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Qu’est-ce que la Maison Bakhita, que le Pape visitera à Paris ?

5 min de lecture
Bakhita

Crédit : NurPhoto

Lors de sa visite en France, Léon XIV se rendra le 26 septembre à la Maison Bakhita, à Paris. Un lieu dédié à l’accueil des personnes exilées, placé sous le patronage de sainte Joséphine Bakhita, ancienne esclave soudanaise devenue religieuse et figure du pardon.

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Le programme officiel de la visite du pape Léon XIV en France en septembre prochain, publié ce 7 août 2026 par le Vatican, a fait apparaître une nouveauté par rapport aux évènements déjà annoncés : le samedi 26 septembre, à 9h, le pape se rendra à la Maison Bakhita, dans le 18e arrondissement de Paris. Cet établissement d’assistance aux personnes exilées porte le nom d’une ancienne esclave soudanaise devenue religieuse en Italie, et canonisée par Jean-Paul II en l’an 2000.

La Maison Bakhita trouve son origine dans l’appel biblique à accueillir l’étranger et dans l’invitation du pape François à "accueillir, protéger, promouvoir et intégrer" les personnes migrantes. Lancé en 2018 par le diocèse de Paris, le projet est porté par la Pastorale de l’exil, au sein du Pôle Solidarité.

Sa conception s’est appuyée sur une large démarche participative réunissant près de quarante structures partenaires, une cinquantaine de personnes exilées et une centaine de bénévoles, est-il précisé sur le site de cette institution. Cette réflexion collective a permis de développer une logique de fraternité et d’intégration en partant des besoins concrets des personnes concernées.

Après les premières initiatives "hors les murs" dès 2019, puis le lancement des travaux en 2020, la Maison Bakhita a été officiellement inaugurée le 25 septembre 2021. La visite du pape, à un jour près, correspondra donc au 5e anniversaire de l’ouverture de cette maison.

Joséphine Bakhita, icône de l’exil et du pardon

Le nom de ce lieu se rapporte à sainte Joséphine Bakhita (1869-1947), née au Soudan, qui fut réduite à l’esclavage dans son enfance, torturée, et revendue à plusieurs reprises sur des marchés avant d’etre acquise en 1883 par le consul d’Italie à Khartom. La jeune fille fut prise en charge par la famille du diplomate qui l’emmena ensuite en Italie, où elle fut éduquée par les religieuses canossiennes, reçut le baptême et entra dans cette congrégation au sein de laquelle elle prononça ses vœux en 1896. 

La Madre Moretta ("petite mère noire"), appréciée pour son esprit de service, devint une figure très connue dans sa communauté, circulant notamment dans les couvents italiens pour préparer les sœurs avant leur départ pour l’Afrique. Durant la Seconde Guerre mondiale, la survie de l’ensemble de la population aux bombardements massifs qui frappèrent la ville de Schio, localité de Vénétie où elle résidait, fut attribuée par certains habitants à sa grande piété. 

Sa réputation de sainteté et la multiplication de témoignages évoquant des miracles liés à son intercession ont conduit le Vatican à ouvrir sa cause de canonisation dès 1958, un peu plus d’une décennie après sa mort. Elle fut béatifiée le 17 mai 1992 et canonisée par Jean Paul II le 1er octobre 2000. L’Église célèbre sa mémoire liturgique chaque 8 février. 

Benoît XVI, qui avait une affection particulière pour elle, a présenté la vie de Josephine Bakhita au début de son encyclique de 2007, Spe Salvi. Le pontife allemand, relatant la découverte du christianisme par la jeune ancienne esclave, explique qu’elle avait découvert « non seulement la petite espérance de trouver des maîtres moins cruels, mais la grande espérance : je suis définitivement aimée et quel que soit ce qui m’arrive, je suis attendue par cet Amour ». Il précise que « par la connaissance de cette espérance, elle était rachetée : elle ne se sentait plus une esclave, mais une fille de Dieu libre ». 

Le pape François, très sensible au thème de la traite des êtres humains, l’a souvent mentionnée. Il lui a notamment dédié sa catéchèse lors de l’audience générale du 11 octobre 2023. "Sainte Joséphine Bakhita, par son exemple, nous montre le chemin pour être finalement libérés de nos esclavages et de nos peurs. Elle nous aide à démasquer nos hypocrisies et nos égoïsmes, à surmonter rancœurs et conflictualités", a raconté le pontife argentin. En France, sa notoriété est aussi liée au livre de Véronique Olmi, Bakhita, publié en 2017 chez Albin Michel. Cette biographie romancée a rencontré un grand succès en librairie. 

Bakhita à la place de Jeanne Garnier ?

Cette visite de Léon XIV à la Maison Bakhita a trouvé sa place dans l’agenda papal après l’abandon d’une visite qui aurait pu avoir lieu à la Maison Jeanne Garnier, un établissement de soins palliatifs un temps évoqué parmi les étapes possibles du voyage. Selon plusieurs sources concordantes, le vote de la loi sur la fin de vie, le 15 juillet dernier, a conduit à écarter cette hypothèse, jugée trop sensible dans le contexte actuel.