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Une Vierge Marie qui prend de la hauteur sans perdre son humilité

5 min de lecture
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Crédit : Wojtek RADWANSKI / AFP

Une statue monumentale de la Vierge Marie a été bénie en Pologne pour l'Assomption.

Près de 2.000 fidèles se sont réunis à Konotopie, en Pologne, pour la bénédiction de la plus haute statue mariale d'Europe le 15 août, jour de l’Assomption.

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Difficile de la manquer. Au cœur de la campagne polonaise, l'imposante statue de Notre-Dame de la Miséricorde s'élève vers le ciel. Samedi 15 août, des milliers de pèlerins ont convergé vers le petit village de Konotopie, dans le centre de la Pologne, pour assister à sa bénédiction. Venus de tout le pays, ils avaient rendez-vous au pied de ce monument hors-norme qui, avec ses 55,6 mètres de hauteur, socle compris, est devenu la plus haute statue de la Vierge Marie d'Europe.

La seule figure de Marie mesure 40,6 mètres. Elle repose sur un imposant piédestal en forme de couronne, aménagé avec une plateforme d’observation permettant aux visiteurs d’admirer les environs. Si elle est aujourd’hui la plus haute statue mariale d’Europe, elle se classe au deuxième rang mondial derrière la "Mother of All Asia – Tower of Peace", inaugurée en 2021 à Batangas, aux Philippines, qui culmine à plus de 98 mètres.

Néanmoins, pour les fidèles présents à Konotopie, l'essentiel n'était pas tant la prouesse architecturale que la dimension spirituelle du lieu. "Nous sommes très heureuses d’avoir pu participer à cette belle cérémonie en un jour si important pour les Polonais", ont confié Bozena et Lidia à Aleteia Pologne. Pour les deux femmes, la beauté de la statue réside avant tout dans "sa simplicité, ses traits slaves et ces mains doucement tendues vers nous tous".

Pour autant, vue de près, la silhouette ne paraît pas écrasante. Si sa base évoque une colonne imposante, la tête légèrement inclinée et les mains ouvertes adoucissent son aspect monumental. Ainsi, Marie ne semble pas dominer la foule mais s’en approcher, comme revendiquée par son concepteur, le sculpteur Adam Kuba Matejkowski. Dans un entretien accordé à Aleteia Pologne il expliquait avoir voulu représenter la Vierge non seulement comme une figure de prière, mais aussi comme une mère proche de ses enfants.

Un monument né dans un lieu de dévotion

La bénédiction du monument a été précédée par la récitation du chapelet puis par une messe présidée par Mgr Krzysztof Wetkowski, évêque de Wloclawek, entouré de plusieurs dizaines de prêtres. Dans son homélie, l’évêque a rappelé que Konotopie n’était pas un lieu choisi au hasard. Depuis des décennies, une chapelle dédiée à Notre-Dame des Douleurs accueille les habitants des environs et les pèlerins de passage.

"L’homme n’est grand que lorsque Dieu est grand."

Évoquant la taille impressionnante de la statue, Mgr Wetkowski a invité les fidèles à dépasser la fascination pour les chiffres. "L’homme n’est grand que lorsque Dieu est grand", a-t-il déclaré en reprenant une pensée de Benoît XVI. Selon lui, la mission de Marie n’est pas d’attirer les regards sur elle-même mais de conduire les hommes vers Dieu. "Ici, à Konotopie, nous levons les yeux vers le ciel, nous levons les yeux vers Marie qui nous guide vers Dieu", a-t-il souligné.

L'évêque a également rappelé les liens du diocèse avec sainte Faustine Kowalska, apôtre de la Miséricorde divine née dans cette région de Pologne. Ainsi, il a exhorté les fidèles à vivre concrètement cette miséricorde, notamment dans leurs familles, leurs communautés et jusque sur les réseaux sociaux, alors que le projet a suscité de vifs débats avant même son inauguration. Après la messe, un hélicoptère a survolé la statue en dispersant des pétales de roses rouges au-dessus des mains ouvertes de la Vierge.

Un signe d’espérance pour de nombreux fidèles

Dans la foule, sœur Agnieszka, religieuse orionine de la ville de Wloclawek, voit dans cette journée une occasion de rendre grâce. "Marie nous conduit à Jésus. Il est bon de lui demander son aide dans les moments difficiles, dans la maladie ou les épreuves familiales", confie-t-elle. Même conviction chez Jakub, habitant de la région, qui souligne le contraste de la statue. "C’est monumental, mais on perçoit l’humilité dans la posture de Marie."

Pour Jas et Malgosia, venus de Bydgoszcz avec leur fils Tadzio âgé de dix mois, la statue constitue également un symbole fort pour la Pologne. "Nous y voyons un signe de renouveau de la foi et de confiance en la Mère de Dieu dans une époque marquée par la confusion et l’éloignement de la foi", explique le jeune père.

Financée par les entrepreneurs Grazyna et Roman Karkosik pour un montant estimé à plus de 23 millions d’euros, cette œuvre votive privée nourrit désormais l’espoir de devenir un nouveau lieu de pèlerinage. Les prochaines années diront si Konotopie deviendra un nouveau haut lieu de la dévotion mariale en Pologne. Une chose est certaine : pour les quelque 2.000 personnes réunies le jour de l'Assomption, l’essentiel n’était pas la hauteur de la statue, mais la prière déposée à ses pieds.