Quitter son lieu de vacances n’a rien de réjouissant. Et pourtant, une fois la porte de chez soi franchie, quelques petits bonheurs nous rappellent combien il fait bon rentrer.
Le dernier jour des vacances a parfois quelque chose d’un peu cruel. La veille encore, on hésitait à reprendre une glace ou à prolonger la soirée sur la plage. Et voilà qu’il faut faire entrer une montagne de linge sale dans les valises, retrouver les chargeurs éparpillés et vérifier que personne n’a oublié son doudou, ses lunettes ou son passeport. Puis vient le trajet du retour, avec cette impression que l’insouciance s’évapore à mesure que l’on se rapproche de chez soi.
Et enfin, on tourne la clé dans la serrure. Nous voilà à la maison. Et soudain, elle n’a jamais paru aussi accueillante. Il y a d’abord son lit. Aussi confortable soit une chambre d’hôtel, difficile de rivaliser avec le bonheur de retrouver son oreiller, ses draps et ses habitudes. Même sa salle de bains paraît merveilleuse : sa douche, ses serviettes, tous ces objets familiers exactement là où on les avait laissés.
Il y a aussi ces petits riens dont on ne s’était même pas aperçu qu’ils nous manquaient : sa tasse préférée, le fauteuil où l’on s’installe spontanément, la vue depuis la fenêtre, les plantes qui ont miraculeusement survécu à l’absence… Autant de détails ordinaires qui, après quelques jours loin de chez soi, prennent soudain une valeur nouvelle.
Quand l’ordinaire redevient précieux
Si les vacances nous font tant de bien, c’est notamment parce qu’elles interrompent le quotidien. On dort ailleurs, on mange autrement, on oublie un peu les horaires. Mais elles ont peut-être un autre cadeau à nous offrir : elles nous permettent de regarder à nouveau notre vie ordinaire et d’en redécouvrir les petits bonheurs.
Les enfants le comprennent très bien. Après deux semaines à se baigner, jouer et découvrir de nouveaux endroits, ils retrouvent leur chambre comme un trésor : leur lit, leurs jouets, leurs affaires ! Les adultes sont généralement moins démonstratifs, mais au fond, leur joie n’est pas si différente.
On présente souvent les vacances comme une manière de « s’évader » du quotidien. Et nous avons parfois profondément besoin de cette coupure. Mais le retour peut aussi nous poser une question toute simple : qu’est-ce qui me rend heureux de rentrer ? Une personne que l’on aime, son jardin, sa paroisse, la boulangerie du quartier, le déjeuner du dimanche en famille ? Ou simplement le plaisir rassurant de retrouver ses habitudes ?
Car la maison n’est pas seulement une adresse. C’est souvent là que se vit l’essentiel : que l’on aime, pardonne, accueille, se dispute et se réconcilie. Là que les enfants grandissent et que se construisent, jour après jour, les souvenirs d’une famille. L’essentiel de notre existence ne se déroule pas toujours devant des paysages spectaculaires : il se joue bien plus souvent autour d’une table, dans une chambre d’enfant ou au détour d’une conversation ordinaire.
C’est peut-être pour cela que le premier soir du retour possède une saveur si particulière. Les valises attendent dans l’entrée, le linge sale s’accumule et le réfrigérateur est presque vide. Mais ce soir, on dormira dans son lit. Et après de belles vacances, découvrir que l’on est heureux de rentrer chez soi est peut-être encore l’une des plus jolies choses que l’on puisse rapporter dans ses bagages.












