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“Quand il y a Dieu au centre, tout rayonne” : Mélissa, mannequin à Paris

Mélissa Kellaou, 38 ans, vit en partie du mannequinat, à Paris. Profondément croyante, elle est animée, dans son travail et ses engagements, par une quête inépuisable de vérité, à la suite du Christ. Rencontre.

5 min de lecture

Source: Sophie Bergeret

Mélissa Kellaou est mannequin à Paris depuis 2014.

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Elle aime passer du temps dans les églises parisiennes. C’est donc naturellement près de l’une d’elles, au sanctuaire de Notre-Dame de la médaille miraculeuse, que Mélissa Kellaou a donné rendez-vous à Aleteia. La Parisienne de 38 ans affiche sur son visage aux traits harmonieux et juvéniles un sourire lumineux. Elle accepte avec simplicité de raconter son histoire, marquée par une carrière dans le mannequinat et une solide foi en Dieu. Originaire de Guadeloupe, où elle a passé son enfance, elle s’est installée en métropole en 2008 pour suivre des études de langue. "Je suis allée dans une agence de mannequins en parallèle de mes études, je n’y connaissais pas grand-chose, raconte la jeune femme. Ce n’est qu’en 2014, quand j’ai déménagé à Paris, que j’ai réellement découvert le milieu : au fur et à mesure de mes rencontres lors des missions d’hôtesses, ou de figurations, je me suis fais des contacts et j’ai commencé petit à petit à avoir des jobs." La précarité du métier la pousse à multiplier les missions, entre les séances photos, les showrooms des fashion weeks ou encore les essayages dans une école de couture. "C’est très physique et il faut aussi une force mentale. Dans ces moments-là, quand tu es debout toute la journée face à ton image dans le miroir, si tu ne vas pas bien, ça peut être difficile. Alors quand tu as Dieu, ça t’aide."

Le Christ toujours au centre

Son cheminement spirituel n’a pas suivi une ligne droite. Enfant, elle ne va pas à la messe chaque dimanche. Idem lorsqu’elle arrive en métropole. Mais plusieurs rencontres, en particulier avec une amie mannequin et un colocataire futur séminariste, la poussent à approfondir la soif de vérité qui l’habite depuis toujours. "Tout ce que je sais aujourd’hui, c’est grâce aux autres que le Seigneur a mis sur mon chemin et qui ont pris la peine d’échanger avec moi, de m’écouter, de répondre à mes questions, de m’aimer", assure la jeune femme.

Mélissa Kellaou en shooting à Toulouse, en 2023.

Aujourd’hui, Mélissa n’a pas peur d’afficher ce qui relève pour elle de l'évidence : son moteur, c’est son amour pour le Christ. La relation avec Jésus l’aide à panser des blessures profondes, notamment une faible estime d’elle-même qui la suit depuis son plus jeune âge. À cet égard, le mannequinat représente un "défi intérieur", une occasion de "dépasser [ses] peurs". "Avec la grâce de Dieu, j’essaie de progresser dans mon rapport à moi-même et d’ajuster mon regard, de lâcher prise, afin de vivre de façon authentique et de m’accepter telle que je suis. Quand il y a Dieu au centre, tout rayonne, on voit mieux nos ténèbres mais aussi notre potentiel." Pour elle, il n'y a pas de contradiction dans le fait de vivre sa foi et de travailler dans le milieu de la mode. "Depuis que je me suis rapprochée du Seigneur, je vois encore mieux combien le corps est mal aimé et mal considéré dans notre société et dans les relations… Ainsi, à chaque job proposé, je prends le temps de discerner et de me demander quelles sont les valeurs que je vais défendre et véhiculer réellement."

Témoigner sur Instagram

Dans un milieu où l’apparence est reine, elle trace son chemin, et affirme avec force que l’essentiel est ailleurs. Sur son compte Instagram, les photos de shootings de mode alternent avec des citations de saints ou des versets bibliques, que la jeune femme partage quotidiennement. L’une de ses préférées est de saint Thomas d’Aquin : "Il est plus beau d’éclairer que de briller seulement". "Cette phrase peut illustrer l’usage que je fais des réseaux sociaux. Aujourd’hui, les agences de mannequin demandent notre compte Instagram sur la fiche de renseignement. Et il est possible d’être sélectionnée pour un job en fonction du nombre de followers qu’on possède. Je dois avouer que cette course aux likes est compliquée pour moi. Ce qui m’importe, c’est de toucher les cœurs, d’apporter de la joie, du réconfort, de la lumière là où il en manque. Seul Dieu sait qui a besoin de voir telle vidéo ou lire telle phrase aujourd’hui… j’essaie de semer à mon petit niveau."

Quand elle n’est pas devant l’objectif, Mélissa consacre une partie de son temps libre à servir, en s’impliquant dans sa paroisse, à l’accueil des fidèles et à la chorale. Autant de choses dont la jeune femme se sentait incapable auparavant. "Notre vie a un sens. Elle est faite pour être donnée. Le Seigneur veut juste notre oui et après il nous rend capables dans nos efforts." Si elle ne sait pas si elle poursuivra encore longtemps dans le monde de la mode, son programme pour l’avenir tient en une phrase : "Garder les yeux fixés sur Lui."