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Monopole d’État et exception confessionnelle

4 min de lecture
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Crédit : Aleteia

Par les temps qui courent, estime le père Benoist de Sinety, il y a davantage de personnes qui angoissent à l’idée d’être éliminées par le service public que d’être empêchées de se donner la mort dans un établissement confessionnel.

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On aurait pu espérer que les chaleurs de l’été apaisent un peu les esprits et que la rentrée se déroule une peu plus doucement que s’était conclue l’année scolaire. Le vote et l’adoption de la loi sur l’euthanasie le 15 juillet avait sonné la fin du débat parlementaire et médiatique, laissant sur leur faim la plupart des Français. Certains croyaient que les promoteurs du texte en avaient eu pour leur argent et que des dossiers autrement plus urgents pourraient être désormais traités avec au moins autant de volonté d’arriver. Las, c’est le propre de l’appétit de n’être que rarement et jamais durablement rassasié.

Les dangers de l’exception confessionnelle ?

Dans son édition du 21 août le quotidien Libération repart à l’offensive. Dans une charge assez déconcertante, le rédacteur s’inquiète, angélique, des dangers de l’exception confessionnelle restaurée par le Conseil constitutionnel. Imaginez-vous, interpelle-t-il, l’effroi de patients qui se verraient refuser le droit suprême au prétexte qu’ils résident dans un établissement où des religieuses obscurantistes s’y opposeraient ? On lui rétorquera que, par les temps qui courent, il y a davantage de personnes qui angoissent à l’idée de se retrouver dans des structures publiques où elles craignent que leur droit à vivre ne soit pas toujours respecté, lorsqu’on pourra arguer de leurs déficiences cognitives ou de l’absence de parents proches et investis. 

L’affaire renvoie à la fameuse délégation de service public dont bénéficient certains établissements hospitaliers et certaines maisons accueillant des malades ou des personnes âgées. De même que pour l’école, il est heureux pour l’État que des organismes privés, confessionnels ou non, puissent répondre à une demande que les pouvoirs publics s’avèrent incapables d’assumer seuls. Il est par nature, préférable que l’État ne soit pas en situation de monopole mais bénéficie de la saine émulation que la concurrence privée suscite, contrepoids salutaire aux pensées fascisantes ou marxistes par exemple.

Inspiration chrétienne

Les finances vont mal, nous répète-t-on à l’envi. Il est vrai que les hôpitaux publics, pour ne parler que d’eux, tiennent d’abord par l’héroïsme d’un personnel mal-payé, déconsidéré et souvent maltraité. Les jeunes générations n’ont pas forcément la même vision que leurs aînés et souhaitent privilégier leurs vies de famille plutôt que de tout sacrifier sur l’autel du devoir. À Lille, ville d’études notamment médicales, il n’est pas rare d’entendre de jeunes praticiens passionnés et heureux de leur métier, dire très simplement qu’il est urgent de trouver des solutions faute de quoi le service public de la santé, dont nous pouvons légitimement être fiers, va "dans le mur".

Pendant que certaines rédactions parisiennes se prennent le pouls en évoquant les dangers du confessionnel, il ne serait pas totalement inutile que l’administration d’État prenne parfois quelques inspirations dans la manière dont quelques chrétiens cherchent à agir pour promouvoir l’humain et l’humanité au milieu d’exigences économiques de plus en plus serrées. Je ne dis pas que ce soit exemplaire, je suggère simplement que ce puisse être inspirant.