Une femme d’une soixantaine d’années a été grièvement blessée au couteau à Nice dans la nuit du 15 au 16 août. Son voisin, Youri Lebedev, est courageusement intervenu pour lui porter secours et maîtriser l’agresseur.
Face au danger, il n'a pas hésité. Vers 1 heure du matin, dans la nuit du samedi 15 au dimanche 16 août, une femme d’une soixantaine d’années a été poignardée dans la cour de son immeuble à Nice. Alerté par ses appels à l’aide, son voisin Youri Lebedev est intervenu pour stopper l’agression, maintenir l’assaillant jusqu’à l’arrivée de la police et porter secours à la victime. Hospitalisée au CHU de Nice avec un pronostic vital initialement engagé, cette dernière est aujourd’hui hors de danger.
Une intervention guidée par l’instinct
Alors qu'il se trouve dans son appartement, cette nuit-là, un bruit attire soudain son attention, raconte Youri Lebedev à BFM Nice Côte d’Azur. Il entend une femme crier : "Vous faites quoi ? Arrêtez !". Depuis sa fenêtre, il aperçoit un homme "avec un genou à terre qui fait un mouvement avec sa main". D’abord persuadé d’assister à une altercation, il comprend rapidement la gravité de la situation. "C'était une question de vie ou de mort", confie-t-il à la chaîne locale.
Sans savoir que l’agresseur était armé d’un couteau, le jeune homme est aussitôt descendu dans la cour. "Je n'ai pas eu le temps d'avoir peur ou de réfléchir", explique-t-il à BFM Nice Côte d’Azur, assurant avoir été guidé par "l'instinct et l'adrénaline".
Également interrogé par France 3 Côte d’Azur, Youri Lebedev raconte ensuite avoir réalisé que c’était une tentative de meurtre. "J'ai compris [...] qu'il voulait tuer ma voisine du rez-de-chaussée", témoigne-t-il. L’agresseur tente alors de le dissuader d’intervenir. "Si tu viens, tu vas mourir aussi !", lui assène-t-il en anglais. Néanmoins, sans se laisser intimider, Youri Lebedev passe à l'action. "Je lui ai attrapé le poignet qui tenait le couteau, et je l'ai tapé de l'autre main."
Tout en maîtrisant l'agresseur, Youri Lebedev tente également de venir en aide à sa voisine, grièvement blessée. Un exercice particulièrement difficile tant il doit gérer simultanément les deux situations. "J'étais obligé de tenir les plaies de la dame en même temps que l'agresseur", raconte-t-il à France 3 Côte d’Azur. En examinant rapidement la victime, il constate plusieurs blessures, notamment "une plaie à l'abdomen, à la poitrine et à l'épaule", selon ses déclarations à BFM Nice Côte d’Azur. Conscient de la gravité de son état dans l'attente des secours, il s'efforce alors de la maintenir éveillée. "Je savais qu'il ne fallait pas qu'elle s'endorme", explique-t-il.
Un voisin déjà inquiet du comportement du suspect
Selon France 3 Côte d’Azur, le suspect, un homme de 49 ans, était déjà connu de plusieurs habitants de l'immeuble. Sans avoir jamais fait preuve de violence auparavant, son comportement avait récemment suscité des inquiétudes. "C'est une personne qui a clairement des troubles mais il n'y avait encore jamais eu d'histoire de violences", explique Youri Lebedev. De fait, la veille de l'agression, un épisode inhabituel avait particulièrement retenu son attention. L'homme avait sonné à tous les interphones de la résidence en affirmant avoir besoin d'aide. Troublé par cette attitude, le voisin avait alors décidé de prévenir la police. "J’étais en hypervigilance", a-t-il souligné.
Moins de dix minutes après l’alerte, les forces de l’ordre sont intervenues et ont interpellé le suspect en flagrant délit. D’après le parquet de Nice, l’homme, de nationalité britannique et sans antécédent judiciaire, a été admis en soins psychiatriques sous contrainte à l’issue de sa garde à vue. Il devrait être mis en examen pour "tentative d’assassinat" lorsque son état le permettra.
Salué pour son courage, Youri Lebedev a été reçu à l’hôtel de ville par le maire UDR de Nice, Éric Ciotti, le lundi 17 août. L'élu lui a remis la médaille de la ville en hommage à son intervention. Malgré les honneurs, le Niçois reste marqué par cette nuit. "Je ne pourrais pas vivre avec l'idée que quelqu'un est mort parce que je n'ai rien fait", a-t-il déclaré à France 3 Côte d’Azur. Une conviction toute simple qui, cette nuit-là, aura suffi à faire la différence entre la vie et la mort.



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