Les obsèques de Mgr Stanislas Lalanne, évêque de Pontoise, ont été célébrées le 26 août en l’église Bx-Frédéric-Ozanam de Cergy. "Tu étais celui qui cherche dans l'homme le reflet de Dieu", a souligné Mgr Dubost dans son homélie.
C'est maintenant le temps du salut. C'est maintenant, le jour de Dieu.
Stan – permettez-moi de l’appeler ainsi, ça fait cinquante-cinq ans que je l'appelle ainsi – Stan, je crois que ta vie a été douce, bonne, joyeuse, ta mort brutale, mais finalement, le message est le même. C'est aujourd'hui qu'il faut se convertir. C'est maintenant, c'est maintenant le temps de l'amitié. C'est maintenant, maintenant, le temps de la rencontre.
C'est maintenant qu'il nous faut regarder la croix du Christ et y voir le signe d'un amour inimaginable de Dieu pour nous tous et pour chacun d'entre nous. C'est maintenant, un instant, qu'il nous faut contempler la résurrection du Christ et voir l'anticipation dans notre monde du bonheur qui nous est promis.
Tu étais un homme curieux. Curieux, mais pas simplement des voyages. Curieux de la vie.
C'est maintenant qu'il nous faut être des hommes et des femmes d'espérance. Stan, pour moi, tu es d'abord l'homme de l'espérance. Non pas d'une espérance théorique, mais d'une espérance qui se vit dans le quotidien de chaque instant.
L'espérance qui donne le goût de la vie. Tout à l’heure, le père Butor disait que tu étais humain. Je dirais la même chose en disant que tu aimais la vie. Tu aimais la vie de toutes les manières possibles. Alors, Mgr Ulrich a souligné les voyages. C'était une des manières dont tu aimais la vie. Tu aimais le monde. J'ai été avec toi à Constantine. J'aimais bien que tu racontes ton enfance à Constantine. Je t'entendais raconter aussi les voyages avec ton frère en Iran ou à Singapour. Ça t'avait donné un goût de la curiosité. Tu étais un homme curieux. Curieux, mais pas simplement des voyages. Curieux de la vie. Tout à l'heure, le Père Butor disait que tu étais sportif.
Moi, je t'ai entendu raconter les étapes du Tour de France quand tu étais dans la voiture d'un des organisateurs. Je t'ai vu, non pas jouer, mais regarder jouer au football, t'enthousiasmer, crier. Je t'ai vu à table... tu savais te tenir aussi. Je t'ai vu admirer les belles constructions. Je t'ai vu chanter les louanges de ceux qui avaient des techniques extraordinaires. Je t'ai vu... Je t'ai vu lever la main de ton volant et accompagner avec la main la mélodie d’une cantatrice dans un opéra. Je t'ai vu parler du Festival d’Auvers. Je t'ai entendu souhaiter aller au cinéma voir un bon film. Tu aimais la vie.
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Qu'ils soient pauvres ou riches, politiques ou pas politiques, qu'ils soient d'une religion ou d'une autre, tu voulais toujours entamer la conversation.
Ceci est important, ce que je viens de dire, ça te correspondait. Mais c'est surtout tu aimais les gens. Je ne t'ai jamais vu sans vouloir discuter avec les gens avec qui tu étais. Qu'ils soient pauvres ou riches, politiques ou pas politiques, qu'ils soient d'une religion ou d'une autre, tu voulais toujours entamer la conversation. Toujours. Et entamer la conversation pour connaître les goûts et les dégoûts, les recherches et les blessures. On avait l'impression que tu étais toujours en train de chercher ce qui pouvait fonder une admiration. Tu étais au fond un ami, un ami fidèle. Tu étais l'homme des trois mille cartes de vœux.
Et tu étais l'homme capable de passer une partie de son été à écrire à chacun de ceux que tu avais confirmés dans l’année. Tu étais celui qui cherche dans l'homme le reflet de Dieu. Mais ton espérance, elle puisait sa force dans une idée du royaume. Dans l'idée d'une humanité unie. Et tu as toujours été celui qui a cherché à faire l'unité. Unité dans ta communauté. Unité dans la société en connaissant les uns et les autres : les hommes politiques, les syndicalistes, les cultivateurs, les travailleurs, les cadres. Tu étais l'homme de l'unité.
Tu as cherché toujours à appartenir ou à faire naître des groupes. Je ne sais pas tous les groupes auxquels tu appartenais. Mais je pense au lieutenant avec qui tu as partagé les EBR. Je pense à tous ceux avec qui tu as été, au 48, au lycée Hoche. Je pense à tes amis de Versailles. Je pense à tes amis d'ailleurs et de l'Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale. Tu étais toujours dans un groupe. Tu voulais rassembler. Parce que pour toi, on ne peut pas être chrétien si on n'est pas un ciment social.
Tu voulais rassembler mais pas n'importe comment. On l'a dit tout à l'heure et j'insiste là-dessus. Parce que ce qui était le fondement pour toi du rassemblement, c'était la parole de Dieu. Tu as été un catéchiste, de toute ta vie.
Tu as parlé à temps et à contretemps, mais toujours avec de la liberté, en respectant la liberté des autres et en respectant leur intelligence.
Moi, je t'ai connu d'abord là-dessus. Le bouquin que tu as écris, c'était sur la catéchèse, sur la rencontre avec les catéchumènes. Puis tu as été un communiquant. Car tu ne voulais pas simplement communiquer à l'intérieur de l'Église, mais à l'extérieur aussi. Tu as été un homme de radio, de télévision. Tu as parlé à temps et à contretemps, mais toujours avec de la liberté, en respectant la liberté des autres et en respectant leur intelligence. Jamais bêtement. Et tu as toujours essayé d'être le plus rigoureux possible pour ne pas dire n'importe quoi.
Au fond, Stan. On t'a confié des missions étonnantes.
Je me souviens, pour la préparation de ton ordination avec Jean-Louis Régis, avec qui tu as été ordonné, vous aviez cherché un chant. Et je pense que c’est de Guy de Fatto, vous avez trouvé ce chant : "Ils sont partis sur un regard. Ils ont suivi un inconnu. Il fallait peut-être être un peu fou." Et tu avais conscience que tu prenais des missions qui auraient été folles, si tu n'avais pas eu confiance.
Confiance dans l'Esprit saint. Confiance dans les autres. Confiance dans ceux avec qui tu collaborais. Confiance dans l'Esprit saint. Je n’insiste pas, mais c'est évident. Confiance dans tes supérieurs. Tu as été un homme d'obéissance. Tu as été un homme d'Église. Bon, je ne vais pas les citer tous, parce que, d'abord, je serai injuste et puis j'en oublierai.
Si tu faisais confiance à tes supérieurs, ce qui était remarquable c'est que tu faisais confiance à des collaborateurs.
Mais je me souviens de la préparation du catéchisme de l'Église en France, un catéchisme que beaucoup de gens ignorent parce qu'il est paru au mauvais moment. Mais ça a été un travail formidable. Et ce catéchisme, tu l'as fait sous la direction de Mgr Billet. Je peux dire l'admiration que tu avais pour cet évêque qui essayait de mettre d’accord des évêques qui sont toujours un peu difficiles à mettre d’accord sur un texte précis. Et tu as tenu la plume.
Et puis, tu avais comme autre mission - je ne vais pas citer toutes les missions - l'aménagement du site de la conférence des évêques, c'est aussi un gros travail. Tu as eu comme mission, on l'oublie aujourd'hui, mais tu as été le premier, finalement, à faire, à chercher à avoir une pédagogie pour lutter contre la pédophilie, etc.
Je ne demande pas au Nonce toutes les missions que le Nonce t’a donné mais il en a donné beaucoup. Et tu as toujours accompli ces missions dans l'obéissance et la confiance. Mais si tu faisais confiance à tes supérieurs, ce qui était remarquable c'est que tu faisais confiance à des collaborateurs.
C'est maintenant le moment favorable pour Dieu.
Tu as été un homme exigeant. J'allais dire que quand tu voulais quelque chose, tu le voulais. Quelquefois, il fallait te suivre... Il n'empêche que, indépendamment de ça, tu faisais attention aux personnes. Je ne vais pas citer Monique, Marie-Jo, Jocelyne, je ne vais pas citer Thierry, …, tous ces gens dont tu parlais avec admiration. Parce que tes collaborateurs, certes tu leur demandais beaucoup, mais tu leur faisais confiance absolue. Tu étais capable de reprendre le travail avec eux, de bien définir la mission, de voir les problèmes. Tu étais dans l'Esprit saint l’homme de la confiance.
Je pense que nous croyons tous aujourd'hui que le Seigneur t'a accueilli en disant : « Entre, bon et fidèle serviteur, entre dans la joie de ton maître ! »
Je ne suis pas sûr que cette joie nous la partageons complètement aujourd'hui, ta mort a été trop brutale. N'empêche, n'empêche que nous sommes là pour dire merci, pour nous réjouir, et pour entendre encore une fois ce message qui me semble être celui de ta vie : c'est maintenant le moment favorable. C'est maintenant le moment favorable pour Dieu.
C'est maintenant le moment favorable pour l'amitié. Tout de suite. Et maintenant.












