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Nigeria : au moins 30 chrétiens massacrés

4 min de lecture
Nigeria Police Force spotted on guard during and at the annual Osun Osogbo Festival in Osun, Nigeria: West of Africa on Friday, August 11, 2023.

Crédit : Tolu Owoeye | Shutterstock

Au moins 30 personnes, dont des femmes et des enfants, ont été tuées le 27 juillet dans une attaque nocturne contre le village chrétien de Naridon, dans l'État de Kaduna, au Nigeria. Des habitants et des responsables religieux accusent des milices peules d'être derrière ce massacre.

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Au moins 30 chrétiens, dont plusieurs femmes et enfants, ont été tués dans la nuit du 27 juillet 2026 lors d'une attaque menée contre le village de Naridon, dans la zone de gouvernement local de Kauru, au sud de l'État de Kaduna, dans le centre-nord du Nigeria.

Selon les habitants et les responsables religieux locaux, des hommes armés ont pris d'assaut cette communauté majoritairement chrétienne peu après minuit. Les assaillants ont incendié des habitations, détruit des biens et ouvert le feu sur les habitants, exécutant des familles jusque dans leurs maisons.

Le père Mark Bisan, prêtre catholique chargé de la paroisse qui dessert Naridon, affirme auprès de BBC News que les victimes appartenaient à une communauté chrétienne et estime que cette attaque s'inscrit dans une série de violences ciblant les chrétiens de la région. Selon lui, les assaillants étaient des Peuls, un des plus grands groupes ethniques d'Afrique de l'Ouest et du Sahel associé à l'élevage et dont la majorité des membres sont musulmans.

Une communauté chrétienne une nouvelle fois frappée

Le prêtre explique que cette attaque est la troisième visant la communauté locale depuis le début de l'année 2026. "Le mois dernier, j'ai déjà enterré neuf de mes paroissiens après une attaque similaire. Aujourd'hui encore, ce sont des familles entières qui ont été décimées", témoigne-t-il. Selon ses informations, 28 corps ont été transportés à la morgue de Zango, tandis que deux autres victimes ont été enterrées directement par leurs proches. Une même famille aurait perdu cinq enfants au cours de l'attaque. Le père Bisan affirme également que les habitants avaient alerté un poste militaire situé à proximité du village dès les premiers coups de feu, mais que les soldats ne seraient arrivés qu'au petit matin.

Le gouvernement condamne le massacre

Le gouverneur de l'État de Kaduna, Uba Sani, a condamné l'attaque et déclaré avoir appris la nouvelle avec une "profonde tristesse". Dans un communiqué, il a ordonné aux forces de sécurité de renforcer leurs opérations afin de retrouver les auteurs du massacre et de les traduire en justice. Il a également demandé à l'Agence de gestion des urgences de l'État (KADSEMA) d'apporter une assistance immédiate aux familles endeuillées.

Cependant, les habitants de Naridon affirment qu'au lendemain du drame, aucun représentant de l'État ni des autorités locales ne s'était encore rendu dans le village. Le prêtre indique également n'avoir vu arriver aucune équipe de secours annoncée par les autorités.

Des violences récurrentes dans le centre du Nigeria

Le sud de l'État de Kaduna est depuis plusieurs années l'un des principaux foyers de violences dans le centre du Nigeria. Des attaques similaires frappent régulièrement les États voisins de Plateau, Benue et Nasarawa. Longtemps présentés comme des affrontements entre agriculteurs et éleveurs, ces conflits sont devenus plus complexes, mêlant enjeux fonciers, criminalité organisée, tensions communautaires et ethniques. Mais de nombreux responsables religieux dénoncent une dimension confessionnelle de plus en plus marquée avec une persécution devenue systématique.

Dans le cas de Naridon, les responsables catholiques locaux estiment que l'attaque visait délibérément la communauté chrétienne. Dans le centre et le nord-ouest du Nigeria, certaines communautés d'éleveurs peuls ont formé ou rejoint des groupes armés d'autodéfense communautaire dans un contexte de conflits avec des agriculteurs, de vols de bétail et de rivalités foncières. Des rapports d'organisations internationales mentionnent l'existence de groupes armés d'éleveurs, souvent majoritairement composés de Peuls musulmans, impliqués dans des violences contre des communautés agricoles. A cela s'ajoute l'insécurité permanente liée aux groupes terroristes tels que Boko Haram.

L’ONG Portes Ouvertes classe le Nigéria au 7e rang de son Index mondial de persécution 2026, en raison des violences extrêmes et des attaques perpétrées contre les communautés chrétiennes par des groupes islamistes et des milices. 4.849
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