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La liturgie, lieu fondamental de la prière de l’Église

6 min de lecture
czynności podczas liturgii Mszy świętej

Crédit : Pascal Deloche / GODONG

En partenariat avec la revue "Magnificat", le père Gilles Drouin présente la cinquième catéchèse de Léon XIV sur la constitution du concile Vatican II sur la sainte liturgie, prononcée le 5 août. Le Pape rappelle que la liturgie est fondamentalement la prière de l’Église. Avec la liturgie des Heures et le chant des psaumes, c’est le Christ qui prie en nous. 

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En ouverture de sa cinquième catéchèse sur le concile Vatican II, le pape Léon XIV a choisi d'aborder la liturgie sous l’angle de la prière. Il y a de multiples manières d'aborder la liturgie. Souvent, on le fait à travers les normes : ce qui est permis, ce qui est défendu, ce qui est prescrit. Sans nier l’importance de ces normes, le concile Vatican II a choisi de privilégier la dimension de la liturgie comme lieu fondamental de la prière de l'Église. Il le fait à la suite de toute la tradition dont le pape souligne qu’elle remonte aux toutes premières communautés chrétiennes, en faisant référence aux Actes des Apôtres

L’acte fondamental de la prière

Léon XIV précise que si nous prions, c'est en fait l'Esprit Saint qui nous enseigne à prier. Paul dira que c'est l'Esprit qui prie en nous, et qui par des gémissements ineffables, nous permet de dire : "Abba Père." Nous ne pouvons en effet appeler Dieu notre Père que sous la motion de l'Esprit Saint. 

Dans le monde qui est le nôtre, marqué par la technique et l'efficacité, prier peut sembler inutile et dérisoire. Le Pape souligne que non seulement la prière n'est ni inutile ni dérisoire, mais elle est fondamentale. L'homme n'est véritablement homme que dans l'acte de la prière ; plus précisément, l'homme ne révèle jamais autant son humanité profonde que lorsqu'il s'adresse à plus grand que lui dans la prière.

La liturgie des Heures, prière du Christ

Dans un deuxième temps, qui est le cœur de cette catéchèse, le pape s'arrête sur les deux pôles fondamentaux de la prière liturgique chrétienne : la liturgie des Heures et l'Eucharistie. L’une ne va jamais sans l'autre. Retenons cette très belle expression de la catéchèse de Léon XIV : 

"Chaque semaine et chaque jour [chaque semaine, pour l'Eucharistie ; chaque jour, pour la liturgie des Heures, Nda], l'Eucharistie et la liturgie des Heures sont le souffle de la vie de l'Église qui fait circuler l'Esprit saint dans son corps."

Le Pape se met alors à l'école de saint Augustin qui a commenté les psaumes, la liturgie des Heures étant fondamentalement une prière psalmique. Léon XIV nous invite à prier la liturgie des Heures, à prier les psaumes, comme membre de ce grand corps dont le Christ est la tête et dont nous sommes les membres. Ne jamais prier sans cette union avec le Christ et ses membres ! Les psaumes sont l'expression même de la prière du Christ total, ce Grand Corps dont la Tête est au Ciel et dont nous sommes les membres. Écoutons cet extrait magnifique du commentaire de saint Augustin sur le psaume 85, repris par le pape : 

"Lorsque nous parlons à Dieu dans la prière — c'est la prière des psaumes —, nous ne devons pas séparer de lui le Fils ; et lorsque le corps du Fils prie — c'est notre corps – qu'il ne se sépare pas de sa propre tête — le Christ est notre tête ; que ce soit donc le même et unique Sauveur de son corps, notre Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, celui qui prie pour nous, celui qui prie en nous et celui qui est prié par nous. Il prie pour nous comme notre prêtre ; il prie en nous comme notre chef ; il est prié par nous comme notre Dieu. Reconnaissons donc en lui notre voix, et sa voix en nous."

Texte que j’invite à méditer longuement. Quand nous prions les psaumes, "reconnaissons dans le Christ notre voix et sa voix en nous".

Sanctifier le temps

Ensuite, le pape souligne que le concile Vatican II et le pape Paul VI ont souhaité que la liturgie des Heures devienne la forme habituelle de la prière de tous les baptisés. C'est d'ailleurs une des grandes intuitions fondatrices de la revue Magnificat que de proposer chaque jour les textes de la messe, mais avec les deux grandes prières que sont les laudes et les vêpres, la prière du matin et la prière du soir. Léon XIV souligne d'ailleurs en ces temps de renouveau catéchuménal, qu’initier les catéchumènes à la prière devrait commencer par l’initiation à la liturgie des Heures. 

Le Pape termine par une approche plus classique, mais très belle, nous rappelant que la liturgie des Heures — les laudes le matin, les vêpres le soir, les complies au moment du coucher — non seulement évangélisent, mais encore sanctifient le temps humain. Le temps est une créature qui nous est donnée par Dieu et il y a une manière de l'habiter chrétiennement. La liturgie des Heures nous appelle à des horaires précis — et ce n'est pas réservé aux moines, aux religieux, aux religieuses ou aux prêtres — que ce temps est un don de Dieu, à vivre en chrétien : 

"La liturgie des Heures sanctifie le temps de notre vie quotidienne : le matin, nous commençons la journée avec foi et gratitude — ce sont les laudes, prière de louange et d'action de grâce ; à midi, nous demandons la force de rester fidèles au milieu des épreuves — une petite prière pour reprendre souffle ; le soir, une fois le travail terminé, les vêpres accompagnent le moment du coucher du soleil ; la nuit, avec les complies, nous nous endormons en nous en remettant à la paix de Dieu."

La prière de tous les baptisés

Cette catéchèse de Léon XIV, très dense, est une catéchèse fondamentale sur la prière qui souligne une des grandes intuitions de Vatican II, peut-être encore en cours de réception. La liturgie des Heures, une fois encore, n'est pas réservée aux consacrés, aux prêtres, aux diacres, aux religieux, aux religieuses, c'est la prière de tous les baptisés, tous membres de ce grand corps dont le Christ est la tête.