À un mois de la venue du pape Léon XIV, les 26 et 27 septembre, Lourdes est déjà en pleine effervescence. Hôteliers, commerçants, artisans, bénévoles, équipes du sanctuaire… Tous les Lourdais se préparent à un événement que la cité mariale n’avait plus connu depuis la visite de Benoît XVI, en 2008.
À Lourdes, la venue de Léon XIV se dessine déjà dans le paysage. Au sommet de la basilique Notre-Dame du Rosaire, une immense bannière à l’effigie du Pape donne le ton. Et à mesure que le 26 septembre approche, la cité mariale prend des airs de fourmilière : dans les hôtels, les restaurants, les commerces, les ateliers comme dans les bureaux du sanctuaire, tout le monde s’active et l’impatience monte. "Nous sommes ravis de recevoir le Pape et très fiers de sa venue", se réjouit Pierre, 45 ans. Comme 150.000 autres fidèles, ce Lourdais aura le privilège d’assister à la messe présidée par Léon XIV sur la prairie du sanctuaire. Un événement qui attire également de nombreux médias : plus de 2.500 journalistes se sont accrédités pour couvrir la venue du Pape en France, dont une partie sera présente à Lourdes.
Mais derrière cet enthousiasme se cache aussi un immense défi logistique. Près de 2.000 bénévoles, dix kilomètres de barrières, douze écrans géants et 800 sanitaires temporaires doivent notamment être mobilisés pour l’occasion. Une démesure à la hauteur de l’événement, comme le résume Mgr Jean-Marc Micas, évêque de Tarbes et Lourdes, auprès d’Aleteia : "Lourdes a l'habitude d'accueillir du monde, d'accueillir des malades, d'accueillir des bus, des voitures, des trains, des avions, des hôpitaux… sauf que cette fois, tout est multiplié par dix. D’importants moyens sont mobilisés, c’est un gros défi mais nous sommes très aidés par les services de l'État et c'est main dans la main que nous avançons et réfléchissons à tout ce qu'il faut mettre en place pour que ça se passe au mieux et que le moment venu nous puissions offrir une belle fête à tout le monde."
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Et si les préparatifs avancent à grands pas, certaines questions restent encore en suspens, en particulier celles liées à la sécurité, aux conditions d’accès au sanctuaire et à la circulation dans la ville. Des enjeux particulièrement sensibles au regard de la foule attendue. La préfecture des Hautes-Pyrénées et la mairie de Lourdes doivent dévoiler ce 4 septembre le dispositif finale de circulation prévu pour le week-end.
Les hôtels pris d’assaut, les boutiques de souvenirs dans les starting-blocks
Dans les hôtels, à quelques semaines de l’événement, trouver une chambre à Lourdes pour le week-end de la visite pontificale relève de la gageure. "L’ensemble des hôtels est complet, et même au-delà. À Tarbes et à Pau, de nombreux hôteliers confient être pleins", confirme à Aleteia Marie-Laure, directrice de l’hôtel Miramont à Lourdes, dont les 92 chambres ont été prises d’assaut en quelques jours dès l’annonce des dates de la venue de Léon XIV. À 62 ans, cette hôtelière a connu les deux visites de Jean Paul II, en 1983 et 2004, mais aussi celle de Benoît XVI en 2008. Elle attend donc avec impatience la venue d’un nouveau souverain pontife dans sa ville. "Nous n’avions pas eu l’honneur de recevoir le pape François. Cela fait très longtemps que nous attendions la venue d’un pape à Lourdes."
L’emblématique Village des Jeunes du sanctuaire affiche lui aussi complet. Face à la demande, il a même fallu pousser les murs. "Nous avons ajouté 290 places supplémentaires en transformant certaines de nos salles et notre réfectoire en grands dortoirs. Cela nous permettra d’accueillir 2.700 jeunes lors du week-end de la venue du Pape", explique à Aleteia Joël Luzenko, responsable du Village des Jeunes. Si ce père de famille est accaparé par les préparatifs matériels liés à cette visite, il a hâte d’accueillir le Saint-Père. "C’est un grand moment à vivre, hyper marquant." Son équipe habituelle de 14 personnes sera renforcée à l’occasion par des bénévoles, mais aussi par des dizaines de jeunes venus spécialement prêter main-forte à l’organisation. "De nombreux étudiants et jeunes professionnels que nous avons l’habitude d’accueillir viendront aider notamment lors du service liturgique mais aussi à la gestion des flux ou encore à l’accueil des groupes", détaille le quadragénaire.

Dans les boutiques aussi, la venue du Pape se prépare. Médailles, porte-clés et quelques objets à l’effigie de Léon XIV commencent à prendre place parmi les traditionnels souvenirs de Lourdes. Mais pas question de céder à une avalanche de produits dérivés. "Nous avons été sollicités par de nombreuses sociétés nous proposant divers goodies, comme des chaussettes à l’effigie du Pape, mais nous filtrons beaucoup ce type de propositions. Nous préférons privilégier des produits de fabrication française, surtout lourdaise, et qui ont du sens, comme des médailles SERAL-Majoado avec une frappe représentant Léon XIV", raconte à Aleteia Claudine Aubert, présidente du Syndicat des professions souvenirs et piété de Lourdes. À la mi-août, la manufacture lourdaise SERAL-Majoado, spécialisée dans les médailles et pièces souvenir, avait déjà livré plus de 50.000 articles consacrés au nouveau Pape. Une production locale à laquelle tient particulièrement la commerçante de 61 ans, qui dirige la boutique Padre Pio, boulevard de la Grotte, fondée par ses parents dans les années 1970.
À la ciergerie de Lourdes, les préparatifs s'intensifient également. "À partir de la semaine prochaine, nous allons augmenter notre production de 20%, et ce jusqu’à la venue du Pape", a expliqué à Aleteia Laurent Lacoste, à la tête de cette maison presque centenaire. Au total, ce sont donc 175.000 cierges devront être produits en trois semaines. Le défi est de taille mais Laurent Lacoste se dit serein : "En 2008, lors des 150 ans des apparitions à Lourdes, la ciergerie a aussi dû produire beaucoup de cierges tout au long de l’année. Nous y arriverons cette fois-ci aussi."
Une préparation spirituelle avant tout
Mais à Lourdes, les préparatifs ne se comptent pas seulement en lits supplémentaires, kilomètres de barrières ou milliers de médailles. À mesure que le sanctuaire se transforme pour accueillir la foule, une autre préparation, plus discrète, accompagne l’attente : celle des pèlerins et des communautés catholiques qui s’apprêtent à recevoir le successeur de Pierre. "Une prière a été rédigée au niveau national par l’Église en France et est priée par les communautés catholiques pour se préparer à la venue du Pape, se disposer intérieurement à l’accueillir, lui et son message, explique Mgr Jean-Marc Micas. À Lourdes, cela s’incarne en particulier par le fait que cette prière est dite à chaque messe et notamment à midi, au moment de la prière de l’Angélus."
Au Village des Jeunes également, les contingences matérielles n’éclipsent pas la dimension spirituelle de l’événement. "Nous élaborons un programme pour permettre aux jeunes de vivre quelques temps spirituels avec la pastorale du sanctuaire le samedi 26 septembre, et peut-être même une veillée d’adoration", note Joël Luzenko. Car derrière le défi logistique hors norme qui mobilise Lourdes depuis des semaines, c’est bien un pèlerinage qui se prépare. Un pèlerinage où Léon XIV est lui-même attendu comme "un pèlerin parmi les pèlerins".












