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Esther, la reine qui osa tout pour sauver son peuple

4 min de lecture
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Crédit : Domaine Public

Esther devant le roi perse Assuérus.

Si Esther a laissé son nom à un livre de l’Ancien Testament passé à la postérité, cette reine de la Bible eut surtout un destin aussi tragique que singulier…

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À l’origine, Esther se prénommait Hadassa, qui signifie "myrte" en hébreu. Ce n’est que lorsqu’elle entra au harem du roi perse Assuérus qu’elle prit le nom d’Esther, car elle souhaitait cacher son origine juive, ainsi que son oncle Mardochée le lui avait recommandé. La reine perse d’alors se nommait Vasti, mais, à la suite d’une insoumission de plus qui déplut fortement au roi, elle fut destituée. Il fallait dès lors une nouvelle épouse au monarque. Or la réputation de la beauté d’Esther avait déjà fait le tour de la cour d’Assuérus…

Esther aux Portes du Palais, tiré du Livre d'Esther, Sandro Botticelli, 1475.

Une reine juive face à un complot

Sa consécration advint lorsqu’Esther fut présentée au roi, ainsi que le relate le Livre de l’Ancien Testament : "Et le roi la préféra à toutes les autres femmes. Elle gagna sa bienveillance et sa faveur plus que toutes les autres jeunes filles. Il mit sur sa tête la couronne royale et la fit reine à la place de Vasti" (Est 2,17). Un grand banquet s’ensuivit et fut ordonné en présence des princes et serviteurs du roi, de nombreuses libéralités ayant été versées à cette occasion. Mais les nuages allaient bientôt s’amonceler au-dessus de la couronne de la nouvelle reine lorsqu’un complot fut ourdi contre elle et son peuple. Son oncle Mardochée avait en effet vexé le grand vizir Aman qui souhaita alors sa perte. Aman ayant appris que Mardochée et la reine étaient d’origine juive, celui-ci chercha à convaincre le roi de faire éliminer tous les Juifs au prétexte qu’ils n’obéissaient pas aux us et coutumes du royaume, tout en omettant de lui dire – bien entendu, que la souveraine comptait parmi eux. Blanc-seing fut accordé à Aman pour faire périr tous les Juifs, et avec eux Esther et son oncle…

La seconde consécration d’Esther

Ainsi, un décret fut-il signé ordonnant d’exterminer tous les Juifs par l’épée, femmes et enfants inclus. Face à ce péril imminent, la reine Esther s’adressa alors au Dieu d’Israël en une poignante prière d’intercession, prière passée depuis à la postérité : "Mon Seigneur, notre Roi, tu es l’Unique ; viens me secourir, car je suis seule, je n’ai pas d’autre secours que toi, et je vais risquer ma vie" (Est 4,17L). 

La suite que Dieu accorda à cette longue prière nous donne la mesure de la force de la prière confiante de celle qui, ayant pourtant toutes les richesses et honneurs, risquait de perdre sa vie, ainsi que celle de son peuple, en raison du complot d’Aman… Car, ayant prié, la reine, bien qu’effondrée, osa paraître seule à la cour du roi pour révéler tout ce qui avait été tramé par son premier ministre Aman. Ce dernier,  pris de panique, eut alors un geste de familiarité envers la reine et encourut dès lors la colère du roi qui le condamna à être pendu au gibet initialement prévu pour Mardochée. 

La divine Providence avait changé le funeste ordre des choses, Aman était perdu, Esther et son peuple sauvés ! Depuis cette date, les Juifs célèbrent la mémoire de cette délivrance lors de la Fête de Pourim en février ou mars selon les années. Même si ces évènements appartiennent peut-être à la légende, il demeure qu’ils nous révèlent toute la force de la prière d’intercession…