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Ne passons pas à côté de l’essentiel

4 min de lecture
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Crédit : Antoine Mekary | ALETEIA

Pape Léon XIV.

La venue en France de Léon XIV s’annonce comme un triomphe, mais il est d’abord à redécouvrir comme un véritable événement spirituel, rappelle Isabelle de la Garanderie, vierge consacrée du diocèse de Nanterre, membre du bureau de l'Assemblée ecclésiale provinciale sur les catéchumènes et les néophytes.

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Les médias, confessionnels ou pas, en bruissent de plus en plus : avant même l’arrivée du Pape, celle-ci semble être un succès sur toute la ligne ! Aussi peut-on tout de même s’interroger : la venue du pape Léon en France flatterait-elle notre ego triomphaliste ? "Chouette, le Pape vient dans notre pays, cocorico", pourrions-nous nous exclamer ! Et, en plus, on va parler de belles choses dans l’Église catholique : ça va faire du bien à tous !

C’est vrai qu’on ne peut que se réjouir de ce que l’on va vivre, du fait de célébrer notre foi à plusieurs centaines de milliers de personnes et d’en partager tous les plus beaux aspects autour de nous. Cependant, il serait dommage de s’en tenir à cet aspect plus en surface : sans doute que la venue de Léon XIV est à redécouvrir toujours davantage comme un véritable événement spirituel, qui nous concerne tous.

Où en suis-je de ma foi ?

Assurément, il ne s’agit pas de tomber dans la papolâtrie : la venue du successeur de Pierre n’est pas la parousie, ce retour du Christ sur notre terre. Il n’est pas non plus le représentant de Dieu sur terre, ni même celui qui choisirait un pays plus qu’un autre pour y exercer son ministère. Si sa venue est heureuse et que nous avons pleinement le droit d’être joyeux, elle n’est pas là pour nous en glorifier, elle est là pour nous interpeller, au plus profond de nous-mêmes : où en suis-je de ma foi ? 

Dans la Bible, saint Pierre, dont le Pape est le successeur, n’est pas initialement le meilleur des hommes mais il a été choisi, malgré sa faiblesse et son reniement, pour être la "pierre" sur laquelle le Christ a bâti son Église (Mt 16, 18) et pour "affermir ses frères" (Lc 22, 32). Ce sont ces deux dimensions qui sont particulièrement à redécouvrir pour nous tous avec son successeur, je crois.

Avant tout, une expérience ecclésiale

Une visite pontificale, c’est avant tout une expérience ecclésiale, une occasion de redécouvrir l’Église dans tout ce qu’elle a de plus large, de plus grand, de plus fort. Le ministère du Pape est de veiller à l’unité de celle-ci, dans toutes ses composantes : nous sommes donc invités à faire Église ensemble, tout spécialement par sa présence. C’est donc découvrir, lors de ces célébrations immenses, notre grande diversité mais aussi notre tout aussi grande unité, en Christ, dans l’Église. En participant, je prends conscience que l’Église me dépasse : qu’elle n’est pas juste ma paroisse, mon mouvement, ma propre sensibilité. Et cela, dans un monde qui se polarise tant, c’est ô combien précieux : le Christ nous invite à voir toujours plus grand et nous invite à nous reconnaître comme autant de frères et sœurs. La venue de Léon XIV nous permettra d’en avoir conscience d’une manière toute spéciale.

Affermir sa foi

Mais le Pape est aussi là pour nous affermir dans notre foi : c’est le sens de tous les discours et homélies qu’il prononcera. Ses paroles nous sont données pour que nous grandissions, chacune, chacun, dans notre foi, dans le lieu et le temps qui sont les nôtres. Ce qu’il dira ? Bien malin qui saurait le dire à l’avance, même si l’on peut avoir une idée des thématiques à la vue des grandes lignes du programme. Toutefois, ce qui est certain, c’est qu’il est bon de préparer notre cœur par la prière, en ayant un cœur simplement humble et disponible à ce qu’il souhaitera nous dire. C’est à ce niveau le plus intime, le plus profond, que la fécondité du voyage du Pape se tiendra : pas dans la puissance de nos chants démultipliés, mais s’il nous aide à ôter davantage les œillères de nos cœurs pour mieux avancer vers le Seigneur et en témoigner, "pour que le monde ait la vie".