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À Saint-Marin, le vibrant plaidoyer pour la liberté politique de Léon XIV

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Crédit : STEFANO RELLANDINI | AFP

Le pape Léon XIV a effectué ce 22 août une visite pastorale dans le nord-est de l’Italie, marquée par sa matinée passée en République de Saint-Marin et sa participation, l’après-midi, au Meeting pour l’amitié entre les peuples organisé par le mouvement Communion et Libération. 

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"Promouvoir la liberté implique de défendre les espaces de la conscience", a assuré Léon XIV lors de son premier discours de sa visite pastorale à Saint-Marin à Rimini ce 22 août. Arrivé à 8h45 à l’héliport de Torraccia, le Pape a reçu les honneurs militaires puis il s'est entretenu avec les deux capitaines-régents de Saint-Marin, Alice Mina et Vladimiro Selva. Devant les autorités de ce petit pays d’environ 34.000 habitants enclavé au nord-est de l'Italie, depuis la salle du Conseil Grand et Général, le pape a délivré une ample réflexion sur la souveraineté et la liberté. 

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S’inscrivant dans le prolongement des visites sur place de Jean Paul II, en 1982, et de Benoît XVI, en 2011, Léon XIV a rappelé le "lien profond" et "ancien" qui unit le Siège apostolique avec la papauté. Il a toutefois expliqué que "ce n’est que ce n’est qu’il y a un siècle, en avril 1926, que les relations diplomatiques entre le Saint-Siège et la Très-Sérénissime République de Saint-Marin ont été officiellement établies".

Il n’existe pas de véritable liberté civile sans liberté personnelle.

Le Pape s’est arrêté longuement sur le sens du mot liberté, inscrit dans la devise de cette petite république. "Dans le contexte de l’histoire d’un peuple et d’un État, il exprime certainement l’aspiration à l’autodétermination, à ne pas dépendre d’autres autorités politiques", a-t-il expliqué, tout en rappelant que ce mot a un sens beaucoup plus profond.

"Je souhaite souligner qu’il n’existe pas de véritable liberté civile sans liberté personnelle, c’est-à-dire sans respect et promotion de la dignité de la personne humaine", a expliqué le Pape. Il a martelé que "cette liberté est donnée et garantie, en dernière analyse, par Dieu, dont la voix résonne dans la conscience de chaque être humain". Il ainsi rendu hommage aux "martyrs de la liberté", mentionnant notamment "saint Thomas More, Patron des gouvernants et des hommes politiques". 

"Aujourd’hui encore, dans de nombreuses régions du monde, des personnes restent fidèles à leur conscience, même dans des contextes de grande adversité, témoignant ainsi de la véritable liberté, celle qui découle du fait d’être fils et filles de Dieu", a souligné le pape Léon XIV. En expliquant que la référence théologique à la foi trinitaire devait conduire à éviter tout absolutisme, il a présenté la communion des saints comme un exemple "aujourd’hui nécessaire face à l’idolâtrie qui corrompt à la racine les projets politiques et économiques qui se présentent au nom de la liberté, mais qui, en réalité, sont esclaves des idoles et du pouvoir".

La République de Saint-Marin, alliée du multilatéralisme

Le Pape a aussi remercié la République de Saint-Marin pour sa "participation active et positive à la construction de la paix" dans les enceintes multilatérales. En présence du cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Saint-Siège, Léon XIV a rappelé le soutien pontifical pour "la diplomatie et le multilatéralisme comme voies privilégiées pour cultiver les relations internationales et promouvoir l’entente entre les nations".

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En se référant à sa visite du 28 mars dernier dans la Principauté de Monaco, le Pape a souligné "la valeur particulière d’un petit État, à taille humaine, dans lequel il est possible d’expérimenter la proximité de la politique avec les besoins des citoyens et, par conséquent, une démocratie plus effective, d’autant plus lorsqu’elle est également animée par l’inspiration chrétienne". Il ainsi présenté la République de Saint-Marin comme un "'laboratoire' de bonne politique, où, sans renoncer à la laïcité de l’État, il est possible de puiser dans les principes de la doctrine sociale catholique : la recherche du bien commun, la destination universelle des biens, l’harmonie entre subsidiarité et solidarité, ainsi que la justice sociale".

Prendre "soin de l'humain"

Dans cette perspective, le pape a mis en valeur l’importance du "soin de l’humain" et de "la protection de la vie, à chacune de ses étapes, de la conception jusqu’à la mort naturelle". Il n'a pas mentionné la légalisation de l'avortement en 2022 dans ce petit territoire, un an après un référendum lors duquel 77,3% des votants s'étaient prononcés en faveur de la dépénalisation de l'IVG.

Léon XIV a par ailleurs remercié la République de Saint-Marin pour sa tradition d'hospitalité, qui "s’est notamment manifestée par le soutien et l’accueil accordés au peuple ukrainien, particulièrement au début du conflit". Il a aussi exprimé sa reconnaissance pour l’engagement saint-marinais "en faveur du droit international humanitaire à une époque où celui-ci semble quotidiennement ignoré, voire piétiné". Le Pape a ensuite salué la foule rassemblée à l’extérieur, en confiant sa joie de pouvoir "profiter de la beauté, de la tradition, de la foi" de ce territoire. Il a invité les Saint-Marinais à vivre une "authentique liberté". 

Depuis la basilique, l'appel à ouvrir "la fenêtre du cœur"

Sa visite dans le troisième plus petit État d’Europe derrière le Vatican et Monaco s’est poursuivie par la rencontre avec les fidèles du diocèse, à la basilique de Saint-Marin. Dans son discours, le Pape a rendu hommages aux bâtisseurs de ce territoire, saint Marin et saint Léon qui "surent traduire le message de l’Évangile dans un nouveau modèle communautaire et politique, fortement caractérisé par les principes chrétiens de liberté, de respect mutuel et de communion, un modèle qui demeure vivant jusqu’à aujourd’hui", a–t-il souligné.

Tout comme Benoît XVI l’avait fait lors de sa visite à Saint-Marin du 19 juin 2011, Léon XIV a exhorté les jeunes à garder ouverte "la fenêtre du cœur" et à  vivre leur mission dans le monde « avec enthousiasme ». Il a aussi l'Église locale à s’engager dans un "pacte éducatif" avec les parents, afin qu’ils "redécouvrent eux-mêmes la foi d’une manière nouvelle et éprouvent la joie de transmettre à leurs enfants les valeurs chrétiennes dont ils sont dépositaires".

"Nous vivons dans un monde blessé par de nombreux conflits, dans lequel nous voyons avec inquiétude augmenter les violences, les replis sur soi et la peur de l’autre", a relevé le Pape, invitant les Saint-Marinais à multiplier les gestes d’entraide et de charité. Reprenant le titre de sa récente encyclique, le pape a mis en valeur la promotion de la "magnifique humanité". Il a exhorté à "vaincre l’individualisme d’une certaine culture urbaine et consumériste, ainsi que d’autres formes de particularisme méfiant et diviseur" et à "redonner de l’oxygène à nos espérances de fraternité et de paix".

Dans l’amour, il n’y a jamais de contrainte ni d’endoctrinement, jamais de séduction, de tromperie ou de recrutement.

Après avoir pris le temps d’un bain de foule avec les jeunes rassemblés sur le parvis de la basilique, le Pape a pris congé de ses hôtes saint-marinais, au terme de cette courte visite d’État qui a duré un peu plus de trois heures. Son hélicoptère mis à sa disposition par l’armée de l’air italienne a décollé à 12h05 de l’héliport de Torraccia, avec près de 45 minutes d’avance sur le programme.

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Messe célébrée par Léon XIV au port de Rimini.

Après un déjeuner en privé avec les moniales augustines de la communauté du monastère Saint-Antoine-de-Padoue, à Pennabilli, le Pape a rejoint le Meeting de Rimini afin d'y rencontrer à 16h les participants dans le Grand auditorium. "Dans l’amour, il n’y a jamais de contrainte ni d’endoctrinement, jamais de séduction, de tromperie ou de recrutement", a-t-il expliqué lors de son intervention au 47e Meeting pour l’amitié entre les peuples, organisé par le mouvement Communion et Libération (CL). Tout en apportant son appui à une transformation "synodale" de ce mouvement particulièrement implanté en Italie, le pape a rendu hommage aux intuitions du père Luigi Giussani (1922-2005), son fondateur, qui fait actuellement l’objet d’un procès en béatification. Il s'est ensuite rendu à 17h30 à la cathédrale de Rimini à la rencontre des malades, des personnes handicapées et des personnes pauvres accompagnées par la Caritas. Sa visite pastorale s'est terminée au port de Rimini, où il a célébré une messe à 18h30.