenti lorsque vous avez appris que vous alliez chanter devant lui ?
C’était un grand rêve pour moi, et c’est un immense honneur. J’ai été contactée par l’équipe qui organise l’événement pour le Pape. Ils m’ont dit qu’ils aimeraient que je vienne chanter quelques titres et m’ont demandé d’interpréter l’Ave Maria de Caccini, ainsi que la version piano-voix de Regarde. J’en suis vraiment très reconnaissante.

Qu’attendez-vous de cet événement ?
D’un côté, c’est très terrifiant, mais c’est aussi très excitant. Artistiquement, je vais chanter devant un grand nombre de gens. C’est donc une formidable occasion de partager ma voix et ma performance. Cela me donne envie de donner le meilleur de moi-même mais surtout de profiter de l’événement. C’est extraordinaire de voir une génération aussi inspirée par la foi se rassemble pour écouter un serviteur de Dieu et apprendre de ce qu’il a à partager. C’est aussi incroyable de voir autant de personnes réunies  (80.000 jeunes - NDLR) et encore davantage de personnes qui suivront l’événement derrière leurs écrans.

Vous allez à la fois interpréter Regarde, le titre que vous avez chanté à l’Eurovision, et un Ave Maria de Caccini. Vous aimez mélanger pop et musique sacrée. Pourquoi ce mélange vous attire-t-il ?
En grandissant, j’ai beaucoup aimé ce mélange parce que j’ai toujours évolué dans ces différents univers. Je chantais à l’église des chants sacrés, mais je participais aussi à des comédies musicales. Ce sont des styles qui m’ont beaucoup intéressée et inspirée pour apprendre la musique et apprendre à chanter. J’aime donc les mélanger. Et même si l’on oppose parfois le religieux et la pop, je trouve qu’il existe beaucoup de chansons pop qui portent un message très religieux, sans parler directement de Dieu ou de la foi. Elles expriment le respect, l’amour… Ce sont aussi des messages que l’on retrouve dans les Écritures et qui méritent d’être partagés. Je pense donc que tout est beaucoup plus connecté qu’on ne le croit.

Léon XIV est le premier pape américain et vous êtes franco-américaine. Cela donne-t-il une dimension particulière au fait de chanter devant lui ?
Oui, c’est incroyable. Je me souviens qu’il a dit un jour qu’il se considérait comme un "citoyen du monde", et j’aime beaucoup cette phrase. Je trouve ça très beau parce que cela signifie qu’il a pris ce qu’il avait appris aux États-Unis - son éducation, son expérience - puis qu’il s’est ouvert au monde et au service. Il est parti au Pérou, puis au Vatican, et il est allé partout dans le monde pour partager le message de la foi. C’est très beau et très inspirant, notamment pour les jeunes, de voir quelqu’un qui met autant de force et autant d’amour dans le service.

"Je pense que nous avons beaucoup de choses à apprendre de quelqu’un comme lui."

Si vous rencontrez le Pape, qu’aimeriez-vous lui dire ?
Je ne sais pas. Il est probable que je n’arrive même pas à ouvrir la bouche ! J’aimerais lui serrer la main et lui dire merci. Mais je préférerais peut-être ne pas parler et simplement écouter ce qu’il a à dire.

Le Pape va adresser un message à la jeunesse française, mais aussi, plus largement, à la jeunesse du monde. Qu’attendez-vous de ce message ?
C’est une bonne question. J’imagine qu’il pourrait aborder certaines des questions que se pose notre génération, certains des problèmes auxquels nous sommes confrontés. Je pense que nous avons beaucoup de choses à apprendre de quelqu’un comme lui. Nous serions certainement très inspirés de l’entendre et de découvrir ce qu’il peut nous transmettre.

L’intelligence artificielle, les réseaux sociaux et leur usage sont notamment de grands sujets pour les jeunes aujourd’hui. Est-ce que cela vous parle ?
Oui, ce sont des sujets dont on parle beaucoup aujourd’hui. J’ai d’ailleurs envie de lire ce qu’il a écrit à ce sujet. Mon devoir de vacances, avant de chanter devant le Pape au Stade de France, est de lire son encyclique Magnifica Humanitas ! C’est de bien étudier sa pensée et de me préparer pour être prête à écouter ce qu’il aura à dire.

Vous parlez beaucoup de votre foi. On sent qu’elle vous accompagne depuis vos débuts dans la musique. Quel est aujourd’hui le lien profond entre votre métier et votre foi ?
J’aime beaucoup le fait de pouvoir allier ma foi et mon métier. Et c’est quelque chose qui existe depuis très longtemps. Quand on étudie la vie des grands artistes, comme Bach, Mozart ou Haendel, on voit qu’ils ont beaucoup travaillé avec l’Église. Ils ont composé des œuvres destinées à être chantées à la messe, ainsi que beaucoup d’autres qui offrent des perspectives différentes sur les Écritures. Je vais pouvoir chanter certains de leurs morceaux pendant ma tournée, et je trouve cela inspirant de découvrir comment ils ont voulu transmettre leur foi à travers leur musique, d’une manière qui leur était propre. 

Pratique :

Monroe, Récital de chants sacrés du 17 septembre au 29 novembre 2026 dans les églises et cathédrales de France.