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Il n’y a pas de fatalité dans l’histoire du monde

3 min de lecture
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Crédit : Aleteia

La violence n’est pas inéluctable dans le monde, rappelle le père Benoist de Sinety, curé-doyen de la ville de Lille. S’il nous arrive de la permettre, voire de l’encourager, ce qui compte, c’est le pardon d’aujourd’hui.

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Les effroyables images de cette immense coulée au Népal châtiant arbres, camions, ponts et combien d’âmes, nous sidèrent. Comme nous sidère toute catastrophe par l’inattendu qui s’y manifeste et l’irruption, dans notre société qui aspire tant à l’asepsie, de toute forme de violence. Celle-ci n’est pas nouvelle. Elle est inhérente à la nature et l’homme y tient une bonne place à la fois comme cause et comme victime.

Surmonter l’épreuve

En ces temps de reprise, on nous annonce de partout et comme chaque année, une rentrée mouvementée comme si les mêmes espéraient secrètement que chaque septembre soit un mois de crise, de chocs et pour certains, de révolutions. L’été fut brûlant, l’automne sera-t-il chaud ? 

Dans un livre très touchant, Ni la lune durant la nuit aux éditions Saint-Léger, Agnès Féline, officier, décrit avec pudeur et force les grandes heures de sa vie personnelle et militaire. Elle y évoque la manière dont la lecture de la Bible, la prière devant le Saint Sacrement, la communion revue et goûtée à l’amour de Dieu à travers l’Eucharistie et l’amour de ses prochains, lui ont permis de surmonter l’épreuve de la maladie grave et de vivre heureuse, elle que l’on disait condamnée. Elle retrace aussi la manière dont à l’époque de son entrée à Saint-Cyr, où alors que les jeunes femmes étaient rarissimes, elle endura bien des tourments de la part de ses condisciples : humiliations, insultes, tentatives d’intimidation pour la faire renoncer à la carrière. Mais elle écrit avec force aussi comment, lors du trentième anniversaire de leur promotion, elle retrouva ceux qui l’avaient tant méprisée et combien fut profonde sa joie de les entendre demander son pardon. 

La violence n’est jamais inéluctable

Elle se souvient : "Le pardon se déversait dans mon cœur dans un flot de paix et de joie inexprimable. Un camarade, avec qui j'échangeai ce jour-là, me partagea cette pensée : “La promotion, ce n'est pas juste les trois ans à Coëtquidan, c'est ce qu'on en fait après, tout le reste de la vie.” Il en est de même pour notre pèlerinage terrestre : ce ne sont pas les premiers pas qui tracent tout le chemin !" (p. 54.) Ce ne sont pas les premiers pas qui tracent tout le chemin : la violence n’est jamais inéluctable. Il est là le témoignage chrétien : ce qui compte, ce sont les pas de l’aujourd’hui. Ceux dont les paroles accordent le pardon et celles qui le demandent. 

Il n’y a pas de fatalité dans l’histoire du monde sinon celle que nous permettons, voire qu’il nous arrive d’encourager. Au milieu des fracas et des angoisses qui peuvent assourdir ou alourdir notre quotidien, nous voici convoqués à être au cœur du monde les porteurs de ce témoignage si essentiel : ce que nous avons reçu n’est rien devant ce que nous pouvons en faire, "tout le reste de notre vie".