Voici quatre pistes concrètes pour surmonter la timidité et retrouver la liberté d’être soi-même. <br>
La timidité prend mille formes dans la vie ordinaire. On rédige un message sur les réseaux sociaux, on le relit, puis on l'efface avant de le publier car les mots semblent soudain trop banals une fois exposés au jugement. On songe à intervenir lors d'une réunion, puis on se ravise, de peur de la réaction des autres. À l'école, on hésite à lever la main pour répondre à une question. Le point commun de ces situations n'est pas le manque d'idées, mais la difficulté d’avoir le regard des autres porté sur soi.
La timidité en effet est d’abord l’histoire d’un dédoublement. Le timide devient le spectateur de lui-même, imaginant sans cesse comment les autres interprètent ses attitudes ou repèrent la maladresse de ses propos. Cette hyperconscience de soi paralyse souvent. Si elle reflète souvent un manque de confiance en soi, elle peut parfois faire tomber dans l'orgueil. En effet, le timide finit par se persuader que tout le monde l’observe, guette ses faux pas et retient ses maladresses. Il se place au centre et suppose que tout tourne autour de lui. Le remède consiste alors à ne plus imaginer ce que pensent les autres. Quatre pistes concrètes permettent d'y parvenir :
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1Se préparer

La préparation est essentielle pour surmonter la timidité. Lorsqu'une personne timide sait précisément ce que l'on attend d'elle et qu'elle a pu s'y préparer de manière adéquate, elle se sent libérée. Inutile de trop réfléchir ni de s'angoisser avec des scénarios catastrophes. L'attention se détourne alors de soi-même pour se concentrer sur la tâche à accomplir. Ainsi, il sait précisément ce qu’il doit faire et dire. Il n’a aucune décision à prendre et aucun moment d'hésitation où il pourrait s'enliser dans une réflexion personnelle. Il a une mission à accomplir et il se concentre sur cette mission.
2Tourner son attention vers l'extérieur
Les psychologues recommandent aux personnes timides de s'efforcer de détourner leurs craintes en se focalisant vers l’extérieur, vers les autres et vers l’effort commun. Dans une conversation, cela signifie écouter réellement son interlocuteur et s'intéresser à ce qu'il est en train de dire plutôt que de préparer mentalement sa propre réplique. Dans les temps de prière communautaire, c'est être attentif aux personnes pour lesquelles on prie, plutôt qu'à la manière dont on va formuler la prière ou à la manière dont on va être perçu. Il est important de se libérer du regard que l’on porte sur soi, et de s’intéresser à ce qui est autour de soi, pour ne pas tomber dans l’égocentrisme et dans une crainte excessive qui empêcherait de se sentir libre et de se sentir bien.
3Demander un retour

Reste enfin un remède simple : demander aux autres ce qu'ils perçoivent réellement de nous. La timidité se nourrit de craintes imaginaires, parfois liées à de mauvais souvenirs. On se persuade d'avoir été ridicule, d’avoir été moqué et honteux… Alors on rumine sans cesse ce moment sans jamais avoir demandé à d’autres un simple retour. Or, il suffit de solliciter un avis honnête pour découvrir que ces peurs étaient souvent sans fondement. Par exemple, quelqu'un gêné par une extinction de voix ou une toux persistante s'imagine avoir donné une piètre prestation devant son auditoire. Il s' excuse, et s'entend répondre que personne n'a rien remarqué. Et pour cause : les autres étaient occupés à leurs propres pensées, non à guetter le moindre faux pas. Un tel retour rappelle que ce que l’on a fait compte bien moins qu'on ne l'imagine, et apporte un avis constructif qui dissipe des craintes irrationnelles. En somme, la timidité motivée par la peur du ridicule ou du jugement se révèle souvent totalement infondée.
4Déplacer son regard
La timidité enferme souvent dans un regard incessant sur soi : que vont penser les autres ? Ai-je parlé trop vite ? Ai-je été maladroit ? Me juge-t-on ? À force de s’observer ainsi, on finit par oublier que les autres ne nous regardent pas autant qu’on l’imagine. Pour sortir de ce cercle, il faut peu à peu déplacer son regard : se préparer pour mieux se concentrer sur ce qu’on a à accomplir, se tourner vers les autres plutôt que vers ses propres craintes, et accepter de confronter ses peurs à la réalité. Mais un chrétien doit aussi tourner son regard vers Dieu et se rappeler que sa valeur ne dépend pas de l'image qu'il renvoie aux autres.
Lorsque l’on cesse de vouloir contrôler le regard d’autrui, on retrouve une liberté nouvelle. On peut alors simplement être soi-même, avec ses fragilités et ses maladresses, en sachant qu’on est aimé de Dieu. Car le paradoxe est peut-être là : c’est en cessant de se préoccuper sans cesse de soi-même que l’on devient véritablement libre d’être celui ou celle que Dieu a créé.












