Un violent incendie ravage depuis une semaine la région d’Aragon, en Espagne, menaçant le monastère millénaire de San Juan de la Peña. Les dépouilles des premiers rois d’Aragon ont été évacuées le 13 août.
Un joyau millénaire du patrimoine espagnol sous la menace des flammes. Depuis lundi 10 août, un important incendie de forêt frappe la région d’Aragon, dans le nord-est de l’Espagne, et s’est dangereusement approché des deux monastères de San Juan de la Peña, perchés dans un relief montagneux et escarpé. Les pompiers espagnols sont jusqu’à présent parvenus à empêcher les flammes d’atteindre le monastère historique. Une victoire encore fragile : l’incendie reste actif et le site millénaire demeure sous la menace du feu. Par précaution, les dépouilles des premiers souverains du royaume médiéval d’Aragon qui y reposent avaient été évacuées en urgence dès le 13 août.
Le plus ancien des deux édifices, dont les origines remontent au Xe siècle, occupe une place singulière dans l’histoire de l’Aragon. Niché sous une immense paroi rocheuse, il est étroitement lié à la naissance du royaume médiéval et abrite le panthéon de ses premiers souverains.
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San Juan de la Peña est également entouré d’une tradition qui contribue depuis des siècles à son aura spirituelle. Selon une ancienne légende, le monastère aurait autrefois abrité le Saint Graal, la coupe dans laquelle le Christ aurait bu lors de la Cène. Le calice associé à cette tradition est aujourd’hui conservé dans la cathédrale de Valence.
Un millier de pompiers mobilisés
Après une semaine marquée par des vents imprévisibles et des températures élevées, les flammes se sont propagées sur quelque 16.600 hectares. Plus de 1.000 personnes ont dû être évacuées des villages environnants. Dimanche 16 août, les autorités régionales faisaient toutefois état d’une « nuit de travail fructueuse », les pompiers ayant réussi à consolider une grande partie du périmètre de l’incendie. Mais la mobilisation reste maximale pour contenir le feu et protéger notamment le secteur de San Juan de la Peña.
Face à l’ampleur du sinistre, l’Aragon a déployé des moyens sans précédent. Une centaine de pompiers français sont attendus en renfort, tandis que 35 à 40 appareils aériens participent aux opérations. Avec les militaires et les différents services espagnols déjà mobilisés, près de 1.000 pompiers doivent être engagés contre les flammes. Le président de la région, Jorge Azcón, a évoqué « le plus important déploiement de ressources jamais vu en Aragon pour lutter contre un incendie ».
L’Espagne durement frappée par les incendies
L’Aragon n’est pas la seule région espagnole touchée. En Andalousie, dans le sud du pays, les autorités ont autorisé plusieurs centaines d’habitants évacués à regagner leur domicile après qu’un incendie, qui a fait rage pendant dix jours et ravagé plus de 25.000 hectares, a été déclaré maîtrisé dimanche.
Comme plusieurs de ses voisins européens, l’Espagne connaît cet été des épisodes de chaleur extrême, créant des conditions particulièrement favorables au déclenchement et à la propagation des feux de forêt. Les scientifiques soulignent que le changement climatique, provoqué notamment par la combustion des énergies fossiles, accroît la durée, la fréquence et l’intensité de ces phénomènes météorologiques extrêmes.
Fin juillet, un autre incendie, à quelques dizaines de kilomètres à l’ouest de Madrid, était devenu le plus important de l’histoire récente de l’Espagne et avait conduit au déclenchement de l’état d’urgence national. À San Juan de la Peña, les flammes ont pour l’heure été tenues à distance. Mais la mobilisation se poursuit autour de ce monastère qui, depuis plus de mille ans, porte une part précieuse de l’histoire chrétienne et médiévale de l’Aragon.












