Aller au contenu principal

En Italie, les couples sans enfants bientôt plus nombreux que les parents

5 min de lecture
Enfants-balade-rue-parents.jpg

Crédit : Shutterstock | Standret

D’ici 2047, les couples sans enfants pourraient devenir plus nombreux que ceux qui en ont en Italie.

Alors que les naissances continuent de reculer en Italie, l’Institut national de la statistique italien (Istat) prévoit qu’en 2047 les couples sans enfants seront plus nombreux que ceux avec enfants, dont le nombre devrait passer de 7,5 millions en 2025 à 5,8 millions en 2050.

Partager sur :

Un basculement historique se profile dans les familles italiennes. L’Italie pourrait en effet bientôt compter davantage de couples sans enfants que de couples avec enfants. Selon les nouvelles projections de l’Institut national de la statistique italien (Istat), publiées lundi 31 août, ce basculement devrait intervenir dès 2047 et se confirmer dans les années suivantes. En 2050, le pays ne compterait plus que 5,8 millions de couples avec enfants, contre 7,5 millions aujourd’hui. Ils ne représenteraient alors que 21,1% des ménages, contre 28,1% actuellement.

Le phénomène s’inscrit dans une tendance démographique plus large. Jusqu’en 2080, la population italienne devrait continuer à diminuer et à vieillir. De 58,9 millions de résidents au 1er janvier 2025, elle passerait à environ 55 millions en 2050, puis à 45,8 millions en 2080. L’Italie compterait ainsi plus de 13 millions d’habitants de moins qu’aujourd’hui.

Bienvenue sur le nouveau site d'Aleteia !

Nous sommes heureux de vous accueillir sur un site entièrement repensé, réalisé grâce au soutien de nos généreux donateurs.

Si vous appréciez cette nouvelle expérience de lecture, vous pouvez, vous aussi, nous aider à faire vivre Aleteia.

Faire un don

Une population vieillissante

Cette évolution devrait également modifier profondément la structure de la population. Selon les chiffres de l’Istat, en 2050, les personnes âgées de plus de 65 ans représenteraient 34,5% des habitants, contre 24,3% aujourd’hui. Dans le même temps, la part des 15-64 ans passerait de 63,4% à 55,3%.

La baisse du nombre de naissances joue un rôle central dans cette transformation. Le nombre de nouveau-nés diminue sans interruption en Italie depuis 2008 et est tombé à environ 355.000 en 2025, son niveau le plus bas depuis l’unification du pays en 1861. Par ailleurs, l’indice de fécondité, qui atteignait encore 2,7 enfants par femme en 1964, s’établit désormais à 1,14 enfant par femme, selon les dernières données de l’Istat, bien en dessous du seuil de renouvellement des générations, généralement fixé à 2,1 enfants par femme.

Selon les projections de l’institut, les naissances devraient rester relativement stables jusqu’en 2030 avant de reprendre leur baisse. Leur nombre pourrait tomber à environ 335.000 par an en 2050. Dans le même temps, le nombre annuel de décès continuerait de progresser, passant de 652.000 en 2025 à un pic de 869.000 en 2058. Une hausse qui s’expliquerait notamment par l’arrivée au grand âge des générations nombreuses nées après la Seconde Guerre mondiale.

Les couples sans enfants en hausse

Dans ce paysage, les couples sans enfants devraient ainsi progressivement gagner du terrain. Leur nombre passerait de 5,4 millions actuellement à 5,9 millions en 2050, soit une progression de 8,8%. Ces données méritent toutefois d’être nuancées. La catégorie des "couples sans enfants", telle que définie par l’Istat, inclut également les couples dont les enfants ont quitté le domicile familial. Dans un pays où la population vieillit rapidement, cette donnée ne signifie donc pas nécessairement que ces couples n’ont jamais eu d’enfants.

D’autres formes de ménages devraient également progresser. Le nombre de familles monoparentales passerait de 2,8 à 3,3 millions, tandis que les personnes vivant seules seraient 11,6 millions en 2050, contre 10 millions aujourd’hui. Au total, les ménages sans couple représenteraient ainsi 44,7% des foyers, contre 40% actuellement.

Cette évolution constitue un défi politique majeur pour le gouvernement de Giorgia Meloni. Depuis son arrivée au pouvoir en 2022, la Première ministre italienne a fait de la relance de la natalité une "urgence existentielle". Son gouvernement a notamment mis en place des allègements fiscaux destinés aux mères et renforcé plusieurs dispositifs d’aide aux familles. Pour l’instant, ces mesures ne semblent toutefois pas avoir suffi à inverser la courbe. Le nombre de naissances continue de reculer et les projections démographiques restent particulièrement préoccupantes.

Et en France ?

La situation italienne n’est pas sans rappeler celle de la France. En 2025, la France a enregistré 644.000 naissances, soit près d’un quart de moins qu’en 2010, année du dernier pic des naissances selon l’Insee. Cette même année, l’indice conjoncturel de fécondité a continué de diminuer pour atteindre 1,56 enfant par femme, un niveau inédit depuis la fin de la Première Guerre mondiale. Pour la première fois, le nombre de décès a également dépassé celui des naissances.

En 2026, le recul des naissances se poursuit, mais à un rythme moins soutenu. Après un recul de 6,6% des naissances en 2023, celui-ci a atteint 2,8% en 2024 puis 2,3% en 2025. Si la tendance persiste, environ 635.000 bébés pourraient naître en 2026, un niveau qui serait malgré tout le plus bas enregistré depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. En juillet 2026, 57 180 naissances ont été enregistrées en France, un nombre quasi identique à celui de juillet 2025, selon les chiffres de l’Insee publiés ce jeudi 3 septembre. De janvier à juillet, le nombre de naissances a baissé de 1% en 2026 par rapport à la même période en 2025.

Plusieurs facteurs peuvent contribuer à expliquer ce recul. Difficultés à trouver un emploi stable, accès au logement, inquiétudes économiques ou encore préoccupations liées au réchauffement climatique peuvent conduire certains Français à repousser, voire à abandonner, leur projet d’enfant. Les récentes vagues de chaleur pourraient ainsi accentuer cette tendance.