Lors de l’audience générale de ce mercredi 12 août, Léon XIV a rendu hommage au Français Dom Prosper Guéranger, qui contribua à populariser la notion d’"année liturgique". Le Pape en a profité pour rappeler l’importance du dimanche et de la participation physique des fidèles à la liturgie.
La "manière de définir le cycle des fêtes chrétiennes comme année liturgique s’est répandue dans le langage ecclésial grâce à l’œuvre du Serviteur de Dieu, l’abbé Prosper Guéranger", a expliqué Léon XIV lors de l’audience générale de ce mercredi 12 août 2026, qui s’est tenue à l’intérieur de la basilique Saint-Pierre. En rendant hommage à ce moine français du XIXe siècle pour souligner l’importance de la participation physique – et non virtuelle – des fidèles à la liturgie, le pape a poursuivi son cycle de catéchèses consacré aux documents du concile Vatican II en méditant sur la Constitution Sacrosanctum Concilium et son chapitre V, consacré à l’année liturgique.

Dans sa catéchèse, le pape a exprimé que les pensées de dom Guéranger, qui ont infusé dans l’encyclique Mediator Dei publiée par Pie XII en 1947, ont pour objectif de conduire les fidèles à rencontrer le Christ vivant et ressuscité au cœur même du temps liturgique. Dans son texte qui a servi de point de référence pour la préparation du Concile Vatican II, Pie XII affirmait que la liturgie ne doit pas être "une représentation froide et inerte de faits appartenant au passé, ni une simple […] évocation de réalités d’autrefois", mais doit rendre le Christ présent et vivant dans la vie des communautés.
Dom Guéranger, père de l’"année liturgique"
Cette façon d’incarner la vie du Christ dans une "année liturgique" mieux structurée avait été développée un siècle plus tôt par Dom Prosper Guéranger (1805-1875), qui fut le refondateur de l’abbaye de Solesmes et de l’Ordre bénédictin en France quelques décennies après la Révolution française. Il œuvra à la promotion d’un missel romain unifié, alors que les tendances jansénistes ou gallicanes d’une grande partie du clergé français provoquaient de grandes disparités liturgiques entre les différents diocèses et les différentes paroisses du pays.
Dom Guéranger, dont la pensée fut structurante pour de nombreuses autres figures spirituelles du XIXe siècle parmi lesquelles sainte Thérèse de Lisieux, fait l’objet d’un procès en béatification ouvert dans le diocèse du Mans en 2005.
L’importance centrale du "jour du Seigneur"
"L’année liturgique doit être comprise comme une actualisation constante de l’œuvre du salut que le Christ accomplit dans l’histoire", a expliqué le pape. Dans cette perspective, le dimanche est "le jour de fête par excellence" et "le fondement et le cœur de l’année liturgique". Ainsi, le dimanche ne constitue pas seulement une pause dans le rythme ordinaire de la semaine : il oriente le temps vers son accomplissement.
"Dans plusieurs langues modernes, son nom atteste qu’il s’agit du “dies Domini”, “le jour du Seigneur”" , a expliqué Léon XIV. "Même dans les langues où a prévalu la référence au “jour du soleil” (Sunday, Sonntag), on entrevoit le lien avec le Christ : Il est le véritable “soleil de justice” qui illumine chaque homme", a développé le pape.
L’évêque de Rome a insisté sur le fait que l’assemblée dominicale ne peut être remplacée par une simple présence virtuelle ni par une participation passive : "L’assemblée liturgique se réalise en effet dans la participation active des frères et sœurs, convoqués ensemble", a insisté le pape. Les fidèles ne sont pas appelés à demeurer "étrangers ou muets spectateurs" de la liturgie, mais à y participer "avec tout nous-mêmes – corps, esprit et cœur".
La structuration progressive des célébrations de Pâques et de Noël, au cours de l’histoire de l’Église, s’est faite pour mieux comprendre la réalité historique de l’incarnation du Christ dans l’humanité. "L’année liturgique propose ainsi, sous une forme sacramentelle, la pédagogie de l’histoire du salut", a expliqué le pape, en soulignant que l’année liturgique doit toujours constituer "le principe inspirateur et le cadre de référence essentiel de toute action pastorale".












