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“Orbiting” : cette pratique qui brouille les relations humaines

3 min de lecture
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Crédit : PerfectWave | Shutterstock

Vous avez coupé les ponts avec quelqu'un qui continue pourtant de regarder chacune de vos "stories" ? Cette tendance, appelée "orbiting", décrit le comportement des personnes qui disparaissent de votre quotidien mais restent en arrière-plan sur les réseaux sociaux. Une présence silencieuse qui peut semer le doute et empêcher de tourner définitivement la page. 

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Vous pensiez avoir tourné la page. Pourtant, à chaque nouvelle story publiée, le même nom apparaît parmi les premiers à l'avoir regardée. Celui de cette personne qui ne vous écrit plus, ne cherche plus à vous voir, mais continue de suivre votre quotidien à distance. Elle visionne régulièrement vos stories, réapparaît soudainement en aimant une publication après plusieurs semaines de silence, tout en évitant soigneusement toute discussion. Ce comportement porte un nom : l'orbiting. À l'heure des réseaux sociaux, il désigne cette façon de couper tout contact direct avec quelqu'un tout en continuant à graviter autour de sa vie numérique. On disparaît des conversations, mais pas des écrans.

Popularisé par la journaliste américaine Anna Iovine après un article publié sur le blog Man Repeller, ce phénomène est souvent présenté comme le cousin du ghosting. À une différence près : là où le ghosting consiste à disparaître complètement, l'orbiting maintient une présence silencieuse, uniquement à travers les réseaux sociaux, sans qu'une véritable relation ne reprenne.

Entre attachement et difficulté à lâcher prise 

Si certains y voient une forme de manipulation, ce comportement n'est pas toujours intentionnel. Certaines personnes ont simplement du mal à couper totalement le lien, par curiosité, attachement ou nostalgie. Les réseaux sociaux leur permettent de rester proches sans avoir à affronter une conversation dans la vie réelle ou à prendre le risque d'un retour dans la relation. Une manière de garder une porte entrouverte, tout en évitant l'engagement émotionnel.

Mais pour la personne qui subit l'orbiting, cette présence à distance peut être déstabilisante. Chaque notification ravive les questions : est-ce un signe d'intérêt, un regret ou un simple réflexe ? Cette ambiguïté entretient le doute et peut rendre le détachement plus difficile. On se retrouve dans un entre-deux inconfortable : ni vraiment choisi(e), ni complètement oublié(e). Face à ces signaux contradictoires, le cerveau cherche naturellement à leur donner du sens, parfois au point de maintenir une attente ou une forme d'attachement.

Les spécialistes recommandent alors de reprendre la main sur son environnement numérique. Masquer les publications, se désabonner ou bloquer une personne n'est pas une réaction excessive. C'est souvent une façon de préserver son équilibre émotionnel et de s'autoriser à avancer. Car derrière l'orbiting se joue une question plus profonde : celle de la manière dont les liens se construisent. Une amitié, une histoire d'amour ou un lien affectif ne peuvent pas reposer uniquement sur le regard que l'on porte sur l'autre à travers l’écran. Si les réseaux sociaux permettent de rester connecté, ils peuvent aussi donner l'illusion d'une proximité qui n'existe pas réellement. Voir la vie de quelqu'un défiler sur un écran ne remplace ni une conversation, ni un moment partagé, ni le sentiment d'occuper une véritable place dans la vie de l'autre.